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Ce laboratoire français cherche un vaccin universel contre tous les coronavirus

Osivax vise la nucléocapside, au coeur du virus, moins sujette aux mutations que la surface extérieure.

Une employée à l'oeuvre dans un laboratoire.

Une employée du laboratoire d'Osivax, à Lyon.

Photo : Radio-Canada

Variants anglais, sud-africain ou encore brésilien, la mutation du SRAS-CoV-2 fait repartir les contaminations à la hausse et suscite l'inquiétude quant à l'efficacité des vaccins de Moderna, Pfizer-BioNTech ou encore AstraZeneca. Dans les laboratoires tout neufs d’une petite firme de biotechnologie à Lyon, en France, on aborde le problème d'un autre angle.

Ici, la course, c’est celle d’un vaccin universel contre toutes les formes de coronavirus. La cofondatrice d'Osivax, Florence Nicolas, dirige la petite équipe de ce laboratoire.

En fait, notre concept initial n’était pas de se préparer pour ces variants, parce que quand on a commencé à travailler sur ce projet, l’année dernière, les variants n’avaient pas encore émergé, explique Mme Nicolas.

Une femme dans un laboratoire, photographiée en gros plan et portant un couvre-visage.

Florence Nicolas, co-fondatrice d'Osivax, une firme qui a des bureaux en France et en Belgique.

Photo : Radio-Canada

Notre concept, c’était d’avoir un vaccin qui pourrait protéger contre une future épidémie de coronavirus.

Une citation de :Florence Nicolas, cofondatrice d'Osivax

Il faut savoir qu’il y en a déjà eu plusieurs. Il y a eu le SARS-CoV-1, il y a eu le MERS-CoV, maintenant, SARS-CoV-2. Les variants n’étaient pas arrivés, mais on envisageait une nouvelle épidémie avec un autre coronavirus, ajoute la scientifique.

Les vaccins actuels cherchent tous à déclencher une réponse d'anticorps en ciblant la surface du virus – la protéine S, pour spicule (spike, en anglais). C’est cette même protéine que l’on voit actuellement muter pour donner les nouveaux variants.

Représentation graphique de la protéine S sur des variants du coronavirus.

Le vaccin que développe Osivax lui, vise le coeur du virus : la nucléocapside.

Représentation graphique de la nucléocapside au coeur du coronavirus.

La nucléocapside est beaucoup moins sujette aux mutations que l'enveloppe extérieure du coronavirus.

Photo : Radio-Canada

L’avantage, c’est que cette partie du virus est beaucoup moins sujette aux mutations que la surface extérieure.

Plus long à produire, mais plus durable

Osivax n’est pas partie de rien pour élaborer son vaccin contre la COVID-19. Depuis 2014, les chercheurs à l’origine de l’entreprise innovante planchent sur un vaccin universel contre la grippe qui s’appuie sur le même principe.

Gros plan de mains gantées de caoutchouc qui insèrent la pointe d'une seringue dans un flacon, en laboratoire.

Osivax travaille aussi, depuis 2014, à développer un vaccin contre la grippe qui fonctionne selon le même principe.

Photo : Radio-Canada

On va en faire jusqu’à ce qu’on soit contents du procédé de purification, à savoir qu’il faut que le procédé de purification donne le produit de la bonne qualité et aussi que l’on puisse ensuite mettre le procédé à l’échelle, explique Florence Nicolas.

Parce que là, au niveau du laboratoire, on va travailler sur quelques dizaines de milligrammes de produit. Mais après, quand on voudra développer le processus à grande échelle, il faut que ce procédé soit applicable à des millions de doses.

Une citation de :Florence Nicolas, cofondatrice d'Osivax
Gros plan d'une main tenant un flacon sur lequel est inscrit un code et la température.

En laboratoire, les chercheurs travaillent sur quelques dizaines de milligrammes de produit. Mais, à grande échelle, le procédé doit être applicable à des millions de doses.

Photo : Radio-Canada

La petite équipe d’Osivax a reçu 15 millions d’euros (près de 23 millions de dollars canadiens) de la Banque publique d’investissement de la France et une somme équivalente du Conseil européen pour l’innovation. Ces 46 millions de dollars sont les bienvenus, mais on est loin, très loin des 2,5 milliards octroyés par les États-Unis à Pfizer avant même que son vaccin ne soit prêt.

S’il leur faut plus de temps pour franchir le fil d’arrivée, les chercheurs d’Osivax misent sur la durabilité de leur approche.

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