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Un Vancouvérois poursuit la Ville après un affrontement avec un prêcheur anti-LGBTQ

J.D. Burke et Justin Morissette posent pour la caméra alors que M. Morissette est allongé sur un lit d'hôpital.

J.D. Burke, à gauche, et son colocataire Justin Morisette après que ce dernier a subi des traitements pour sa jambe fracturée.

Photo : Gracieuseté de Justin Morissette

Radio-Canada

En août 2020, Justin Morissette a eu la jambe cassée à la suite d'un accrochage avec un prédicateur de rue anti-LGBTQ. Il poursuit aujourd’hui la Ville de Vancouver et son service de police pour avoir, selon lui, « volontairement ignoré » le danger que représentait le comportement « antisocial » du prédicateur.

Dans un avis de poursuite au civil déposé la semaine dernière auprès de la Cour suprême provinciale, Justin Morissette affirme que les autorités n’ont pas réussi à maintenir la paix et qu'elles étaient bien conscientes des déclarations haineuses du prédicateur qui l'aurait attaqué dans le quartier du West End.

Le résident de Vancouver poursuit également Christ's Forgiveness Ministries et le prédicateur de rue, Dorre Shepherd Love, aussi connu sous le nom de Dorre Strother, qui fait déjà face à des accusations de voies de fait graves en rapport avec l'incident.

L'avocat de Justin Morissette, Jim Hanson, affirme que le principal objectif de son client en intentant sa poursuite au civil est d'envoyer un message.

Il veut avant tout créer un précédent en affirmant que ce type de comportement est antisocial, que c'est un discours de haine qui ne devrait pas être toléré, explique Me Hanson.

De notre point de vue, la Ville a le devoir de protéger cette communauté et d'autres communautés contre ce type de discours haineux dirigé et d'antagonisme.

Aucune des personnes ou des entités nommées dans la poursuite n'a déposé de réponse aux allégations de Justin Morissette, qui n'ont pas été prouvées devant les tribunaux.

Le quartier du West End délibérément choisi pour les prêches

Justin Morissette explique avoir été perturbé l’été dernier par les discours amplifiés par un système de sonorisation de plusieurs prédicateurs de rue dans le quartier du West End.

Il prétend que l’un des prédicateurs a commencé à haranguer les passants avec une rhétorique anti-LGBTQ.

Selon lui, les prédicateurs auraient intentionnellement choisi de prêcher dans le quartier du West End, où se trouve le « Davie Village » , fief de la communauté LGBTQ+ à Vancouver.

Dorre Strother a délibérément choisi le West End afin de provoquer une réaction hostile des membres de la communauté LGBTQ qui s'y trouvent, de provoquer une réaction de soutien des passants qui pourraient déjà être hostiles à la communauté LGBTQ du West End et d'inciter au désordre public général, soutient la déclaration déposée au tribunal.

Il n'est pas légal de se lever et de cracher de la haine

Dans sa poursuite, Justin Morissette allègue que Dorre Strother agissait au nom du ministère du pardon du Christ, qui, selon lui, est responsable des actes du prêcheur de rue.

Il estime que la Ville n'a pas assuré une surveillance policière du lieu adéquate et n'a pas fait respecter les protocoles de sécurité publique.

Justin Morissette affirme aussi que la police n'a pas enquêté correctement sur Dorre Strother et n'a pas averti les résidents du West End et la communauté LGBTQ+ de son intention de continuer à prêcher la haine même après avoir déjà été arrêté par les forces de l'ordre.

La police aurait pu appliquer les lois contre le trouble à l'ordre public. Cet homme était un fauteur de trouble. Il a rendu les maisons autour de cet endroit inhabitables à cause de sa harangue persistante au micro et la police aurait dû faire respecter les lois et s'assurer que ce genre de choses cesse, affirme l’avocat de Justin Morissette.

Et il ajoute : Il n'est pas légal de se tenir au coin de la rue et de tenir des propos haineux envers la communauté LGBTQ ou toute autre communauté.

La Ville de Vancouver a déclaré qu'elle n'avait pas encore reçu la signification de l'action en justice.

Dans un courriel, un représentant de Christ's Forgiveness Ministries a déclaré que son organisation n'avait rien à voir avec le cas Justin Morissette.

Prochaine comparution le 10 mars

La prochaine comparution de Dorre Shepherd Love devant le tribunal provincial aura lieu le 10 mars.

Dans une vidéo publiée sur YouTube, ce dernier a dit qu'il était l'un des prédicateurs, mais affirmé qu'il n'avait rien fait de mal.

J'ai été agressé, a-t-il dit dans la vidéo. Un homme m'a pris le micro des mains et a essayé de s'en tirer.

Justin Morissette a admis avoir pris le micro, mais dit qu'il n'a agressé personne.

Avec les informations de Jason Proctor

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