•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Isolement obligatoire : des travailleurs veulent poursuivre le gouvernement du N.-B.

Un travailleur dans une mine

Daniel Blanchard a travaillé à la mine Kidd Creek située à Timmins en Ontario en plus de travailler à la mine Caribou à Bathurst.

Photo : Contribution

Sophie Désautels

Des travailleurs du Nouveau-Brunswick qui font la navette régulièrement pour travailler à l'extérieur de la province songent à entamer une poursuite contre le gouvernement provincial. Ils estiment que Fredericton enfreint leur liberté en imposant un isolement obligatoire de 14 jours.

Pour financer leur poursuite, les travailleurs et des membres de leur famille ont mis sur pied une campagne sur un site de sociofinancement.

Mercredi en début de soirée, un total de 19 500 $ a été amassé. L'objectif est de 40 000 $. Cet argent servira à embaucher un avocat et à entamer une poursuite.

Selon ces travailleurs, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a agi illégalement en imposant un isolement obligatoire aux travailleurs sans avoir de preuves qu'ils contribuent à l'augmentation des cas de COVID-19 dans la province.

Depuis près de trois semaines, les travailleurs non essentiels qui arrivent dans la province se voient imposer une quarantaine obligatoire, séparés de leur familiale, à moins que ceux-ci ne s'isolent aussi durant deux semaines.

Les travailleurs contestent également le fait que durant cette période d'isolement, ils n'ont accès à aucun service de santé, dentaire ou de coiffure.

Selon Talahey Shomali de l'Association canadienne des droits civils, le gouvernement du Nouveau-Brunswick contrevient à la Charte des droits et libertés. On demande au gouvernement pourquoi les droits des travailleurs, le droit de mobilité surtout quand ils voyagent dans leur pays est en train d'être limité par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Les membres de l'association travaillent sur plusieurs dossiers similaires depuis le début de la pandémie, dont un cas à Terre-Neuve.

Une campagne populaire

Plus de 200 personnes ont contribué jusqu'à maintenant à cette campagne de financement pour appuyer une éventuelle poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Parmi eux, il y a Daniel Blanchard de Bathurst. Depuis qu'il a perdu son emploi à la mine Caribou dans le nord du Nouveau-Brunswick, il travaille dans une mine située au Nunavik, dans le nord du Québec.

Il se rend à Mont-Joli, au Québec, pour prendre un avion privé de la compagnie Glencore qui le transporte à la mine de zinc Ranglan. Arrivé sur place, il travaille des quarts de 12 heures durant 21 jours d'affilée pour ensuite revenir à la maison durant deux semaines de congé.

Un homme en vêtement de travail

Depuis septembre Daniel Blanchard fait la navette entre Bathurst et la mine Raglan située au Nunavik.

Photo : Contribution

Depuis l'entrée en vigueur de la quarantaine obligatoire, son épouse, qui est infirmière, quitte la demeure familiale durant cette période pour habiter chez sa mère.

Je n'avais pas de problème avant de prendre un test de dépistage au jour 5, puis un autre au jour 10. Je portais le masque, mais au moins je pouvais voir ma femme. Là je n'ai plus cette option-là, dit le travailleur minier qui ne sait pas combien de temps il pourra tenir le coup.

Il considère injustes les nouvelles règles imposées par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, d'autant plus que selon lui, il n'y a pas de cas positifs où il travaille, car l'entreprise exige que les employés subissent régulièrement des tests de COVID-19.

Le groupe qui a entamé la campagne de financement souhaite consulter un avocat au cours des prochaines semaines pour déterminer la stratégie à adopter en vue d'une poursuite. Il souhaite ainsi faire pression pour que le gouvernement du Nouveau-Brunswick fasse marche arrière sur la règle d'isolement des travailleurs non essentiels loin de leurs proches, imposée à tous ceux qui font la navette pour assurer leur gagne-pain et celui de leur famille.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !