•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rencontre Trudeau-Biden : « Le leadership américain nous a vraiment manqué »

Justin Trudeau regarde un écran de télévision dans lequel apparaît Joe Biden.

Joe Biden et Justin Trudeau ont discuté par écrans interposés.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Relance économique et changements climatiques ont été au menu, mardi, du premier sommet rassemblant, à distance, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président des États-Unis, Joe Biden, qui ont promis de s'atteler aux défis communs des deux pays.

Pandémie oblige, la traditionnelle poignée de main a fait place à des salutations de loin entre des leaders répartis dans deux capitales, Ottawa et Washington, et réunis par vidéoconférence.

Il s'agissait de la toute première rencontre bilatérale du 46e président américain avec un dirigeant étranger, signe de l'importance qu'il entend accorder à la relation avec le voisin du Nord, mise à mal au cours des années Trump.

Le président et moi-même avons discuté de l'ambitieuse feuille de route du nouveau partenariat, fondée sur des valeurs et des priorités communes, qui guidera le travail de nos pays ensemble dans les années à venir, a déclaré Justin Trudeau à l'issue de leur entretien d'une durée de deux heures.

C'est le moment d'agir, a-t-il dit, évoquant la pandémie, la menace climatique et l'accroissement des inégalités. Nous ne perdons donc pas de temps à nous mettre au travail. La première tâche consiste à garder les gens en sécurité et à mettre fin à cette pandémie.

Joe Biden a insisté sur la coopération avec le Canada pour inciter les autres pays à relever des enjeux mondiaux, rappelant que les États-Unis avaient désormais réintégré l'Accord de Paris sur le climat.

Le Canada et les États-Unis vont travailler en étroite collaboration pour montrer le sérieux de notre engagement à l'étranger, a-t-il affirmé, insistant sur l'importance d'atteindre la cible de zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050.

Lors d’une séance d’information spéciale accordée à Radio-Canada, un haut responsable de l’administration Biden avait indiqué, lundi, que le développement d’une filière électrique nord-américaine figurait parmi les dossiers prioritaires.

Une feuille de route avec une liste concrète de choses à faire pour revigorer le partenariat entre les deux pays devait naître de cet entretien de haut niveau, qui n'a rien d’un sommet de routine, avait précisé cette source.

Réchauffement des relations

Le président Joe Biden et le secrétaire d'État, Antony Blinken, assis à la Maison-Blanche, où on voit un unifolié canadien, et Justin Trudeau entre des drapeaux américain et canadien, sur un écran.

Le premier ministre Justin Trudeau s'est entre autres entretenu avec le président Joe Biden et le secrétaire d'État américain, Antony Blinken.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

La réunion a d'ailleurs marqué un net changement de ton.

Les États-Unis n'ont pas d'ami plus proche que le Canada. C'est la raison pour laquelle mon premier appel en tant que président a été pour vous et ma première rencontre bilatérale a été avec vous, a affirmé d'emblée Joe Biden, avant le début formel des discussions.

Plus nous maîtriserons rapidement cette pandémie, mieux ce sera, et j'ai hâte de vous voir en personne, a-t-il déclaré.

Le premier ministre Trudeau, qui a marché sur des œufs pendant quatre ans avec un président américain impétueux, a d'ailleurs salué le retour des États-Unis sur la scène internationale, évoquant les enjeux environnementaux.

Merci encore d'avoir intensifié vos efforts pour lutter contre les changements climatiques, a-t-il dit à son interlocuteur.

Le leadership américain nous a vraiment manqué ces dernières années.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland, la vice-présidente américaine Kamala Harris, de même que les chefs des diplomaties des deux pays, Marc Garneau et Antony Blinken, ainsi que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, ont eux aussi participé à ce sommet virtuel.

Traditionnellement, les chefs d'État américains font du Canada leur première destination officielle. Depuis 1981, seuls les républicains George W. Bush et Donald Trump ont fait exception à la règle, le premier ayant opté pour le Mexique, le deuxième, pour l'Arabie saoudite.

S'il annonce une nouvelle attitude, le changement de garde à la Maison-Blanche ne laisse pourtant pas présager pour autant une relation dépourvue d'écueils.

Le resserrement récent des règles de la Buy American Act par le président Biden suscite des craintes du côté canadien.

En entrevue à Tout un matin au lendemain de la rencontre, la ministre canadienne des Finances, Chrystia Freeland, a confirmé qu'elle et des collègues ont discuté avec les Américains du Buy American Act, en plaidant que le Canada devrait être traité différemment des autres pays.

Nous avons expliqué à nos partenaires américains que le Canada, pour les États-Unis, ce n’est pas comme tous les autres pays, que nos économies sont si proches que nous fabriquons des choses ensemble. On verra. Mais je pense que vraiment on a réussi à expliquer à nos collègues que le Canada est différent, a-t-elle dit.

Les plans de relance économique des deux pays ont aussi fait partie des discussions. Ce n’est pas seulement le Canada qui voit des opportunités économiques aux États-Unis pour nos entreprises; pour eux aussi il y a des opportunités économiques ici, au Canada, avec les grands investissements que nous planifions, a-t-elle dit.

Les tensions avec la Chine aussi au menu

Le président Biden a également réitéré l'engagement de son administration pour aider Ottawa à obtenir la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor, qui sont tous deux emprisonnés en Chine depuis deux ans.

Il s'agissait de l'une des principales requêtes du premier ministre Trudeau.

Les êtres humains ne sont pas des jetons. Nous allons travailler ensemble pour obtenir leur retour en toute sécurité, a assuré M. Biden.

Le Canada et les États-Unis feront front commun contre la violation des droits universels et des libertés démocratiques.

Joe Biden, président des États-Unis

La détention des deux Canadiens, inculpés pour espionnage l'an dernier, a suivi de peu l'arrestation au Canada, à la demande du gouvernement américain, de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.

M. Biden a aussi indiqué que les deux pays avaient convenu de mieux coordonner leur approche pour défendre leurs intérêts et leurs valeurs communes vis-à-vis de Pékin.

Selon les comptes rendus officiels, le racisme systémique, les missions de l'OTAN, la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), les menaces à la cybersécurité, l'importance d'arrêter la propagation des armes de destruction massive et le contrôle des armes à feu ont aussi figuré parmi les sujets abordés.

Kamala Harris, une « source d'inspiration », dit Freeland

Devant les caméras, les dirigeants ont abondamment souligné les années passées à Montréal par Kamala Harris, pendant ses études au secondaire.

Madame la Vice-Présidente, que ce soit votre tante à Mississauga ou vos [anciens] amis à Montréal, tous les Canadiens sont si fiers de vous, a déclaré en français Chrystia Freeland. Quand la COVID-19 nous le permettra, ce sera un grand plaisir pour moi de vous accueillir encore une fois au Canada.

J'ai lu votre autobiographie, excellente, et je dois vous confier une chose, c'est que je suis aussi une anglophone et je suis d'accord avec vous : c'est difficile d'apprendre le français, a-t-elle poursuivi. Mais ça vaut la peine.

La numéro deux de l'administration Biden est une source d'inspiration pour les femmes et les filles, mais plus particulièrement pour celles qui sont noires ou originaires de l'Asie du Sud, a ajouté Mme Freeland.

Kamala Harris a fait figure de pionnière en étant la première femme ainsi que la première Noire et la première personne d'origine indienne à accéder à la vice-présidence des États-Unis.

Sa mère, une chercheuse en oncologie qui a amené ses deux filles au Canada, est d'origine indienne, et son père, d'origine jamaïcaine.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !