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Santé mentale : des cliniques sans rendez-vous pour des soins plus accessibles au N.-B.

Une psychologue prend des notes en écoutant les propos d'une cliente.

La moitié des Néo-Brunswickois rapporte que la pandémie de la COVID-19 a eu un impact négatif sur leur santé mentale.

Photo : iStock

Afin d'améliorer l'accès aux services en santé mentale, le gouvernement du Nouveau-Brunswick annonce la création de 14 clinique sans rendez-vous. Ces cliniques, qui accueilleront leurs premiers patients en octobre, permettront de réduire les temps d'attente et de faciliter le premier contact.

La ministre de la Santé Dorothy Shephard en a fait l'annonce lors de la présentation de son plan d'action en santé mentale et en toxicomanie, mardi après-midi.

Les nouvelles cliniques seront greffées à des centres de soins déjà existants et les heures d’ouverture et le fonctionnement de chaque établissement seront différents.

Chaque collectivité aura l’occasion d’examiner les besoins et d’ajuster leurs plans opérationnels en fonction de cela, a souligné Dorothy Shephard.

La ministre de la Santé de la province du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard, le 20 octobre 2020.

La ministre de la Santé de la province du Nouveau-Brunswick, Dorothy Shephard.

Photo : Radio-Canada

Une telle clinique sans rendez-vous existe à Campbellton depuis deux mois et les résultats sont encourageants, selon la province.

Un total de 97 individus s’y sont présentés lors des premières semaines, et 94 % d’entre eux ont pu avoir un suivi immédiat, éliminant de surcroît une liste d’attente dans la région.

D’autres cliniques similaires pourraient éventuellement voir le jour dans les universités.

Il s’agit d’un plan d’action qui vise à apporter de vrais résultats, a-t-elle dit, mardi après-midi.

La demande pour des services en santé mentale et en traitement des dépendances a augmenté de 16 % au cours des cinq dernières années au Nouveau-Brunswick. La province enregistre aussi l'un des pires bilans au pays pour les temps d’attente afin de recevoir des traitements.

Le premier ministre a prononcé son discours sur l'état de la province à Fredericton, le mercredi 10 février 2021.

Lors de sa campagne électorale de 2020, le premier ministre Blaine Higgs avait promis d’investir davantage en matière de santé mentale et de traitement des dépendances.

Photo : Radio-Canada

Navigapp, des soins en ligne

La ministre Shephard souhaite également offrir aux Néo-Brunswickois une série de services plus accessibles. Pour ce faire, la province a également créé Navigapp, une plateforme virtuelle et conviviale.

Le projet pilote (Nouvelle fenêtre) a été lancé le 21 décembre 2020 au Nouveau-Brunswick. À ce moment, la province faisait déjà l'objet de critiques en raison de l’offre en soins de santé mentale.

La ressource en ligne sert principalement à diriger les citoyens vers des ressources en matière de santé mentale et de la toxicomanie.

Une capture d'écran de la page principale du site internet Navigapp au Nouveau-Brunswick.

L'interface Navigapp.

Photo :  Capture d’écran - Navigapp Nouveau-Brunswick

Une première version de Navigapp a vu le jour à Terre-Neuve-et-Labrador en 2015.

De renommée nationale et internationale, le Nouveau-Brunswick a suivi le pas pour l'offrir à son tour.

La province prévoit aussi lancer l’outil d’aide d’accompagnement en ligne Retrouver son entrain, où des accompagnateurs seront disponibles par téléphone ou au moyen de vidéos en ligne.

La nouvelle normalité

Plus de la moitié des Néo-Brunswickois rapportent que la pandémie de la COVID-19 a eu un impact négatif sur leur santé mentale.

Le besoin de soutien et de services continuera d’augmenter , peut-on lire dans le Plan d’action interministérielle 2021-2025 en matière de santé mentale.

En point de presse mardi, la ministre Dorothy Shephard a réitéré que les répercussions psychologiques créées par la pandémie et l'isolement ne s’effaceront pas du jour au lendemain.

Il faut que les individus cessent de visiter les salles d’urgence, et il faut faire en sorte que nos services en communauté s’améliorent continuellement .

Une citation de :Dorothy Shephard, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick

Des sites de préventions des surdoses

Il n'y a pas que la santé mentale qui a retenu l'attention de la ministre. La province propose également des moyens de lutter contre les dépendances.

Le Nouveau-Brunswick fait état d’une augmentation de 16 % des demandes pour des services liés au traitement de la toxicomanie depuis cinq ans.

Parallèlement, l’indice de gravité de la criminalité dans la province, souvent liée aux drogues, a augmenté de 9 % au Nouveau-Brunswick entre 2018 et 2019.

Des seringues par terre.

Le caractère clandestin de la consommation de drogue contribue à des milliers de morts par surdose chaque année au Canada.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

La ministre Shephard propose donc l’implantation de sites de prévention des surdoses.

Bien qu’il ne s’agit pas ici de sites d’injection supervisés, ces lieux seront toutefois des endroits où les drogues pourront être testées pour contrôler la qualité. Il sera aussi possible d’y laisser ses seringues en toute sécurité.

Nous voulons réduire le mal qui peut être fait. Nous voulons avoir un endroit sécurisé pour déposer et réduire les aiguilles souligne Dorothy Shephard.

La ministre souhaite aussi que la province demeure sous la moyenne nationale pour les séjours hospitaliers suite à des torts causés par l’usage de substance, ce qui n’est, pour le moment, pas le cas.

Des questions demeurent

Peu d’informations concrètes ont été communiquées sur le fonctionnement précis des futures cliniques sans rendez-vous.

Certains détails du plan d’action doivent aussi être précisés. Par exemple, la province indique vouloir s’inspirer du modèle islandais, qui, selon le document quinquennal de la province est l’une des meilleures pratiques mondiales pour la dépendance chez les jeunes et la prévention de la criminalité. Peu d’informations sur ce modèle n’ont cependant été communiquées.

Un utilisateur de méthamphétamine en cristaux

Le Nouveau-Brunswick enregistre un haut taux de consommateur de méthamphétamine en cristaux.

Photo : CBC

La province n’a pas mentionné mardi de stratégie de recrutements imminente pour des ressources psychiatriques.

La ministre Dorothy Shephard estime toutefois que toutes les provinces canadiennes font face aux mêmes défis de recrutement actuellement.

Il n'y a pas non plus d’ombudsman en santé mentale à l’horizon, malgré une motion adoptée à l’unanimité en 2019.

Un centre provincial de traitement pour jeunes devrait aussi voir le jour dans la province en 2024. Toutefois, le site précis retenu pour la création de ce centre n’a pas encore été dévoilé.

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