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L'administration Biden s'apprête à publier le rapport du renseignement sur Khashoggi

Plan rapproché de Jamal Khashoggi qui parle lors d'une conférence de presse à Manama, à Bahreïn, le 1er février 2015.

Jamal Khashoggi a d’abord été un proche collaborateur de la famille royale et des services de renseignement avant de devenir un critique de la politique autoritaire du prince Mohamed ben Salmane.

Photo : Associated Press / Hasan Jamali

Agence France-Presse

Le président américain Joe Biden a indiqué mercredi qu'il avait lu le rapport du renseignement américain sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui sera bientôt rendu public. Le document est potentiellement explosif pour le prince héritier et les relations entre Washington et Riyad.

Oui, je l'ai lu, a dit le président démocrate à des journalistes qui l'interrogeaient sur le sujet.

La Maison-Blanche a annoncé que Joe Biden allait bientôt parler pour la première fois au roi d'Arabie saoudite et publier le rapport du renseignement américain.

Questionnés sur un article du site d'information Axios voulant qu'un entretien téléphonique ait été prévu mercredi avant la publication du rapport le lendemain, ni la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki ni le président Biden, qui a parlé aux journalistes quelques heures plus tard, n'ont voulu confirmer le moment de l’entretien.

L'appel aura lieu bientôt, nous sommes encore en train de programmer le moment précis, a dit Mme Psaki devant la presse. Et le rapport déclassifié sera également publié bientôt par la directrice du renseignement national, Avril Haines, a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Le nouveau président américain ne s'est pas encore entretenu avec les dirigeants du royaume saoudien, alliés très proches de son prédécesseur Donald Trump au Moyen-Orient. Mais il a d'ores et déjà fait savoir qu'il parlerait le moment venu au roi Salmane plutôt qu'au prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, interlocuteur privilégié de la diplomatie trumpiste.

Jen Psaki a confirmé cette intention de Joe Biden de recalibrer la relation avec Riyad par rapport au précédent gouvernement américain, souvent accusé d'avoir fermé les yeux sur la question des droits de la personne.

Cela signifie qu'il ne restera pas silencieux, il le dira haut et fort quand il aura des inquiétudes au sujet de violations des droits de la personne, au sujet d'une absence de liberté de la presse et d'expression, a insisté la porte-parole.

La publication du rapport Khashoggi devrait être le premier test de ce recalibrage.

Le journaliste saoudien, résident aux États-Unis et chroniqueur pour le quotidien Washington Post, a été assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d'agents de l'Arabie saoudite.

Le Sénat américain, qui a eu accès aux conclusions des services de renseignement de la première puissance mondiale, a à l'époque jugé que le prince héritier était « responsable » du meurtre.

Un lien avec le prince Mohammed ben Salmane

Selon des informations publiées mercredi par la chaîne CNN, les deux avions privés utilisés par le commando qui a tué le journaliste appartenaient à une société saisie moins d'un an plus tôt par le puissant prince héritier.

Le réseau a consulté des documents présentés devant un tribunal canadien dans le cadre d'une poursuite au civil et étiquetés comme étant hautement confidentiels.

Mais Donald Trump n'a jamais voulu blâmer publiquement le prince Mohammed ben Salmane pour préserver l'alliance avec Riyad, pilier de sa stratégie anti-Iran et gros acheteur d'armes américaines.

J'ai sauvé sa peau, a-t-il même reconnu auprès du journaliste américain Bob Woodward.

Joe Biden juge, lui, que l'Arabie saoudite devait être traitée comme un État paria en raison de cette affaire et de ses atteintes aux droits de la personne.

Je ne dirais certainement pas que ses inquiétudes ou son opinion ont changé, mais bien entendu il est maintenant président des États-Unis et il y a aussi des sujets sur lesquels nous allons travailler avec le royaume d'Arabie saoudite, notamment pour contrer les menaces régionales, a nuancé la porte-parole de la Maison-Blanche.

Elle n'a pas voulu dire quelles seraient les conséquences si le rapport bientôt publié établissait la responsabilité directe du prince héritier dans le meurtre de Jamal Khashoggi.

Le conseiller présidentiel à la sécurité nationale, Jake Sullivan, a dit la semaine dernière sur la chaîne CNN International que la publication de ce document serait accompagnée d'une réponse de Washington pour faire en sorte que les responsables de ce meurtre rendent des comptes.

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