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Guy Desrosiers: le trappeur-inventeur de Kapuskasing

Un trappeur tient un castor dans un piège.

Guy Desrosiers avait placé deux de ses pièges devant la hutte des castors. Il montre fièrement sa prise.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Guy Desrosiers est l’un des secrets les mieux gardés de Kapuskasing. Depuis son adolescence, l’inventeur franco-ontarien a pour mission de faciliter la vie des trappeurs. Ses pièges ont trouvé preneur dans l’Ouest canadien, en Suède et en Nouvelle-Zélande.

J’avais un don dans moi qu’il a fallu que je développe, dit d’entrée de jeu l’homme de 61 ans.

Ça fait plus de 50 ans qu’il travaille là-dessus, la recherche est là, le rendement aussi, raconte le Kapuskois Normand Dubé qui travaille avec les pièges de Guy Desrosiers depuis plus de 30 ans.

Un homme montre une photo d'une création de son père.

En 1972, le père de Guy a créé ce prototype du piège qu'il commercialise en majeure partie dans l'Ouest canadien.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Surnommé Super Trapper, Normand Dubé souligne que bien peu de monde savent que devant La Forge Jos Godin de Kapuskasing se cache un atelier de piège à gibier.

En entrant dans l’atelier surnommé La Shop, on découvre rapidement un véritable laboratoire.

J’ai tout fait mes outils, tous les procédés que ça prend pour partir avec un bout de fer et finir avec un piège. Il n’y a rien qui est fait à l’extérieur, tout est fait dans La Shop, précise le propriétaire de l'entreprise, un autodidacte qui a tout appris par lui-même de la trappe, à la soudure, en passant par la fabrication.

Aux yeux des militants anti-fourrures, Guy Desrosiers peut avoir l’air d’un méchant, mais Ovila Sylvain, membre du club des trappeurs de Fauquier, rappelle une chose : le gouvernement ontarien demande aux trappeurs d'attraper un certain nombre de castors chaque année.

Si on n'attrapait pas le castor, les calvettes seraient bloquées. Quand je donne des conférences dans les écoles, je dis aux jeunes que sans les trappeurs, ils viendraient à l’école en canot. Les chemins seraient tous inondés.

Une citation de :Ovila Sylvain, membre du Club des trappeurs de Fauquier
Deux hommes avec un piège.

Ovila Sylvain est l'un des distributeurs des pièges de Guy Desrosiers sur le corridor de la route 11.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Des années de recherche

À la deuxième année d'activité de son entreprise, Guy est devenu lui-même trappeur.

Une façon pour lui de mieux vendre son produit à ses clients. Je devais comprendre leurs besoins pour savoir ce qu'il voulait.

Au début des années 1990, il amène des caméras de surveillance dans le bois branchées à une batterie de voiture.

Une façon de montrer que ses pièges respectaient les normes internationales de piégeage sans cruauté.

C’est là que j’ai commencé à voir l’importance de bien faire le travail. Ce n’est pas plaisant de voir un gibier se débattre dans un piège. J’ai toujours tenté de trouver d’amener des solutions pour le faire mourir instantanément, sans briser la fourrure.

Une citation de :Guy Desrosiers, trappeur et inventeur

Un marché en déclin

La pandémie de COVID-19 est venue mettre un frein aux opérations de Guy Desrosiers.

Ça a toute ralenti mes opérations, il n’y a pas de marché pour la fourrure. La COVID a barré le pays, les acheteurs ne peuvent pas venir acheter la fourrure. Les acheteurs aiment venir à la maison d’encan, toucher, regarder la fourrure avant de miser sur un lot, dit-il.

Une peau de castor se vend entre 5 et 20 $, ce qui couvre seulement l'essence pour se rendre à ma ligne de trappe. À son apogée, une telle peau pouvait valoir jusqu'à 400 $, conclut le passionné.

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