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Des centaines de travailleurs de la santé sanctionnés après une grève-surprise

Des travailleurs de la santé en grève.

Le syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) affirme qu'environ 800 travailleurs portent plainte contre les sanctions qu'ils ont reçues de Services de santé Alberta pour avoir participé à une grève illégale le 26 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / David Bajer

Radio-Canada

Services de santé Alberta (AHS) a sanctionné des centaines de travailleurs de la santé qui ont participé à une journée de grève-surprise provinciale en octobre dernier.

Selon leur syndicat, 771 d'entre eux ont déposé un grief contre l'employeur à la suite de la réception de leur lettre de sanction.

Vingt-sept autres travailleurs, qui ont été suspendus de leur travail pendant cinq jours, ont déposé des lettres de griefs pour contester les sanctions imposées par AHS.

Cette grève de 24 heures des travailleurs des hôpitaux et des établissements de santé de l'Alberta avait pour but de dénoncer le projet du gouvernement provincial de privatiser jusqu'à 11 000 de leurs emplois dans le service de blanchisserie, les services alimentaires aux patients, le nettoyage et d'autres fonctions de soutien.

La Commission des relations de travail de l'Alberta avait alors déclaré la grève illégale. Le syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) ne connait pas le nombre exact de lettres qui ont été envoyés.

AHS a reçu autant de griefs en une journée de protestation qu'elle en aurait normalement eu en deux ans de la part de l'AUPE, déclare Bonnie Gostola, vice-présidente de l'AUPE.

L'AUPE représente environ 90 000 travailleurs, dont 58 000 dans le secteur de la santé.

Une buanderie d'hôpital.

Le gouvernement albertain veut privatiser jusqu'à 11 000 emplois dans le service de blanchisserie, alimentaire, de nettoyage et d'autres fonctions de soutien.

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada Acadie

Le président de l’AUPE, Guy Smith, a affirmé la semaine dernière qu'aucun travailleur n'avait été licencié à la suite de la manifestation.

Guy Smith a aussi dit que AHS avait déposé une plainte contre l'AUPE devant la commission des relations de travail et doit prouver que le syndicat a joué un rôle dans l'organisation de la grève. Une allégation que les dirigeants syndicaux nient.

Selon le syndicat, AHS a également signalé des sanctions contre huit infirmières auxiliaires autorisées (IAA) à leur organisme de réglementation, le Collège des infirmières auxiliaires autorisées de l’Alberta.

Services de santé Alberta a déclaré qu'il s'agit d'une procédure standard lorsqu'un travailleur est sanctionné. Si le collège prend des mesures, cela pourrait affecter les capacités des infirmières à travailler en tant qu'infirmières auxiliaires autorisées.

Le gouvernement, qui a déclaré que les emplois existeront toujours dans le secteur privé, s’attend à économiser environ 600 millions de dollars par an, grâce à ces nouvelles mesures.

Des sanctions stupéfiantes

Quand j'ai vu le nombre de travailleurs sanctionnés, j’en suis restée bouche bée. C'est stupéfiant, dit Jason Foster, professeur agrégé en ressources humaines et relations de travail à l'Université d'Athabasca.

Lors de grèves-surprises passées, les employeurs ont concentré leurs sanctions sur quelques meneurs suspects ou sur le syndicat représentant les travailleurs, explique-t-il.

Selon lui, le fait que AHS distribue des centaines de lettres de réprimande est sans précédent.

Il ne s'agit pas que de ces 800 travailleurs, dit-il. Je pense que c'est un message envoyé à tous les autres syndicats du secteur public. Nous n'allons pas tolérer cela.

Une année difficile

Les travailleurs du secteur public albertain s'attendent à une année 2021 tumultueuse, alors que la province est aux prises avec des revenus pétroliers et gaziers bas, une pandémie et une récession mondiale.

Le ministre des Finances de l'Alberta, Travis Toews, a déclaré que le gouvernement prévoyait poursuivre les réductions de salaires des employés du secteur public afin de réduire les dépenses gouvernementales.

Kerry Williamson, porte-parole de AHS, explique qu'une approche globale aidera à traiter le volume sans précédent de griefs.

Il déclare également que le traitement des lettres de griefs n'entraînera aucun coût supplémentaire pour AHS, puisqu'elles seront traitées à l'interne.

AHS n'a pas voulu dire combien de membres du personnel avaient fait l'objet de mesures disciplinaires en rapport avec la grève du 26 octobre et n'a pas fourni de raison pour garder ce chiffre secret.

Kerry Williamson dit que les sanctions sont basées sur le rôle de chaque travailleur dans la grève-surprise et la façon dont les soins aux patients en ont été affectés.

De la nourriture présentée devant un patient.

Les travailleurs des services alimentaires aux patients font partie des emplois que veut privatiser le gouvernement albertain.

Photo : Radio-Canada

Tensions sur les lieux de travail

Bob Barnetson, professeur de relations professionnelles à l'Université d'Athabasca, pense que les sanctions risquent d'entacher l'atmosphère sur les lieux de travail.

Après ces sanctions, des tensions entre les travailleurs qui ont quitté leur travail pour faire la grève et ceux qui ne l'ont pas fait, ainsi qu’entre employés et dirigeants pourraient surgir, dit-il.

Alors que la nouvelle des sanctions se répand, il pense qu'il sera plus difficile de recruter et de conserver des employés à des postes déjà mal payés et qui pourraient bientôt disparaître.

Bien que les emplois supprimés puissent réapparaître dans le secteur privé, il est probable que le salaire offert y sera plus bas, explique-t-il.

Christina Gray, porte-parole du Nouveau Parti démocratique albertain en ce qui concerne le travail et l'immigration, dit que le gouvernement punit certains des travailleurs les moins bien payés et les moins protégés du système de santé alors qu'ils sont déjà épuisés par la pandémie.

C’est choquant, le temps qui est investi dans ces actions, le nombre de lettres [de sanctions], ce qui se passe pour exercer des représailles contre ces travailleurs, déclare-t-elle.

Elle ajoute que le système de santé devrait se concentrer sur le maintien de la santé des personnes pendant cette pandémie, et non sur la montagne de travail administratif que les sanctions et le traitement des griefs qui s'en suivent génèrent.

Avec les informations de Janet French

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