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Pierre Elliott Trudeau a voulu miner l'estime des Québécois en 1976, s'insurge le PQ

M. Trudeau salue en levant son chapeau.

L'ex-premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau a songé après l'élection du PQ à faire en sorte de déstabiliser l'économie du Québec, suggèrent des documents déclassifiés par le département d'État américain. On ne sait cependant pas si son plan a été mis de l'avant.

Photo : Getty Images

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon qualifie de « troublantes » les plus récentes révélations de CBC selon lesquelles l'ancien premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau aurait demandé à l'homme d'affaires Paul Desmarais de rendre la vie impossible au gouvernement Lévesque après son arrivée au pouvoir, il y a 45 ans.

Cette confidence aurait été faite par le grand patron de Power Corporation à l'ancien ambassadeur des États-Unis au Canada Thomas Enders, selon un télégramme diplomatique déclassifié discrètement il y a plusieurs années, et dont le réseau anglais de Radio-Canada a pris connaissance récemment.

Le document, transmis par l'ambassadeur Enders au département d'État américain, rapporte que Pierre Elliott Trudeau a demandé à Paul Desmarais de rendre les choses aussi difficiles que possible pour le gouvernement nouvellement élu du Parti québécois et de transférer discrètement des emplois hors de la province.

L’idée serait de faire passer le taux de chômage provincial de 10 % à 15 % ou même à 20 % l’année suivante, mentionne-t-il.

Près d'un demi-siècle plus tard, Paul St-Pierre Plamondon estime que ces révélations montrent que Pierre Elliott Trudeau savait qu'un Québec indépendant était viable sur le plan économique; qu'il avait peu d'arguments à offrir pour convaincre les Québécois de rester dans le Canada et qu'il a préféré miser sur la peur et les menaces.

Paul St-Pierre Plamondon en point de presse à l'Assemblée nationale.

Selon Paul St-Pierre Plamondon, ce n'est pas d'hier qu'Ottawa tente de déstabiliser les indépendantistes québécois par tous les moyens possibles.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

C'est troublant, mais en même temps, ce n'est pas surprenant, a-t-il déclaré en entrevue à Radio-Canada mardi après-midi. Le chef péquiste fait le parallèle avec le coup de la Brink's, l'emprisonnement arbitraire d'indépendantistes pendant la crise d'Octobre ou, plus récemment, le programme des commandites.

M. St-Pierre Plamondon est d'avis que ces stratégies – qui, selon lui, perdurent encore aujourd'hui, tant à Québec qu'à Ottawa – ont pour objectif de jouer sur l'estime de soi des Québécois et de leur faire croire qu'ils ne sont pas assez bons pour un jour avoir un pays normal, une démocratie normale.

Le Canada, pour garder le contrôle sur le Québec, va toujours être prêt à affaiblir le Québec sur le plan linguistique, culturel et économique.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Bien que Marc Lalonde, fidèle bras droit de Pierre Elliott Trudeau, affirme que les ministres de l'époque n'ont jamais demandé aux entreprises de retirer leurs billes du Québec et que Power Corporation soutienne ne pas avoir supprimé d'emplois après l'élection du PQ, M. St-Pierre Plamondon juge crédible la version des faits présentée dans le télégramme déclassifié par le département d'État américain.

La mémoire, elle est ce qu'elle est; on ne peut pas avoir de souvenirs précis d'événements d'il y a 40 ans. Les documents, eux, par contre, sont fiables. Et là, on parle d'un plan très, très concerté. Si on a prévu 15 % de chômage une année, puis 20 % une autre année, c'est qu'il y a des gens qui ont concocté un plan précis.

Pour avoir l'heure juste, le PQ entend proposer à l'Assemblée nationale de formuler une demande d'accès à l'information pour obtenir tous les documents qui pourraient être reliés de près ou de loin à cette affaire au ministère des Affaires mondiales du Canada et au Bureau du Conseil privé.

Une motion en ce sens sera déposée au Parlement à la reprise des travaux parlementaires, après la semaine de relâche, affirme M. St-Pierre Plamondon.

Le Bloc dénonce à son tour les manigances de Trudeau père

La session n'étant pas interrompue à Ottawa, le Bloc québécois, lui, a pu dès mardi soulever la question au Parlement.

En l'absence d'Yves-François Blanchet, c'est le député de Montarville, Stéphane Bergeron, porte-parole en matière d'affaires étrangères et d'affaires intergouvernementales, qui s'est insurgé aux Communes des plus récentes révélations de CBC.

Le premier ministre du Canada a manigancé contre l'économie du Québec dans l'intention avouée que des Québécoises et Québécois perdent leur emploi, a-t-il tonné en Chambre.

Pierre Elliott Trudeau s'est déshonoré, le Québec en prend acte et s'en souviendra.

Stéphane Bergeron, porte-parole bloquiste en matière d'Affaires étrangères et d'Affaires intergouvernementales

En entrevue à Radio-Canada mardi après-midi, M. Bergeron s'est dit scandalisé et révolté, même s'il n'est pas tombé en bas de [sa] chaise en prenant connaissance du reportage d'Elizabeth Thompson, mardi matin. Car, selon lui, l'histoire se répète.

Le député de Montarville prend pour exemple l'attribution de contrats navals à d'autres chantiers que la Davie; la gestion du dossier du bois d'oeuvre; le soutien à l'industrie énergétique dans l'Ouest canadien, à Terre-Neuve et en Ontario; les concessions offertes à l'étranger en lien avec le système de gestion de l'offre, etc.

C'est comme si le gouvernement fédéral avait délibérément voulu affaiblir le Québec pour convaincre les Québécoises et Québécois qu'ils n'ont pas les moyens de quitter la fédération canadienne [et] entretenir la dépendance du Québec à l'égard du Canada, observe-t-il.

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