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Des associations réclament l'accès au vaccin pour les travailleurs migrants

Gros plan d'une seringue qui pique le haut d'un bras.

Les associations ne veulent pas que les renseignements personnels des migrants et des sans-papiers soient transmis aux autorités.

Photo : Reuters / Valentin Flauraud

Des dizaines d’associations publient une lettre ouverte pour demander aux provinces et au gouvernement canadien d'adopter une stratégie afin de permettre aux migrants et aux personnes sans papiers d'avoir accès au vaccin contre la COVID-19.

L’organisme Migrant Rights Network, qui défend les droits des migrants et combat le racisme, est au cœur de cette démarche. Il indique que les personnes migrantes et sans papiers sont en première ligne durant cette pandémie.

Certains des taux les plus élevés d'infection par la COVID-19 concernent les migrants vivant et travaillant dans des espaces où ils sont regroupés tels que des fermes, des usines et des entrepôts, peut-on lire dans la lettre.

Nous occupons souvent des emplois essentiels qui soutiennent nos communautés, mais nous avons été exclus des services et des protections.

Une citation de :Extrait de la lettre des associations

La coalition d’associations dénonce le manque de couverture médicale pour les migrants et les personnes sans papiers. Elle mentionne également la réticence de ces derniers à se rendre à des établissements de santé, craignant que leurs informations personnelles ne soient transmises à certaines agences gouvernementales.

Protéger l'anonymat

Les organismes signataires de la lettre notent que certains employeurs menacent déjà de renvoyer ou de faire expulser les travailleurs qui ne se seront pas fait vacciner.

Ils formulent donc une liste de demandes :

  • Les vaccins doivent être gratuits
  • Les cartes et les numéros d'assurance maladie ne doivent pas être exigés
  • Aucun renseignement sur l’identité, l’adresse ou le statut d’immigration ne doit être requis
  • L'immunisation ne doit pas être obligatoire

Les organismes souhaitent qu’une campagne d'information en plusieurs langues soit lancée. Ils veulent également que tous les migrants aient immédiatement droit à l’assurance maladie, peu importe leur statut.

Des travailleurs essentiels, mais sans papiers

Pour illustrer ce qu'il considère comme une inégalité criante, Migrant Right Network a organisé mercredi une conférence en ligne au cours de laquelle sont intervenus différents acteurs du monde de la santé qui soutiennent son initiative.

Deux travailleuses sans papiers ont également pris la parole. Parmi elles, Lily qui est arrivée au Canada en 2014 grâce au programme fédéral des aides familiaux résidents qui n'existe plus et qui travaille dans un centre de soins de longue durée de Toronto.

Mon travail au quotidien consiste à aider les résidents à prendre soin d'eux-mêmes, ce qui inclus les bains, se brosser les dents, se raser et changer de vêtements. Je les assiste également en leur rappelant de prendre leurs médicaments, en nettoyant leur chambre, en les nourrissant, en les aidant à faire de l'exercice, explique-t-elle.

Les résidents et le personnel ont reçu leurs deux doses de vaccin, ce qui n'a pas été mon cas parce que je n'ai pas de carte de santé.

Une citation de :Lily, travailleuse sans papiers.

Lily estime qu'elle est en danger au même titre que d'autres travailleurs essentiels. Je suis en première ligne tous les jours comme toutes les autres personnes qui vivent et travaillent dans ces foyers, mais alors qu'ils sont maintenant mieux protégés contre le virus, je ne le suis pas, précise-t-elle.

Interrogé par Radio Canada au sujet de la disponibilité des provinces et du gouvernement fédéral à discuter de la question du vaccin pour les migrants, Syed Hussan, coordinateur chez Migrant Workers Alliance for Change indique que indiquent que des conversations sont en cours.

Il précise toutefois que ces conversations ne sont pour le moment pas fructueuses. Mais il n’y a pas suffisamment d'attention investie pour développer de vrais mécanismes efficaces pour s’assurer d’un accès [aux vaccins] sans crainte pour tous les migrants, conclu-t-il.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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