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Fuite de données : Desjardins ciblé par une perquisition de la SQ

L’enseigne de Desjardins, à l’extérieur du Complexe du même nom, à Montréal.

Les enquêteurs cherchent des informations concernant entre autres un ex-employé de Desjardins arrêté à Lévis en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Un document judiciaire consulté par Radio-Canada montre que la Sûreté du Québec (SQ) a obtenu l'autorisation d'effectuer une perquisition dans des bureaux du Mouvement Desjardins à Montréal, il y a une dizaine de jours, dans le cadre de son enquête Projet Portier sur la fuite de données au sein de l'institution financière.

Le document, qui porte sur la gestion et la protection des informations éventuellement récoltées et mises sous scellés, révèle que la perquisition a commencé le 17 février dernier. Cependant, il n'a pas été possible de confirmer si, dans les faits, la perquisition a bel et bien été exécutée.

On lit que l'opération doit s'échelonner sur plusieurs jours, étant donné le volume des données informatiques qui devront potentiellement être copiées et puisque les logiciels utilisés pour la rétention et la conservation des items chez Desjardins sont inconnus des enquêteurs.

Ces enquêteurs cherchent des informations concernant entre autres un ex-employé de Desjardins, Sébastien Boulanger-Dorval. Il est écrit dans le document que l'enquête policière tend à démontrer qu'il est l'individu ayant procédé au vol de données nominatives appartenant à des millions de membres de Desjardins.

Plus loin, il est précisé que la SQ cherche notamment le contenu de divers items informatiques, des captures d'écran de l'ordinateur de Sébastien Boulanger-Dorval, la boîte courriel et le contenu de la messagerie Lync utilisés par Sébastien Boulanger-Dorval, ainsi que des enregistrements de conversations avec des individus liés à Desjardins auxquelles il a participé.

On lit toujours dans la requête judiciaire, dont plusieurs passages ont été caviardés, que la police pourrait remonter jusqu'en octobre 2016 pour tenter de trouver de l'information.

Cette enquête du Service des crimes économiques de la SQ a commencé en juin 2019. Elle porte sur de possibles infractions de vol d'identité, de trafic de renseignements identificateurs, de fraude de plus de 5000 $ et d'infraction au profit d'une organisation criminelle.

Comme nous l'avions écrit en septembre dernier, Sébastien Boulanger-Dorval a été arrêté à Lévis, le 6 juin 2019, pour utilisation non autorisée d'un ordinateur, trafic de renseignements identificateurs, possession de renseignements identificateurs, utilisation non autorisée de données relatives à des cartes de crédit, fraude de plus de 5000 $ et possession d'une arme prohibée.

L'ex-employé de Desjardins ne fait face à aucune accusation.

La SQ a refusé de donner quelque détail que ce soit sur cette perquisition. Le corps policier s'est contenté de dire que l'enquête était toujours en cours. Le Mouvement Desjardins a refusé de confirmer cette opération policière. Toutefois, nous rappelons que nous accordons notre entière collaboration aux enquêtes en cours, a écrit une porte-parole de l'institution financière.

Le document judiciaire révèle par ailleurs que Desjardins a déjà fait savoir à la SQ que certains éléments méritaient d'être protégés. On lit que Desjardins considère certains documents, données et renseignements, faisant partie des items visés, comme étant de nature privilégiée.

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