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Cher, l’enseignement en français? Pas si vite, disent des professeurs de la Laurentienne

Campus universitaire de la Laurentienne.

L'Université Laurentienne s'est placée à l'abri de ses créanciers au début de février en raison de défis financiers sans précédent.

Photo : CBC/Erik White

Le Regroupement des professeur.e.s francophones de l'Université Laurentienne (RPF), qui compte 130 membres, demande au recteur Robert Haché de renforcer les programmes en français de l'établissement « au lieu d'en faire l'objet de compressions ».

Il soutient que le fait français qui caractérise l'établissement n'est pas un fardeau monétaire, mais plutôt une source de revenus et de richesse.

Les programmes en français ne causent pas de pertes financières pour la Laurentienne. C’est tout le contraire.

Une citation de :Regroupement des professeur.e.s francophones de l'Université Laurentienne, par communiqué

Ils permettent à [l'établissement] de bénéficier d’une subvention majeure - 12 millions de dollars par an - du Programme des langues officielles en enseignement du ministère du Patrimoine canadien, précisément pour offrir ces programmes en français, détaille le RPF.

L'an passé, les subventions gouvernementales de l'Université Laurentienne s'élevaient à 86 M$, soit environ 40 % de ses revenus.

Défendre l'offre en langue française

La sortie du RPF s'inscrit dans le cadre du processus de restructuration sous supervision judiciaire de l'Université Laurentienne.

Celle-ci a notamment mis en cause de nombreux programmes avec de faibles niveaux d'inscription qui ne sont pas viables financièrement pour justifier son insolvabilité. L'établissement a également fait part de son intention de revoir son offre de cours afin de maintenir l'établissement postsecondaire à flot.

Pour les professeurs francophones, ce fut un signal d'alarme, selon Denis Hurtubise, membre du comité de coordination du RPF et professeur de philosophie.

En français, on a un certain nombre de programmes plus petits. De facto, même si l'Université n'a pas parlé d'une attaque frontale contre les programmes français, dans les faits, ils sont particulièrement visés de par leur nature.

Une citation de :Denis Hurtubise, membre du comité de coordination du RPF et professeur de philosophie

Conséquemment, le regroupement de professeurs affirme son intention de défendre l'offre et le renforcement des programmes en français.

Les programmes en français de la Laurentienne jouent, et de manière particulièrement forte, un rôle moteur pour le développement économique, social et culturel de la communauté francophone minoritaire du Nord-Est de l’Ontario depuis 60 ans, soutient-il dans un communiqué.

Il estime aussi que les programmes en français seront essentiels à l'avenir, notamment pour assurer le succès de la Place des Arts.

Une gouvernance par et pour les francophones

Le RPF a aussi soif d'autodétermination : il demande à ce que les programmes en français soient gérés par et pour la communauté francophone du Moyen-Nord après la « crise » financière de l'établissement.

Autrement dit, que ceux-ci bénéficient d'une autonomie décisionnelle et financière afin de favoriser le développement et la pérennité de l'enseignement universitaire de langue française.

Le Regroupement espère également éviter que ne se reproduise la situation déplorable dans laquelle ces programmes sont plongés depuis le 1er février 2021, date à laquelle l'Université Laurentienne s'est déclarée insolvable.

Étant donné le processus de restructuration en cours, l’Université Laurentienne n’accorde pas d’entrevue à Radio-Canada.

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