•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jugement contre un septuagénaire qui dort dans un camion depuis des années

Marcel Desrochers debout devant son camion.

Marcel Desrochers avait acheté ce camion à un camionneur albertain avant l'incendie.

Photo : Radio-Canada / Amélie David

La Cour du Banc de la Reine prononce un jugement contre Marcel Desrochers, un homme qui vit dans un camion depuis l’incendie de sa maison en 2011 et qui poursuivait sa compagnie d’assurance.

L’homme, âgé de 74 ans, affirmait vivre depuis plus de 9 ans dans un vieux camion stationné dans la cour d’un de ses enfants, près d’Altamont, après avoir tout perdu dans l’incendie de sa maison, survenu le 11 janvier 2011.

Il demandait à sa compagnie d’assurance de le dédommager et de reconstruire sa maison. Dans sa défense, l'assureur affirmait que le plaignant avait falsifié les documents.

Une imprimante à 4000 $

Dans une décision rendue le 18 février, le juge Richard Chartier se range du côté des arguments de l’assureur. Il estime que Marcel Desrochers a volontairement fait une fausse déclaration.

Je n'ai pas trouvé que Marcel Desrochers était un témoin crédible [...] en raison de l'exagération des pertes elles-mêmes et du défaut de fournir des détails que ce soit concernant les articles listés, comme l'endroit où ils ont été achetés, la date d'achat, le prix d'achat et le prix de remplacement, écrit le juge dans sa décision de 15 pages.

Marcel Desrochers assis sur la couchette du camion de transport dans lequel il dort.

Marcel Desrochers a fait de cette couchette de camion son nouveau domicile depuis que sa maison a disparu dans les flammes.

Photo : Radio-Canada / Amélie David

Le juge Chartier estime que le plaignant a concocté une liste d'objets dans le but de gonfler l’argent qu’il aurait reçu de son assureur.

Le juge mentionne par exemple le fait que Marcel Desrochers disait avoir trois ordinateurs et une imprimante, évaluée à 4000 $, pour une valeur totale de 10 021 $. Apparemment, il avait tous ces équipements alors qu’il a témoigné qu’il ne se servait pas d’ordinateur. Il n’est pas crédible qu’il ait tous ces équipements alors qu’il ne sait pas les utiliser, écrit Richard Chartier.

Bonne compréhension de l’anglais

Le juge rejette aussi l’affirmation de Marcel Desrochers selon laquelle il a vécu sans domicile depuis l’incendie de sa maison. Je ne le crois pas quand il affirme qu’il vit dans un camion depuis l’incendie. Il nie avoir vécu dans une maison proche. Cela contredit une déclaration sous serment lors d'un interrogatoire de débiteur judiciaire où il a déclaré qu'il vivait dans une maison sur une superficie contiguë qu'il possédait à Glenora.

Richard Chartier n’a trouvé aucune preuve pour appuyer le fait que Marcel Desrochers avait des difficultés à comprendre l’anglais. Or, l'été dernier, le plaignant se disait heureux de pouvoir témoigner en français dans son propre procès, un droit qu’il ne savait pas qu'il détenait.

Pendant les audiences, le septuagénaire s'est exprimé en français, sa langue maternelle, et des interprètes ont retranscrit les échanges en anglais.

Il n’a pas semblé avoir de problèmes pour comprendre les questions qui lui étaient posées pendant le procès et je n’ai trouvé aucune preuve indiquant qu’il avait des problèmes de compréhension de la langue anglaise qui auraient entraîné des difficultés à remplir la demande de remboursement.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !