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Archives

Le musée Stewart bat au cœur de l’histoire du Canada

Vue partielle du fort de l'île Sainte-Hélène qui abrite le Musée David Stewart.

Le Musée Stewart ferme ses porte à l'île Saint-Hélène de Montréal après 65 ans d'activité.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 16 février 2021, le Musée Stewart, installé dans le fort de l’île Sainte-Hélène au parc Jean-Drapeau de Montréal, a annoncé qu’il fermait ses portes. L’établissement existait depuis plus de 65 ans.

L’idée de David M. Stewart

La collection du Musée de l’île Sainte-Hélène est une collection d’histoire coloniale d’abord […] Nous entendons tout ce qui vient avant 1867.

Une citation de :Guy Vadeboncoeur, conservateur du Musée de l’île Sainte-Hélène, 1982

Le 21 juin 1982, Winston McQuade, qui anime Telex Arts, nous présente le Musée de l’île Sainte-Hélène.

Telex Arts, 21 juin 1982

C’est l’homme d’affaires et collectionneur montréalais David Macdonald Stewart qui crée en 1955 le Musée d’histoire militaire dans le fort de l’île Sainte-Hélène.

Le Musée loge à ses débuts au Blockhaus. Par la suite, il s’agrandit et occupe successivement les casernes, la petite poudrière et enfin l’arsenal du dépôt militaire.

Au cours des années 1960, le Musée lance un programme d’interprétation de l’histoire militaire coloniale française et britannique avec des reconstitutions de la Compagnie franche de la Marine et du Olde 78th Fraser Highlanders.

Nommé par la suite Musée de l’île Sainte-Hélène, il deviendra le Musée Stewart au décès de son fondateur en 1984.

Comme le souligne le conservateur Guy Vadeboncoeur, la particularité de l’établissement est qu’il rend accessible à tout le monde des documents historiques de première importance.

Les artéfacts montrés lors d’expositions sont des originaux.

Une exposition pour les 350 ans de Montréal

En 1992, Montréal souffle ses 350 bougies.

C’est l’occasion pour le Musée Stewart de présenter le premier volet d’un projet, Montréal, une histoire à suivre, qui rappelle les origines de la métropole québécoise jusqu’au début du 18e siècle.

Montréal ce soir, 19 mai 1992

La journaliste Hélène Tainturier visite l’exposition dont elle nous rapporte un compte-rendu présenté au Montréal ce soir le 19 mai 1992.

Marie-Claude Lavallée anime l’émission.

L’exposition contient quantité de documents précieux. Un quart de ceux-ci proviennent de France.

Quant aux autres documents, ils ont été méthodiquement conservés par les communautés religieuses, et particulièrement les Sulpiciens, qui étaient les seigneurs de l’île de Montréal.

Plusieurs documents sont vraiment exceptionnels.

On peut y voir notamment un des premiers livres racontant en français en 1545 les voyages du découvreur du Canada Jacques Cartier.

Dans une autre salle, on peut admirer un document qui contient à la fois les signatures du fondateur de la ville de Montréal, Pierre de Chomedey de Maisonneuve, et de Lambert Closse, un des premiers colons à s’établir sur l’île.

L’exposition achève son périple en 1701 alors qu’est signée la Grande Paix de Montréal avec les chefs de 32 nations autochtones.

On peut admirer les signatures totémiques des chefs ainsi que le calumet de la paix qui mettent fin aux guerres intermittentes entre Français et Autochtones.

D’autres expositions, comme celle sur l’empereur Napoléon Ier, présentée en 1999, ont connu un vif succès.

Un musée fait pour l'évasion

Au mois d’août 2018, le Musée Stewart propose une activité inhabituelle : un jeu d'évasion.

Les gens qui y participent sont des prisonniers du musée d’où ils doivent s’évader!

Montréal ce soir, 24 août 1993 (extrait)

Le journaliste Yves Bernard nous raconte dans un reportage présenté au Montréal ce soir le 24 août 1993 ce chapitre sombre de l’histoire du fort de l’île Sainte-Hélène qui a inspiré le Musée Stewart. En voici un extrait.

Montréal ce soir est animé ce jour-là par Pierre Craig.

Nous sommes entre 1940 et 1943 en pleine Seconde Guerre mondiale.

L’Italie fasciste se bat aux côtés de l’Allemagne nazie contre les Alliés.

Le fort a été transformé en camp d’internement pour des prisonniers italiens capturés sur le front. C’est le camp S.

Or, parmi les prisonniers, on retrouve aussi des citoyens canadiens d’origine italienne.

On les enferme, car on craint qu’ils ne soient des espions. Plusieurs d’entre eux sont nés au Canada.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 6000 Canadiens d’origine italienne, dont 3000 Montréalais, seront incarcérés par le gouvernement du Canada.

Cette histoire demeurera longtemps cachée dans les Archives nationales à Ottawa.

Le gouvernement fédéral ne présentera des excuses officielles qu’en 1993.

L’aventure du Musée Stewart se terminera bientôt au fort de l’île Sainte-Hélène.

Mais les collections pourront, dans un avenir prochain, être présentées avec celles du Musée McCord au centre-ville de Montréal.

Une plateforme en ligne sera aussi lancée pour les rendre accessibles dès l’automne 2021.

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