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Faire tomber les barrières pour favoriser la diversité, selon Astou Thiam

Des intervenants de la communauté noire en Colombie-Britannique nous font connaître leur réalité durant le Mois de l'histoire des Noirs.

Astou Thiam est dans un parc.

Astou Thiam est une épidémiologiste et professeure de sport qui s'implique pour le Mois de l’histoire des Noirs en donnant des conférences.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Radio-Canada

Pour conclure le Mois de l'histoire des Noirs, la médecin épidémiologiste Astou Thiam aborde l'importance de la diversité pour avoir une société plus inclusive en Colombie-Britannique.

Par Justine Beaulieu Poudrier

Comment peut-on améliorer les relations entre les diverses communautés en Colombie-Britannique pour être plus inclusif?

Astou Thiam (A.T.) : En faisant en sorte que les diverses communautés puissent s'écouter. Il faut soulever les barrières pour les communautés qui veulent s'impliquer, dont la communauté noire. Par exemple, lorsqu'elles veulent s'impliquer dans des associations, ou si elles veulent trouver un travail, ou lorsqu'elles demandent des subventions. Il faut plus de transparence. Il ne faut pas donner le pouvoir à un certain groupe parce que, sinon ça crée des barrières. Il y a beaucoup de barrières concernant l'intégration de certains groupes, l'intégration de certaines associations, l'intégration du travail dans des postes parce qu'il y a le monopole.

Ma réalité : Astou Thiam

On parle beaucoup de l’importance de l’éducation pour lutter contre le racisme. Qu’est-ce qui devrait être mis de l’avant dans les écoles de la province, selon vous?

A.T. : Plein de choses! Par exemple, en tant que prof de sport, ça fait plus de 10 ou 11 ans que je suis des cours de réanimation chaque année. L'an dernier, c'était la première fois qu'on avait des mannequins de différentes couleurs. Ça m'a vraiment fait quelque chose. L'éducation doit inclure tout le monde, que ce soit à l'école, à l'université ou dans le domaine médical. On doit faire participer toute la population. On doit intégrer dans le programme l'histoire de toutes les communautés qui ont bâti le Canada, qui font partie de l'histoire et qui sont toujours là. Pour ça, il faut que les décideurs reflètent la communauté. Donc, on revient au même point. Il faut plus de transparence et des groupes multiethniques, partout, à tous les niveaux.

La médecin épidémiologiste Astou Thiam est originaire du Sénégal et s'est établie en Colombie-Britannique il y a cinq ans. Elle dirige la société Global Clinical, Social and Physical Activity Research Society BC, qui se spécialise dans la recherche auprès des francophones et des minorités ethniques de la province. Astou Thiam est également entraîneuse sportive.

Les manifestations un peu partout en Amérique du Nord pour dénoncer le racisme et la brutalité policière envers la communauté noire ont-elles entraîné un changement des mentalités, un éveil?

A.T. : On en vit encore les impacts. Voilà! On m'a invitée aujourd’hui, en grande partie à cause de ça. Je vois plein de grandes entreprises qui commencent à inclure l'intégration de toutes les communautés dans leurs politiques et dans leur système de recrutement du personnel. Ce n'est pas seulement les Noirs, mais toutes les communautés, dans tous les systèmes, parce que le Canada n'est pas fait d'une seule communauté.

Astou Thiam en train de danser sur une plage.

Astou Thiam, épidémiologiste et professeure de sport, donne des conférences chaque année durant le Mois de l’histoire des Noirs au Canada.

Photo : Abdoul A Thiam

Quel est l’avenir du mouvement Black Lives Matter?

A.T. : Black Lives Matter, ça a été vraiment terrible pour la communauté noire, parce qu'on se réveille. On dit : Mais c'est vrai, moi aussi, j'ai vécu ça! Presque toutes les personnes de couleur que je connais ont vécu du racisme à différents degrés, que ce soit implicite ou non. Ce que je vois pour l'instant, c'est que ça a de l'impact et c'est bon, et j'espère que ça va aller vraiment plus loin. Donc, j'attends de voir les fruits. Il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de chemin [à faire].

J'espère que ça va bouger. Il y en a qui sont encore réticents, mais il faut que ça bouge, que ce soit du côté francophone ou du côté anglophone. Je parle beaucoup de francophones aussi, parce qu’on est un peu isolé par rapport à l'est, et ils ne savent pas tellement ce qui se passe ici. Soit on fait le changement nous-mêmes, soit ça vient du gouvernement qui force des changements avant de financer.

La fin du racisme et de la discrimination est-elle envisageable? Comment y arrive-t-on?

A.T. : Ah, ça, je ne sais pas, parce que ça a pris vraiment longtemps. Je pense aussi que c'est grâce à la COVID-19 que plein de gens ont pu s'asseoir et dire : Ah,   mais c'est quoi, ça? Alors que c'était toujours là.

La fin du racisme? Je l'espère. J'y crois pas trop, mais j'espère au moins qu'on avance et que les générations futures n'aient pas à se cacher, n'aient pas à être une population de deuxième zone et puissent être fiers d'être Canadiens. Je souhaite qu'ils aient accès à toute l'éducation et à toutes les possibilités qu’ils puissent rêver d'être président ou médecin généraliste, ou chirurgien, ou journaliste. Moi, je suis toujours optimiste. Je vais de l'avant. J'encourage tous les jeunes, et pas juste les jeunes, toutes les personnes, qu'elles soient racisées ou pas, à avoir confiance en leurs capacités. Qu’elles ne se laissent pas rabaisser. Qu'elles soient fières d'elles, fières de leur couleur, de leurs cheveux. Si elles ont fait des études, de dire : Ah, j’ai cet acquis-là. Ne te laisse pas rabaisser, fonce, rêve comme tout le monde, et travaille. Le reste n'est que de la discussion.

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