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La dette d’Énergie NB préoccupe la vérificatrice générale

La centrale nucléaire de Point Lepreau

Les projets d'immobilisations comme la mise en état de la centrale de Pointe Lepreau pèse lourd sur la dette du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / CBC

Énergie NB décroche le titre de service public d’énergie le plus endetté au pays. Sa dette de 4,9 milliards de dollars et son ratio d’endettement de 94 % compromettent sa pérennité et risquent de nuire à la capacité d’emprunt de la province.

Aucun autre service public comparable n’a atteint un ratio d’endettement aussi élevé que 90 %, révèle la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-MacPherson, dans son dernier rapport.

Le ratio d'endettement — les dettes d'une société par rapport à sa valeur nette — intéresse tout particulièrement les banques au moment d'évaluer la solvabilité d'un emprunteur et de décider d'accorder ou non un prêt.

Une dette qui pourrait doubler d'ici 10 ans

La société d'État avait bel et bien un plan pour réduire sa dette, mais les objectifs fixés n'ont pas été atteints : elle a réduit sa dette de 20 millions de dollars par année, alors qu'elle aurait dû l'amputer de 65 millions.

Mme Adair-MacPherson juge important qu’Énergie NB priorise l’assainissement de ses finances alors que doivent s’amorcer trois importants projets de rénovation au cours des 10 prochaines années, soit la mise en état des centrales électriques de Mactaquac, de Belledune et de Coleson Cove.

Le coût de ces trois projets combinés s’élève à près de 4 milliards de dollars et pourrait ainsi faire grimper la dette à près de 10 milliards d'ici 2031.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-Macpherson, a présenté les volumes II et III de son rapport, le mardi 23 février 2021.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-Macpherson, a présenté les volumes II et III de son rapport, mardi.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Trop de coûts futurs incertains

La vérificatrice générale reproche également à la société d'énergie un manque de précision dans la projection de ses coûts.

En plus de lui recommander de réduire sa dette, elle lui demande de quantifier l’incidence de certains coûts futurs qui échappent à son contrôle, comme les prix du marché du combustible et de l’électricité, les taux de change, les taux d’intérêt et les conditions météorologiques.

Elle lui demande aussi de s'engager à mieux prévoir la capacité de la centrale de Point Lepreau, remise en état en 2013, après un investissement de 2,3 milliards de dollars.

Le barrage de Mactaquac atteindrait sa durée de vie utile en 2030 si rien n'était fait d'ici là.

Le barrage de Mactaquac, au Nouveau-Brunswick, est aux prises avec des problèmes de détérioration du béton (archives).

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Les grands projets d’immobilisations comme Point Lepreau et Belledune constituent le principal facteur de la dette, souligne-t-elle.

Des hausses de tarifs à prévoir?

Pour qu’Énergie NB atteigne son ratio d’endettement cible — chose qui n’a pas été faite depuis 10 ans — Kim Adair-MacPherson recommande à la société de la Couronne de se doter d’un plan d’action rigoureux s’échelonnant sur six ans.

Ce plan assorti de cibles précises devrait inclure des détails de progrès et des justificatifs pour tout écart.

Énergie NB a accepté de se plier aux exigences, mais n’a pas précisé si celles-ci allaient avoir des conséquences sur les tarifs d’électricité pour les consommateurs.

La vérificatrice générale a par ailleurs fait observer que la société affiche des hausses de tarifs plus faibles que celles des sociétés de services publics comparables dont le niveau d’endettement est élevé, sans pour autant recommander de but en blanc une hausse de tarifs.

Dans une entrevue à Radio-Canada, Kim Adair-MacPherson a par la suite précisé que, selon elle, Énergie NB n'a pas besoin d'augmentations importantes des tarifs pour atteindre ses objectifs si elle se concentre sur l'amélioration de la prévisibilité de ses coûts.

Un nouveau plan piloté par un nouveau PDG

À la lumière des informations révélées, Keith Cronkhite a du pain sur la planche, croit le chef par intérim du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, à propos de celui qui a succédé à Gaëtan Thomas à titre de président-directeur général d’Énergie NB en mars 2020.

Est-ce qu’il faut avoir davantage d’efficacité au plan opérationnel? […] Je souhaite que le nouveau PDG, avec son équipe de gestion, est en train de regarder à ça et qu’ils vont arriver avec un nouveau plan d’affaires.

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