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Une bulle immobilière sans précédent au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une maison avec une pancarte Vendue.

Alors que cette maison s'était retrouvée sur le marché dans le passé, mais sans succès, elle vient d'être vendue en seulement cinq jours.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le marché immobilier régional est en pleine effervescence. Les maisons à vendre sont plus rares, mais elles partent beaucoup plus rapidement qu'à pareille date l'an dernier.

Il y a 43 % moins de maisons à vendre cette année sur le territoire du Saguenay qu'à pareille date l'an dernier, soit 697 en janvier 2021 comparativement à 1218 un an plus tôt. À l'inverse, les ventes ont augmenté de 43 % pour la même période, avec 76 propriétés vendues en janvier dernier, contre 53 pour le même mois en 2020.

Cette tendance fait augmenter le prix demandé, alors que la région assiste aussi à un phénomène de surenchère, avec la venue d'acheteurs en provenance de Québec et de Montréal.

Ainsi, le prix médian d'une maison unifamiliale au Saguenay a bondi de 17 % en un an, passant de 168 500 $ à 197 500 $.

Partie en deux jours

Une courtière immobilière chez Via Capitale, Alexandra Desbiens, donne l'exemple d'une maison à Chicoutimi qui s'est vendue en deux jours. Ç'a été très très vite. Pourtant, c'est une maison qui avait déjà été affichée auparavant, mais étrangement il y avait des visites, mais il n'y avait pas d'offre, a-t-elle raconté.

Cette dernière a aussi constaté l'augmentation des prix sur une courte période. Il y a des maisons que j'évaluais peut-être à 225 000 $ l'année dernière, qu'on évalue aujourd'hui à 255 000 $ facilement. Pourtant, c'est la même maison, la même démarche, a poursuivi la courtière.

Le même phénomène s'observe au Lac-Saint-Jean, où il est beaucoup plus facile de vendre sa maison que d'en acheter une. Une Almatoise, rencontrée par Radio-Canada, attend d'avoir trouvé un nouveau nid pour sa famille avant de mettre sa propriété sur le marché. Tous les papiers sont prêts, toutes les photos sont prises. On va pouvoir la mettre à vendre aussitôt qu'on va avoir trouvé parce qu'en ce moment, on le sait que notre maison, elle pourrait partir rapidement. On ne veut pas se retrouver non plus à refuser des offres parce que nous, on n'a pas trouvé, a indiqué Maryska Routhier.

Carton « vendu » installé sur une affiche de courtier immobilier

Le marché immobilier favorise les vendeurs depuis le début de l'année.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Comme les maisons à vendre se font plus rares, les offres d'achats se multiplient, ce qui crée de la surenchère. Avant, la personne donnait le prix listé ou donnait un petit 1000 dollars au-dessus du prix listé, puis c'était pas mal souvent, dans mon expérience, la personne qui gagnait. Maintenant on voit qu'il faut aller au-dessus de ça. On peut parler des fois jusqu'à 10 000 dollars en haut du prix demandé, a illustré Eva Gagnon, courtière immobilière et dirigeante de REMAX/Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Des acheteurs d'ailleurs

Une autre particularité qui contribue à la surenchère, c'est que de plus en plus d'acheteurs viennent de l'extérieur de la région. C'est vraiment remarquable, on a beaucoup de gens de Québec qui vont regarder. J'avais quelque chose à vendre à Hébertville, c'est un secteur qui peut les intéresser, proche d'un mont de ski. Des gens qui regardaient à Stoneham ou dans ces coins-là, où c'est très dispendieux, donc ils viennent acheter ici, ce n'est pas très loin. À Saint-Gédéon aussi, on a des bords de l'eau, on a des propriétés, ce sont des gens de Québec, des gens de Montréal. On voit que la demande a vraiment explosé à ce niveau-là, a souligné Mme Gagnon.

Alexandra Desbiens, de chez Via Capitale, observe le même phénomène. Quand on sait qu'on a des offres d'achats multiples et que c'est contre des gens de Québec et de Montréal, c'est rare qu'on peut les avoir parce qu'ils ont une vision un peu différente, a-t-elle avoué. Selon elle, les personnes des autres régions sont prêtes à payer plus cher ici, car dans leur région ils devraient débourser beaucoup plus pour obtenir une maison équivalente.

Si le marché immobilier fait le bonheur des vendeurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les acheteurs devraient faire preuve de prudence, a averti la courtière. Je pense que l'important c'est de garder en tête que le marché ne sera pas toujours comme ça, puis de se rappeler aussi que les taux d'intérêt risquent d'augmenter un jour. (Il faut) faire attention à son budget quand on achète puis qu'on se dit : "Mon Dieu, je peux me permettre ça!" Oui, pour les cinq prochaines années, mais ensuite qu'est-ce qui va arriver?, a-t-elle rappelé.

D'après un reportage de Jean-François Coulombe

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