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Budget albertain : des choix difficiles pour Jason Kenney

Le palais législatif albertain.

Le gouvernement albertain doit déposer son budget 2021-2022 jeudi, vers 15 h.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Le gouvernement de Jason Kenney indiquera aujourd’hui dans son budget la direction qu'il entend prendre pour faire face à la situation fiscale difficile de l’Alberta. Avec un déficit et une dette records, ainsi que des revenus en chute libre, les redevances pétrolières ne pourront plus sauver la mise, selon plusieurs experts.

Le plan du premier ministre albertain était simple : pour revenir à l’équilibre budgétaire en quelques années, il sabrerait les dépenses publiques pour les ramener au niveau d’autres grandes provinces et stimulerait l’économie avec une baisse de la taxe sur les entreprises.

Ce plan n’est toutefois plus adéquat en raison de la pandémie de COVID-19, affirme l’économiste de l’Université de Calgary Trevor Tombe.

Le gouvernement avait en effet prévu de réduire le déficit des deux tiers entre 2020 et 2021. À la place, ce déficit a triplé pour atteindre plus de 21 milliards de dollars, selon la dernière mise à jour économique en novembre.

Les dépenses ont augmenté de plus de 4 milliards de dollars pour lutter contre la COVID-19 et pallier les conséquences économiques.

Le premier ministre a toujours refusé de se pencher sur les revenus, mais il n’aura plus le choix, croit Trevor Tombe. Ceux-ci se sont effondrés du quart au cours de la dernière année.

Le gouvernement enverra-t-il [dans ce budget] le signal qu’il est prêt à lancer une discussion sur des choix difficiles, plutôt qu’espérer simplement qu’une hausse des prix du pétrole règle le tout, se demande Trevor Tombe.

Un puits de pétrole abandonné au milieu de champs dans les collines proches des Rocheuses albertaines.

Le budget de l'Alberta dépend lourdement des redevances pétrolières.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

C’est ce qui avait d’ailleurs déjà été reproché au gouvernement conservateur uni au dernier budget lorsqu'il avait tablé sur un prix du baril de pétrole de 58 dollars américains.

Cette barre n’a jamais été dépassée en 2020, mais la tentation de miser sur les hydrocarbures est de retour, car il y a une lueur d’espoir pour le secteur pétrolier depuis le début de l’année.

Des taxes pour stabiliser le budget

Trevor Tombe estime qu’une taxe de vente provinciale implantée graduellement permettrait de stabiliser les revenus de la province, toujours à la merci des prix du pétrole.

La semaine dernière, le Conseil des affaires de l’Alberta, qui représente 90 présidents de grandes entreprises albertaines, a apporté son soutien à cette idée.

Jason Kenney y a toutefois toujours opposé un refus catégorique, et son ministre des Finances l’a réitéré.

Le gouvernement Kenney pourrait également rapatrier au niveau provincial la taxe carbone fédérale sur les consommateurs.

Ce ne serait donc pas une nouvelle taxe. On reprendrait simplement le contrôle des mains du gouvernement fédéral. Cela pourrait être une manière de présenter la chose pour le gouvernement provincial, en disant qu’il veut contrôler plus de leviers fiscaux. Cela pourrait fonctionner pour lui politiquement, croit Trevor Tombe.

Le politologue du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily n’en est pas aussi certain. Selon lui, ce qui a du sens économiquement n'a pas nécessairement de sens politiquement, puisque le premier ministre doit composer avec une base divisée entre les centristes et la frange ancrée à droite.

La question qui se pose est : où aller chercher des revenus pour ne pas rendre insatisfaite toute l’aile droite?

Une citation de :Frédéric Boily, politologue au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

C’est le gros problème du gouvernement et c’est la raison pour laquelle on risque de voir le gouvernement s’entêter à propos des coupures des dépenses, ajoute-t-il.

Frédéric Boily croit que des solutions existent, mais que tout dépend de la vitesse à laquelle le gouvernement Kenney souhaite revenir à l’équilibre budgétaire.

Plus il veut aller rapidement, plus les choix budgétaires seront difficiles. S’il repousse l’échéance, ça lui donne une marge de manœuvre plus grande, estime-t-il.

Le premier ministre a indiqué mardi qu'il ne croyait pas qu'il est possible de rééquilibrer le budget dans les deux prochaines années.

Au-delà des finances, le gouvernement doit aussi faire face à un taux de chômage persistant qui date d’avant la pandémie.

Son plan de relance de la fin du mois de juin misait sur les travaux d’infrastructures pour créer 50 000 emplois, mais plus d'un ces emplois sur dix devaient provenir du chantier du pipeline Keystone XL, aujourd’hui annulé.

Le ministre des Finances doit déposer le budget vers 15 h.

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