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Le nom du père S.A. Dionne ne sera pas effacé du paysage à Tracadie, le maire s'explique

L'aréna S.A. Dionne, à Tracadie.

L'aréna S.A. Dionne, à Tracadie.

Photo : Facebook - Aréna S.A Dionne

Pascal Raiche-Nogue

La Municipalité régionale de Tracadie ne retirera pas le nom du défunt père Stanislas A. Dionne de son aréna. La décision est tombée lundi soir lors de la réunion du conseil municipal.

Les conseillers ont voté à l’unanimité pour rejeter la demande de changement de nom de cette infrastructure étant donné que la Municipalité n’a pas reçu de preuve formelle quant aux allégations visant le défunt prêtre catholique.

Les élus n'ont pas débattu de la motion et la question a été réglée en moins d’une minute. Ils n’ont pas indiqué quelles démarches ont été effectuées pour vérifier les allégations visant le défunt père S.A. Dionne.

Les élus municipaux de Tracadie participent à une réunion. Ils sont séparés par des panneaux de plexiglas et portent des masques.

Le conseil municipal de Tracadie lors de sa réunion de lundi soir (capture d'écran).

Photo : Radio-Canada

À la fin janvier, un défenseur des victimes de prêtres catholiques agresseurs, Lowell Mallais, a demandé au conseil municipal de retirer le nom de S.A. Dionne de l’aréna et de la piscine de la communauté.

Stanislas A. Dionne était un prêtre catholique et un bâtisseur bien connu dans la région. Il est décédé en 2013 à l’âge de 92 ans. Il n'avait jusqu'à maintenant pas fait l'objet d'allégations publiques d'inconduite sexuelle ou d'agression sexuelle.

Lowell Mallais allègue toutefois qu’il connaît des hommes qui ont été agressés sexuellement par S.A. Dionne lorsqu’ils étaient mineurs et que deux d’entre eux ont été indemnisés par le diocèse de Bathurst.

Ces deux présumées victimes – qui souhaitent garder l’anonymat et à qui Radio-Canada n’a pas pu parler – ont été accompagnées par l’avocat René A. LeBlanc, de Moncton dans leurs démarches auprès du diocèse.

René A. LeBlanc appuie la démarche de Lowell Mallais. Il a envoyé une lettre au conseil municipal de Tracadie, dans laquelle il dit que le père Dionne ne mérite pas d’être célébré et que lui et les deux présumées victimes espèrent que les élus vont agir de façon rapide afin de corriger ce mal.

Lorsque la demande de changement de nom a été reçue, en janvier, la Municipalité régionale de Tracadie, l’a transmise à ses conseillers juridiques.

Le maire, Denis Losier, a dit à l'époque prendre ce dossier très au sérieux, mais qu’il voulait vérifier les allégations avant de prendre quelque décision que ce soit.

Le maire de Tracadie explique la décision

En entrevue, le maire Denis Losier affirme que les conseillers juridiques de Tracadie se sont penchés sur ce dossier au cours des dernières semaines.

Il leur avait demandé de vérifier si le père S.A. Dionne avait été ciblé par des poursuites et s'il avait eu des démêlées avec la justice.

Denis Losier affirme qu'ils ont rendu un rapport de deux ou trois pages la semaine dernière. Ces informations ont été présentées à huis clos au conseil municipal.

Ils ont fait la recommandation au conseil que tout de suite, il n'y avait rien comme information qui nous permettait d'aller dans la direction qui était proposée, affirme Denis Losier.

Radio-Canada a demandé au maire si les conseillers juridiques ont pu confirmer ou infirmer que le diocèse de Bathurst a versé un dédommagement à deux victimes présumées du père S.A. Dionne.

Denis Losier n'a pas répondu clairement à cette question. Il a réitéré que les conseillers avaient le mandat de contacter le diocèse.

S’il n’y a rien qui a été apporté à notre attention, c’est probablement qu’il n’y a eu aucune confirmation de part et d’autre qui a été fait à ce sujet-là de façon positive, a-t-il affirmé.

De quelles autres preuves ont-ils besoin?

Lowell Mallais, le défenseur des victimes de prêtres agresseurs qui a demandé à Tracadie d'effacer le nom de S.A. Dionne du paysage, est déçu de cette décision.

Il s’agit de la deuxième fois qu’il tente de faire effacer le nom d’un prêtre à Tracadie. Il pensait que sa demande serait acceptée cette fois-ci, vu qu’elle était appuyée par un avocat.

Cette fois-ci, je pensais que j'avais les preuves. De quelles autres preuves ont-ils besoin?

Lowell Mallais pense que ce refus de la part des élus de Tracadie risque de décourager les victimes présumées de prêtres agresseurs de raconter leur histoire.

Respecter des personnes mortes, qu’est-ce qu’on fait avec les morts-vivants, les victimes de ces prêtres-là? Qu’est-ce que ça prend pour avancer? Ce n’est pas ce que la Ville (la Municipalité régionale de Tracadie) vient de faire qui va aider les victimes. À Tracadie, le silence règne encore.

Il demande d’ailleurs au diocèse de Bathurst de dévoiler la liste de tous les prêtres qui ont été visés par des allégations d’agressions sexuelles et dont les victimes présumées ont reçu un dédommagement.

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