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Agnès Maltais dénonce le sort réservé au tramway par la CAQ

La députée péquiste Agnès Maltais devant un drapeau du Québec.

L'ancienne députée du Parti québécois Agnès Maltais (archives).

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

L'ancienne ministre responsable de la Capitale-Nationale Agnès Maltais sort de son mutisme. Elle estime que François Legault est mal conseillé par le caucus de Québec et que « c'est terrible » pour le projet de tramway.

Dans une rare entrevue accordée à Radio-Canada, l'ancienne députée de Taschereau n'hésite pas à qualifier l'impasse de crise. Si le projet déraille, c'est en grande partie en raison de l'opposition des députés de Québec, déplore Agnès Maltais.

Elle affirme que le troisième lien est plus important pour eux que le tramway et que le temps presse pour présenter ce projet avant la prochaine élection.

Ils sont en train de modifier les plans de tout le monde pour arriver avec quelque chose d'à peu près acceptable. Même si ça retarde le projet de tramway et que ça coûte des centaines de millions de dollars de plus aux contribuables de Québec, ils sont prêts à l'accepter.

Une citation de :Agnès Maltais, ancienne députée de Taschereau et ministre responsable de la Capitale-Nationale

Mme Maltais qualifie les jeux de coulisses qui se déroulent depuis des mois d'inacceptables.

Mardi, le premier ministre François Legault a confirmé que la proposition retenue en décembre n'a pas passé le test du Conseil des ministres tenu le mois dernier. C'est ce qui a mis fin aux discussions avec le maire Labeaume.

Si la proposition présentée par le ministre des Transports a été renversée au Conseil des ministres, c'est sûrement qu'il y a des gens de la région qui étaient contre. Le projet n'a donc pas reçu d'appuis de la région. C'est terrible, s'offusque-t-elle.

Respect des compétences

Selon elle, le maire Labeaume a eu raison de briser le sceau de la confidentialité en révélant la nature des discussions qu'il a eues avec le ministre des Transports, François Bonnardel.

Il a bien fait. Tout le monde commençait à se demander ce qui se passait. On est une démocratie, la transparence doit exister, juge-t-elle.

Pour elle, cette transgression était en fait un appel à l'aide.

L'appel du maire, ça sentait un peu l'appel "Aidez-moi quelqu'un". Ce n'est pas souvent que Régis Labeaume va faire ça.

Une citation de :Agnès Maltais, ancienne députée de Taschereau et ministre responsable de la Capitale-Nationale

Ce qui l'inquiète maintenant, c'est ce qu'elle appelle le manque de respect des compétences de la CAQ à l'égard du maire de Québec et de son équipe du Bureau de projet. Pour le projet de tramway, je me fie à des gens compétents. En voulant présenter son propre projet, la CAQ vient miner leur travail et leur crédibilité, avance-t-elle.

C'est de la politisation à outrance!, lance-t-elle.

Comme ministre responsable de la Capitale-Nationale, elle rappelle avoir eu des discussions parfois musclées avec le maire, mais elle souligne qu'elle n'a jamais remis en doute sa compétence comme le fait la CAQ.

Gros village

Agnès Maltais n'aime pas entendre Régis Labeaume qualifier la Ville de Québec de gros village pour expliquer le manque d'équité entre Montréal et Québec pour les projets de transport collectif.

Elle ne pense pas que la capitale a perdu sa place, comme l'a soulevé le maire de Québec il y a quelques semaines. La ville est plutôt mal défendue par ses députés, croit-elle.

D'ailleurs, elle estime que le premier ministre est mal conseillé par son entourage sur le dossier du tramway. Les gens de Québec l'attendent ce projet-là depuis longtemps, ajoute-t-elle.

Elle croit aussi le maire Labeaume, qui se défend d'avoir manqué d'ouverture dans les négociations. Le premier ministre joue un jeu dangereux en laissant croire le contraire. Qu'est-ce que le premier ministre a compris du dossier pour qu'il aille dire une chose pareille? Je connais bien François Legault, c'est un gars pragmatique.

Elle qualifie de mantra l'obsession de la CAQ de vouloir mieux desservir les banlieues.

L'ancienne députée espère que le gouvernement n'ira pas jusqu'à imposer son projet une fois présenté.

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