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Foyers de soins : le Nouveau-Brunswick accusé de faire du surplace

Une préposée sert du gâteau à une résidente de la maison de retraite St. Barbara à Stuttgart, dans le sud de l'Allemagne, le 17 novembre 2020.

La province n’est pas prête à affronter le vieillissement de sa population, selon la vérificatrice générale (archives).

Photo : AFP / THOMAS KIENZLE

Le Nouveau-Brunswick échoue à répondre à la demande de places dans les foyers de soins et n’est pas prêt pour faire face au vieillissement de sa population. C’est entre autres ce qui ressort du volume II du rapport de la vérificatrice générale de la province, Kim Adair-MacPherson.

Les aînés représentaient 19,5 % de la population néo-brunswickoise lors du dernier recensement en 2016. Il est prévu que ce pourcentage plus que double d’ici 2036.

La province n’est pas prête pour la hausse du nombre de personnes âgées qui auront besoin d’être placées dans un établissement résidentiel, a déclaré Kim Adair-MacPherson.

Le rapport — une mise à jour vis-à-vis des recommandations de 2016 non reliée à la COVID-19 —, souligne que la liste d’attente pour un lit en foyer de soins ne cesse de s’allonger et qu'environ la moitié des personnes âgées sur la liste attendent à l’hôpital.

Cette situation engendre des millions de dollars en coûts supplémentaires et des soins inadéquats pour un nombre croissant de personnes âgées vulnérables, dénonce-t-elle.

Deux ans de retard

Kim Adair-MacPherson note par ailleurs que le ministère du Développement social n’atteint pas ses objectifs fixés dans le cadre d’une stratégie sur le vieillissement, le Plan pour les foyers de soins 2018-2023 (Nouvelle fenêtre). Selon elle, le plan affiche au moins deux ans de retard.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-Macpherson, a présenté les volumes II et III de son rapport, le mardi 23 février 2021.

La vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-Macpherson, a présenté les volumes II et III de son rapport, mardi.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

La vérificatrice générale fait aussi état d’une surveillance insuffisante de la stratégie et d’un manque d’exactitude dans les rapports publics.

Le ministère n’a commencé à établir des cibles qu’en août 2020, soit deux ans plus tard, et se targue d’avoir réalisé 35 % des recommandations de 2016, alors que de nombreuses mesures ne sont pas mesurables.

Sourde-oreille et surplace

Pour l'Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB), le rapport de la vérificatrice générale constitue un argument de taille pour faire valoir une cause qui patine et dont les conclusions ressemblent à un refrain familier.

Depuis une vingtaine d’années, c’est à répétition. Toute la question de la démographie, du vieillissement de la population, mais les gouvernements n’ont pas pris d’actions, dénonce Jean-Luc Bélanger, directeur général par intérim de l’organisme.

Jean-Luc Bélanger portant un casque d'écoute donne une entrevue par visioconférence.

Jean-Luc Bélanger, directeur général par intérim de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Le ministère du Développement social attribue les retards accusés au roulement de personnel, aux priorités rivales et à la réponse à la pandémie de COVID-19.

Mais plutôt que de s’être attaqué au problème sous-jacent de roulement de personnel, le gouvernement a dépensé quelque 350 000 $ pour contester le droit de grève des employés qui réclamaient un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail l’an dernier, rappelle M. Bélanger.

L’argument de la pandémie comme facteur aggravant n’a rien fait de plus pour attirer son indulgence, alors que des milliards de dollars en transferts fédéraux ont été mis à la disposition des provinces afin qu’elles améliorent, notamment, la situation dans les foyers de soins de longue durée. Le gouvernement Higgs a de l’argent sur la table du fédéral, mais on ne va pas le chercher, parce que le fédéral veut qu’il y ait des conditions, déplore-t-il.

Enquête réclamée

L’AFANB réclame une enquête sur les soins de longue durée dans la province.

On a besoin d'une enquête publique sur toute la question du vieillissement, car il y a beaucoup d’inquiétude, souligne M. Bélanger.

L'idée déjà soulevée par le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick en octobre avait d'ailleurs été qualifiée d'inopportune dans le contexte de la pandémie par le ministre du Développement social, Bruce Fich. Pourtant, la population des aînés est très inquiète, encore plus en ce moment avec la pandémie, insiste Jean-Luc Bélanger.

Le ministre Fitch soutient que 600 lits supplémentaires sont prévus au cours des cinq prochaines années. D'ici là, le ministère du Développement social s'est aussi engagé à réviser les cibles fixées dans le cadre du Plan pour les foyers de soins 2018-2023.

Reste également à voir si des surprises pour améliorer la situation figureront au prochain budget, qui doit être déposé en mars.

Avec les informations de Karine Godin

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