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Plats pour emporter : pas toujours payants pour les restaurateurs ontariens

Une affiche dit « mets à emporter seulement » devant un restaurant.

Beaucoup de restaurants ont du mal à convaincre leur clientèle de passer aux plats pour emporter.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Près d’un an après le début de l’ère des repas à emporter dans les restaurants, il semble que ceux-ci ne sont toujours pas une bouée de sauvetage qui permet aux restaurateurs de soutenir les opérations de leur entreprise.

Les temps sont durs pour les restaurateurs, qui doivent maintenant exister avec des règles qui réduisent ou interdisent tout simplement les repas à l’intérieur.

Depuis le début du confinement, les seules options sans limites pour servir les clients sont la livraison et les plats à emporter.

Mais pour beaucoup de restaurateurs ontariens, ces options sont loin d’avoir représenté une manne financière qui a permis de soutenir les activités des établissements.

Tony Elenis, président de l'Association des restaurants, des hôtels et des motels de l'Ontario

Tony Elenis, président de l'Association des restaurants, des hôtels et des motels de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Selon Tony Elenis, président de l'Association des restaurants, des hôtels et des motels de l'Ontario, si certains restaurants ont vu les repas pour emporter et les livraisons comme une nouvelle source de revenus à explorer, il ne s’agit pas de la majorité.

Pour beaucoup de restaurants, si la subvention salariale d’Ottawa n’existait pas, plusieurs ne pourraient pas ouvrir leurs portes.

Une citation de :Tony Elenis, président de l'Association des restaurants, des hôtels et des motels de l'Ontario

Il ajoute que plusieurs restaurateurs ont utilisé la subvention salariale pour permettre à quelques employés de travailler.

Des routines difficiles à défaire

Au restaurant Papa Franco's, à Kapuskasing, la clientèle n’a jamais vraiment suivi le virage vers les commandes pour emporter.

Sa copropriétaire Johanne Morin affirme que son restaurant comptait sur une clientèle qui consommait ses repas sur place 95 % du temps.

Une femme devant des plats à emporter vide.

Les plats pour emporter ne représentent pas une solution très rentable pour Johanne Morin, la propriétaire.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Son restaurant a pu s’en sortir en raison du déconfinement qui a eu lieu pendant l’été et du retour des repas sur place durant cette période.

Même scénario pour le restaurant Gilli’s truck-stop à New Liskeard.

Un lieu important pour les camionneurs de la route 11, ceux-ci ont tout de même continué à se rendre au restaurant pour des plats à emporter en raison d’un accès aux douches et aux salles de bain maintenu malgré la pandémie.

Mais selon la propriétaire Sonia Lavigne, la population générale de passage dans le secteur a été fortement découragée de s’y rendre en raison de la peur, pour laquelle elle attribue la faute aux médias.

Des camionneurs dans le stationnement d'une halte routière.

Malgré la pandémie, la halte routière Gilli's a gardé ses douches, son restaurant et ses salles de bains ouvertes aux camionneurs.

Photo : Radio-Canada / Nahila Bendali

Pendant les trois premiers mois de la pandémie, et pendant décembre et janvier ce n’était vraiment pas bon, mais quand les médias ont dit que c’était correct, là les gens sont venus, explique-t-elle.

Pour Tony Elenis, les plats à emporter ne sont pas beaucoup plus coûteux à produire que les repas à la table, mais il affirme que beaucoup de restaurants ont eu beaucoup de mal à atteindre le volume minimal pour rendre ceux-ci profitables.

Constat qui est partagé par Mme Morin, qui affirme que beaucoup de personnes préfèrent manger chez elles et ne pas sortir.

Essor dans la livraison

Pendant que les plats à emporter ont du mal à séduire les Ontariens, la livraison de nourriture a le vent dans les voiles.

Selon Tony Elenis, on a assisté à une augmentation d’au moins 25 % dans les livraisons de repas de restaurants depuis le début de la pandémie.

Mais cette augmentation ne se traduit pas nécessairement par des profits, selon lui.

Les applications de livraison comme Doordash, Uber Eats, Skip The Dishes ont d’importants frais d’utilisation qui coûtent cher aux restaurants, explique-t-il.

Un comptoir de restaurant, sur lequel un petit écriteau indique que les employés de Uber et Door Dash doivent prendre les commandes ici.

Les applications de livraison à domicile, comme UberEats et DoorDash, gardent une part importante du prix payé par le consommateur.

Photo : Ben Nelms/CBC

Selon lui, la meilleure façon de soutenir un restaurant est de faire affaire avec eux directement pour la livraison et pour les plats à emporter.

Pour les restaurateurs qui ont déjà un système de livraison, cet essor aura été une planche de salut.

À la pizzéria Pizza Place de Hearst, la propriétaire Lina Lamontagne peut garder le sourire.

Forte d’une clientèle déjà habituée aux livraisons et aux repas à emporter et disposant de son propre système de livraison, Pizza Place a réussi à tirer son épingle du jeu.

L'extérieur d'un restaurant

Le restaurant Pizza Place a réussi à profiter de l'augmentation de la demande des livraisons.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Nous avions deux voitures de livraison, dont une que l’on n’utilisait que le vendredi soir, mais ça a vite changé pour qu’on ait besoin de toujours les utiliser, explique-t-elle.

Si l’annonce du confinement a causé deux semaines plus difficiles, Mme Lamontagne affirme que sa clientèle a recommencé rapidement à fréquenter son restaurant.

Les gens ont continué à vouloir se payer un peu de luxe alors on était là pour ça, explique-t-elle.

Les consignes sanitaires comme nouvelle réalité

Si la plupart des régions du Nord de l’Ontario ont finalement pu rouvrir leurs salles à manger, au grand bonheur de certains, les restrictions mises en place par le gouvernement restent très visibles.

Un exemple frappant, selon Joanne Morin, a été lorsque 7 personnes sont venues manger plus tôt au cours de la semaine.

Puisque ce groupe comptait deux couples qui n'habitaient pas à la même adresse, j’ai dû utiliser 3 de mes 9 tables pour pouvoir les asseoir, explique-t-elle.

 Une table de restaurant vide.

Les salles à manger de la plupart des régions peuvent ouvrir leurs portes à nouveau, avec de fortes restrictions de capacité.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Elle se rappelle aussi un cas où elle a dû dissuader trois policiers de la PPO de fréquenter son établissement, puisque ceux-ci auraient dû s'asseoir sur deux tables différentes, en plus de garder une distance de deux mètres pour ceux assis à la même table.

Si les consignes vont rester dans le paysage pour un certain temps encore, la perspective de rouvrir la salle à manger reste tout de même une bonne nouvelle pour les restaurateurs.

C’est niaiseux, mais je me sens comme une nouvelle personne depuis que j’ai pu ouvrir le restaurant les mardis, affirme Sonia Lavigne.

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