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Avarie sur un Boeing 777 : les moteurs étaient dans la ligne de mire des autorités

L'hypothèse de la « fatigue du métal » est privilégiée par les autorités pour expliquer les problèmes de moteur du Boeing 777 d'United Airlines qui survolait Denver.

Une photo prise d'un hublot montre le feu dans le réacteur d'un avion volant à haute altitude.

Selon le bureau américain chargé de la sécurité des transports, la « fatigue du métal » est la piste privilégiée pour expliquer pourquoi le réacteur droit d'un Boeing d'United Airlines a pris feu samedi.

Photo : La Presse canadienne / AP/Chad Schnell

Agence France-Presse

Le régulateur américain responsable de l'aviation, la FAA, envisageait d'imposer des inspections plus strictes des moteurs de Pratt & Withney avant l'incident spectaculaire d'un Boeing 777 survenu samedi aux États-Unis, à la suite d'une avarie similaire fin 2020.

À la suite d'un incident sur une pale de soufflante le 4 décembre 2020 sur un vol de Japan Airlines, la FAA a examiné les dossiers des inspections effectuées et l'historique de maintenance du moteur (et) a procédé à un examen métallurgique du fragment de pale de soufflante pour déterminer la cause de la fracture, a indiqué le régulateur dans un message transmis mardi à l'AFP.

Le régulateur était en train d'évaluer la nécessité d'ajuster les inspections des lames, autrement dit il était question d'éventuellement renforcer les inspections, a confirmé un porte-parole.

La FAA avait aussi procédé à l'examen d'environ 9000 rapports d'inspection des pales après un autre incident impliquant les moteurs Pratt & Withney équipant les Boeing 777 le 13 février 2018 sur un vol d'United Airlines entre San Francisco et Honolulu.

L'agence avait à l'époque émis une consigne de navigabilité demandant aux opérateurs d'effectuer des inspections initiales puis répétées sur les pales en service tous les 6500 cycles, a précisé la FAA dans son message.

Ces informations sont communiquées au moment où les regards sont tournés vers le régulateur, dont l'inaction avait été décriée dans la crise du 737 MAX, un autre avion de Boeing cloué au sol en mars 2019 après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Le bureau américain responsable de la sécurité des transports, le NTSB, a en effet indiqué lundi soir que la fatigue du métal était la piste privilégiée pour expliquer la panne de moteur qui a affecté un vol de la compagnie United Airlines sur un Boeing 777-220 samedi.

L'avion venait de décoller de Denver (Colorado) pour Honolulu (Hawaï) avec 231 passagers et 10 membres d'équipage quand son réacteur droit a pris feu et a perdu son carénage, obligeant les pilotes à faire demi-tour en urgence.

Un examen préliminaire sur place indique des dommages compatibles avec une fatigue du métal, a déclaré lundi Robert Sumwalt, président du NTSB, lors d'un point de presse.

Des hommes observent le réacteur endommagé d'un avion dans un hangar.

Le Boeing 777 d'United Airlines est maintenant stationné dans un hangar de l'aéroport de Denver, où il fait l'objet d'inspections.

Photo : Reuters / NTSB

On parle de fatigue d'un matériau quand celui-ci a été modifié dans le temps, ce qui peut entraîner des fissures et éventuellement une rupture de la structure.

M. Sumwalt a également confirmé que deux des pales de la soufflante avaient été endommagées. L'une d'elles a été retrouvée sur un terrain de foot, l'autre est restée logée dans le moteur.

La FAA, qui avait dès dimanche soir ordonné des inspections supplémentaires sur les Boeing 777 motorisés par Pratt & Whitney, publiera une nouvelle consigne de navigabilité pour ces appareils une fois que ses experts en sécurité auront terminé d'examiner les données disponibles sur le vol.

Plusieurs experts avançaient déjà que l'incident du 777 aux États-Unis relève davantage d'un problème de maintenance ou de moteur que de la conception de l'avion par Boeing.

En service depuis plus de 25 ans sans accident majeur, l'appareil a une réputation très solide, a souligné Michel Merluzeau, expert du cabinet AIR.

Le problème actuel n'a rien de comparable avec la crise du Boeing 737 MAX, a aussi estimé Richard Aboulafia, un analyste du Teal Group, spécialiste de l'aéronautique.

Après toutes ces années de service, il est improbable qu'il s'agisse d'un problème de conception du moteur, c'est certainement quelque chose qui a à voir avec la maintenance, a-t-il dit.

Un gros débris d'avion devant une maison.

Les débris de l'appareil de United Airlines se sont écrasés sur un quartier de Denver, au Colorado.

Photo : AP

Boeing a recommandé dimanche soir la suspension des vols des 128 appareils concernés dans le monde, et une porte-parole a confirmé lundi à l'AFP qu'ils étaient tous immobilisés.

Parmi eux, 69 étaient en service, dont 24 chez United Airlines, 13 chez Japan Airlines (JAL), 19 chez All Nippon Airways (ANA), 7 chez Asiana et 6 chez Korean Air. Les 59 autres appareils étaient stockés à part.

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