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Le saumon sockeye de moins en moins diversifié en un siècle, selon une étude

Des saumons sockeye dans une rivière.

Le fleuve Fraser, en Colombie-Britannique, est le plus grand bassin versant pour le saumon sockeye au Canada.

Photo : Radio-Canada / Briar Stewart

Radio-Canada

Le stock de saumon sockeye (rouge) de la Colombie-Britannique présente une diversité en déclin de 70 % par rapport au siècle dernier, d’après une nouvelle étude de Michael Price, de l'Université Simon Fraser.

Ce constat a été établi à partir d’écailles de saumon rouge récoltées il y a plus d'un siècle. Celles-ci montrent en effet que les poissons qui retournent au fleuve Skeena sont moins diversifiés dans une proportion de 70 % par rapport à qu'ils étaient en 1913.

Il y a deux ans, Michael Price, un doctorant en sciences biologiques de la SFU, a entrepris pour la première fois des tests génétiques sur des écailles de saumon rouge qui ont été collectées depuis 1912, c’est-à-dire avant l'introduction des bateaux de pêche motorisés sur le fleuve Skeena, le deuxième bassin versant en importance du Canada pour le saumon.

Il a ensuite examiné des écailles de poissons recueillies entre 1913 et 1947 afin de montrer comment la diversité du saumon rouge qui retourne dans la rivière Skeena a aussi baissé de la même manière à cette période.

La diversité, preuve de résistance

Il y a au moins 13 saumons rouges génétiquement différents qui frayent dans les rivières ou les affluents du bassin versant de la rivière Skeena, et cela n'a pas changé en 100 ans, selon l'étude.

Cependant, Michael Price et son coauteur John Reynolds montrent que la grande majorité des saumons rouges retournant maintenant à la rivière Skeena pour frayer, environ 90 %, sont d'un type qui provient de la rivière Babine, un affluent de la rivière Skeena.

Un travailleur de Pêches et Océans Canada relance un saumon rouge dans la rivière Adams, un affluent du fleuve Fraser en Colombie-Britannique.

Selon Pêches et Océans Canada, à 18 degrés Celsius, le saumon rouge ne nage pas aussi bien.

Photo : Reuters / Andy Clark

M. Price dit que la souche prédominante de saumon rouge dans la rivière Skeena est sauvage, ce qui veut dire que les poissons ne sont pas nés dans une écloserie ou dans un chenal de frai contrôlé par l'humain. Cela pourrait avoir un impact sur la capacité du poisson à prospérer à mesure que le changement climatique et d'autres pressions sur les poissons progressent.

La diversité est vraiment un baromètre de la résistance qui fournit au saumon le potentiel d'adaptation afin de survivre et de s'épanouir dans un environnement de plus en plus variable.

Une citation de :Michael Price, doctorant en sciences biologiques à la SFU

Des politiques pour sauver le saumon

La recherche, réalisée en collaboration avec Pêches et Océans Canada, a été publiée lundi dans la revue scientifique Journal of Applied Ecology. Les chercheurs Micheal Price et John Reynolds espèrent que les nouveaux travaux aideront à prendre des décisions sur la façon de reconstruire les populations de saumon qui sont menacées.

Un pêcheur sur le bord du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique.

La montaison de grands saumons rouges dans le fleuve Fraser était jadis la plus grande montaison de saumon dans le monde.

Photo : Radio-Canada

Le saumon rouge, connu pour sa teinte rouge lors du frai, est un poisson prisé dans les pêches commerciales. Il est également essentiel dans l'alimentation des mammifères marins, des ours et des pygargues à tête blanche.

La réduction de sa diversité est aussi le résultat de la pêche ainsi que de la dégradation de l'habitat, souligne le doctorant de la SFU. L'étude a révélé que les écloseries et les frayères contrôlées ont contribué à une population de saumon rouge moins diversifiée dans le bassin hydrographique de la rivière Skeena.

Malgré le déclin de la diversité et de la population du saumon sockeye, Michael Price croit toujours que ce poisson a un avenir en Colombie-Britannique.

L'espoir pour moi réside dans la résistance de ces animaux. (...) Ils ont persisté à travers le changement climatique au cours des 10 000 dernières années. (...) ils persisteront à l'avenir.

Une citation de :Michael Price, doctorant en sciences biologiques à SFU

Cet optimisme n'empêche cependant pas de recourir à des mesures telles que la limitation des pêches et la restauration de l'habitat, pour empêcher que les stocks de saumon rouge ne se détériorent davantage, précise Michael Price.

D'après les informations de Bethany Lindsay

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