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Saskatoon interdit les thérapies de conversion

Le drapeau de la fierté gaie flotte dans un ciel sans aucun nuage.

Récemment, le Yukon est devenu le premier territoire canadien à interdire cette pratique.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Le règlement interdisant les thérapies de conversion a été approuvé, mardi, en conseil municipal. Huit élus de Saskatoon ont voté pour, le neuvième s'est prononcé contre.

Comme lors de la lecture de la première version, qui avait déjà été acceptée en réunion, le conseiller municipal du quartier 5, Randy Donauer, s’est opposé au règlement, affirmant qu’il n'était pas d'accord avec la définition du terme de thérapie de conversion.

Il a en contrepartie proposé une modification, qui autoriserait les adultes consentants à suivre une thérapie ou à trouver de l’aide pour changer leur style de vie .

La proposition n’a pas été soutenue au conseil municipal, et le règlement a été adopté sans relecture.

Réactions à la suite du vote du règlement

La conseillère municipale du quartier 2, Hilary Gough, affirme que ce règlement a un effet symbolique important sur la communauté. Selon elle, aucune entreprise ne devrait offrir des services qui visent à changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d’une personne qui n'est pas hétérosexuelle.

Tout le monde est bienvenu dans notre communauté. L'identité n’appartient qu’à soi, et aucune n’est mauvaise.

Une citation de :Hilary Gough, conseillère municipale du quartier 2 de la Ville de Saskatoon

Pour la co-directrice par intérim de l’organisme OUTSaskatoon, Amanda Guthrie, cette décision est un message fort envoyé à la communauté LGBTQ+ de Saskatoon, et une étape très excitante dans les avancées du conseil municipal de la Ville.

Le taux de suicide est élevé au sein de la communauté LGBTQ+, soutient Amanda Guthrie, qui précise que ce taux est de 20 % au sein des minorités sexuelles, et de 41 % chez les personnes transgenres ou non binaires, selon la co-directrice de l’organisme.

Mme Guthrie souligne que dans la population générale, il est seulement de 4,6 %.

Amanda Guthrie soutient que les thérapies de conversion sont en partie responsables du taux élevé de suicide au sein de la communauté.

Ce n’est pas un choix ou un style de vie. Les identités LGBTQ+ sont naturelles, saines, normales et existent depuis toujours, et dans toutes les cultures.

Une citation de :Amanda Guthrie, co-directrice par intérim de OUTSaskatoon

Les impacts des thérapies de conversion sont profonds et durables, déplore-t-elle, alors que celles-ci remettent en question qui vous êtes en tant que personne, votre estime de soi, et que de nombreux problèmes de santé mentale en découlent.

Amanda Guthrie se félicite que Saskatoon soit la première ville de la Saskatchewan à légiférer dans ce sens.

La prochaine étape pour les autorités municipales, selon elle, est de sensibiliser la population afin que la ville soit plus sécuritaire pour la communauté LGBTQ+.

Pour ceux qui ont subi ces thérapies de conversion comme Ben Rodgers - c'était en Ontario -, ce règlement est un message de soutien important que la Ville envoie à la communauté LGBTQ+.

Les thérapies de conversion, ou thérapies de réorientation sexuelle, sont des interventions psychologiques ou spirituelles censées changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne, par le biais soit d'une thérapie par la parole ou de médicaments, soit d'une combinaison des deux.

Du municipal au fédéral

D’autres villes comme Edmonton, Calgary ou encore Vancouver ont déjà adopté des règlements similaires.

Le gouvernement fédéral a, de son côté, promis de modifier le Code criminel pour pénaliser certains aspects des thérapies de conversion.

La législation fédérale a été approuvée sur le principe en octobre 2020, mais aucune information n’a encore été divulguée sur la date à laquelle les changements entreront en vigueur.

L’administration de la Ville de Saskatoon a dit s’être fortement inspirée des règlements mis en place par les villes canadiennes qui l'ont précédée dans sa démarche.

Elle a également souhaité s’assurer que l'instauration de son règlement n’entrerait pas en conflit avec la législation fédérale.

Avec l'interdiction des thérapies de conversion, toute personne qui fournit une telle pratique à Saskatoon encourt une amende de 10 000 $, si elle intervient à titre indépendant, ou de 25 000 $, si elle représente une entreprise.

Avec les informations de Mickey Djuric et de Mercia Mooseely

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