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Extrémistes à Edmonton : une condamnation de Kenney « trop lente »

Des dizaines de personnes encerclent des policiers et les filment avec leur téléphone intelligent.

Des manifestants ont encerclé des policiers lors de la manifestation de samedi devant l'Assemblée législative d'Edmonton.

Photo : CBC/Scott Neufeld

Après avoir été critiqué pour son silence, le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a condamné lundi les extrémistes présents lors d'un rassemblement devant l’Assemblée législative à Edmonton, samedi, mais sa réponse paraît insuffisante à certains experts.

Ce jour-là, des centaines de personnes ont manifesté sans masque contre les mesures de santé publique. Elles étaient beaucoup plus nombreuses que le maximum de 10 personnes permises pour un rassemblement extérieur, et la plupart ne respectaient pas les mesures de santé publique.

La police n'a arrêté qu'une seule personne.

Certains manifestants tenaient des torches, un symbole de suprémacisme blanc utilisé par les nazis et le Ku Klux Klan, et plus récemment par des suprémacistes blancs lors du rassemblement mortel de Charlottesville, en Virginie, en 2017.

Une vingtaine de personnes marchent dans la rue, certaines tenant des torches allumées, à côté de policiers à vélo.

Certains manifestaient brandissaient des torches, un symbole du suprémacisme blanc.

Photo : Twitter / Chris Hubick

La chef du Nouveau Parti démocratique albertain, Rachel Notley, a qualifié le silence du premier ministre, pendant deux jours, de scandaleux. Le maire d’Edmonton et plusieurs conseillers municipaux ont également condamné la manifestation.

Jason Kenney a finalement publié un communiqué lundi, vers 17 h 30.

Des racistes connus ont fait la promotion de la manifestation de samedi devant l’Assemblée législative, et des individus faisant partie de groupes haineux comme les Soldats d’Odin et les Infidèles urbains y ont assisté. Je condamne ces voix de l'intolérance dans les termes les plus forts, a affirmé le premier ministre.

Tout comme n’importe quelle manifestation publique d’envergure, il y avait probablement une panoplie de perspectives et de motivations parmi ceux qui y assistaient. Il n’y a aucun doute que certains sont venus simplement pour manifester leur opposition aux mesures de santé publique, ce qui est leur droit démocratique, a-t-il ajouté.

Ces [manifestants] ont la responsabilité de se dissocier des extrémistes qui fomentent la haine et la division et qui ont joué un rôle dans cet événement.

Une citation de :Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Bonne réponse, mais tardive

Selon le directeur du Réseau canadien anti-haine, Evan Balgord, le premier ministre a bien répondu à ces extrémistes, mais il l’a fait trop tard.

Le premier ministre met le doigt sur le problème, affirme Evan Balgord. Il affirme que chaque groupe extrémiste que son gouvernement surveille, sans exception, est impliqué dans les mouvements antimesures de santé publique au Canada.

Ils font partie de ce mouvement, ils sont acceptés. Ce mouvement ne peut pas être sauvé, explique M. Balgord. Il est trop tard pour que les organisateurs se dissocient de ces suprémacistes blancs, ils sont trop interreliés.

Selon Evan Balford, le premier ministre ne semble pas comprendre la dynamique de ces groupes. Il croit que le problème a empiré en Alberta notamment parce que Jason Kenney n’a pas été suffisamment ferme après les premières manifestations antimesures de santé publique, qui présentaient des éléments racistes.

Jason Kenney aurait dû faire cette déclaration à la première des six manifestations.

Une citation de :Evan Balgord, directeur du Réseau canadien antihaine

Il est important que les politiciens condamnent le racisme et l’extrémisme, croit le chercheur sur les crimes haineux et directeur du Bureau des droits de la personne, de la diversité et de l’équité à l’Université MacEwan, d’Edmonton, Irfan Chaudhry. C'est particulièrement important pour les minorités visibles, selon lui.

Cela crée un fort sentiment de reconnaissance de la part de ceux qui sont au pouvoir, dont ces communautés sont typiquement exclues, montre que c’est pris au sérieux, que c’est une question crédible et légitime, affirme Irfan Chaudhry.

Il estime que les élus municipaux d’Edmonton ont eu une meilleure réponse à ce type d’incidents au cours des derniers mois que le gouvernement provincial. La réponse de Jason Kenney était trop lente à ses yeux et contraste avec la rapidité avec laquelle il a répondu à d'autres types d'événements.

Les policiers seraient « trop complaisants »

Le Service de police d’Edmonton avait initialement qualifié la manifestation de samedi de paisible et affirmait tout faire pour protéger les droits et libertés des manifestants.

Cependant, le sergent Michael Elliott a par la suite affirmé sur les ondes de la radio de CBC que quatre agents avaient été agressés par des manifestants : Ils ont été frappés alors qu’ils tentaient de procéder à une arrestation. Ils ont été submergés.

Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent des manifestants en train d'insulter et de menacer des membres des médias. Des contre-manifestants se sont présentés sur place et des dizaines de policiers se sont interposés entre les deux groupes de protestataires.

Evan Balgord affirme que les services de police albertains ont été trop complaisants envers les manifestants antimesures de santé publique et extrémistes. Selon lui, cela a contribué à enhardir les manifestants.

Lorsque la police ne dissuade pas ces groupes [extrémistes], ils croient qu'elle les appuie.

Une citation de :Evan Balgord

Traiter ces manifestants avec tolérance, c’est la pire chose à faire, affirme Evan Balgord.

Le chercheur affirme que les services de police municipale qui ont clairement condamné ces actes racistes et ont arrêté en masse ces manifestants extrémistes ont vu une diminution du nombre de manifestations de ce genre.

Irfan Chaudhry croit également que la police d’Edmonton doit comprendre d’où viennent ces critiques. Le fait qu’elle ne fait pas toujours respecter la loi mine la confiance des gens dans ses actions, croit-il.

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