•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Iran restreint les inspections de l’AIEA

Mohammad Javad Zarif en conférence de presse.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif

Photo : afp via getty images / ATTA KENARE

Radio-Canada

Le gouvernement iranien a mis à exécution, mardi, la loi votée par le Parlement qui limite les inspections de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) concernant son programme nucléaire.

La loi précise que le gouvernement doit limiter les inspections si les sanctions américaines ne sont pas levées d’ici le 23 février.

Jugeant la décision dangereuse, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, cosignataires de l’accord de 2015, ont appelé Téhéran à revenir en arrière sur toutes les mesures qui réduisent la transparence et à coopérer pleinement avec l'AIEA.

L'objectif reste de préserver l'accord et de soutenir les efforts diplomatiques en cours pour une solution négociée qui permette le retour de l'Iran et des États-Unis au plein respect de leurs engagements, ont-ils insisté.

C'est aussi notre but, a souligné le porte-parole du département d'État américain, Ned Price, manifestant son inquiétude face à une puissance iranienne qui va dans la mauvaise direction.

Retrait progressif

En réponse au retrait américain de l'accord international sur le nucléaire en mai 2018, la République islamique s'est affranchie progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu'elle avait accepté d'imposer à son programme nucléaire en échange d'un allègement des rétorsions à son encontre.

L'Iran avait déjà annoncé avoir repris l'enrichissement de l’uranium à hauteur de 20 %, alors que l’accord lui permet un taux d’environ 4 %.

Par la suite, le gouvernement a dit entamer la production d'uranium métal, une matière qui peut être utilisée dans la fabrication d'armes nucléaires, pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran.

En dernier lieu, l’Iran a mis en application la limitation annoncée de certaines inspections de l'AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects.

La porte reste ouverte

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence officielle Irna, a indiqué que la coopération de Téhéran avec l’agence onusienne se poursuivrait.

En effet, après une brève visite samedi à Téhéran, le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, avait annoncé un accord technique temporaire pour maintenir une surveillance réduite durant trois mois, le temps que les signataires de l'accord international engagent des pourparlers.

Les bandes enregistrées sur notre programme nucléaire [...] seront conservées et ne seront pas fournies à l'Agence, a souligné M. Zarif.

Selon l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), ces données seront supprimées à jamais si les sanctions ne sont pas complètement levées d'ici trois mois.

En revanche, si les grandes puissances parviennent à s'entendre, nous pourrons récupérer toutes les informations portant sur cette période, a précisé M. Grossi.

En d'autres termes, nous saurons exactement ce qui s'est passé, combien de composants ont été fabriqués, combien de matières ont été fabriquées, traitées ou enrichies et ainsi de suite, a-t-il précisé.

Séoul libère une partie de l’argent iranien

La Corée du Sud a annoncé mardi avoir trouvé avec l'Iran un accord pour régler le contentieux lié au gel par Séoul de plusieurs milliards de dollars d'argent du pétrole, tout en précisant que ce compromis devrait être validé par Washington.

Téhéran a saisi au début de janvier un pétrolier sud-coréen, le Hankuk Chemi, dans le Golfe persique, en invoquant des infractions aux règles environnementales.

Mais cette saisie était intervenue à un moment où Téhéran pressait Séoul de débloquer plusieurs milliards gelés en raison de sanctions américaines.

La levée effective du gel de ces fonds impliquera des consultations avec les acteurs concernés, et notamment les États-Unis, a souligné le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

Une précision qui laisse entendre que Washington a le pouvoir de mettre son veto à toute utilisation des fonds gelés.

Conclu à Vienne en 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, Allemagne), l'accord sur le nucléaire iranien visait initialement à encadrer le programme nucléaire de la République islamique.

Malgré ses démentis, l'Iran est accusé de chercher à se doter de l'arme atomique, notamment par Israël.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !