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Après une 3e éclosion de COVID-19, l’armée arrive à Pimicikamak

Des militaires et des Autochtones qui portent un masque devant une tente blanche.

Des membres des Forces armées canadiennes, de l'Assemblée des chefs du Manitoba et de Manitoba Keewatinowi Okimakanak Inc. se sont rendus à Pimicikamak le week-end dernier pour évaluer la meilleure façon de lutter contre la troisième éclosion de COVID-19.

Photo : Gracieuseté : David Monias

Radio-Canada

Vingt-cinq membres des Forces armées canadiennes sont arrivés mardi matin dans la Première Nation de Pimicikamak pour aider la communauté d’environ 8000 personnes à lutter contre la propagation du coronavirus.

Les militaires sont arrivés à 10 h, a indiqué le chef de la Première Nation, David Monias, lors d’une entrevue avec Radio-Canada. Ils devraient rester deux semaines, mais des réévaluations seront faites au 7e et au 12e jour de leur séjour.

C’est un soulagement, lance le chef. Je ne mets pas mon peuple en danger, ces gens [les militaires] sont habitués à gérer ce genre de situation et j’espère qu’on va pouvoir apprendre de leur expertise et travailler avec eux.

Ils ne sont pas là pour prendre le contrôle, on est là pour les aider et leur fournir de la main-d'œuvre, a tenu à rappeler le chef Monias.

Évaluation de la situation faite en fin de semaine

Située à environ 530 kilomètres au nord de Winnipeg, Pimicikamak est en proie à une troisième éclosion de COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Lundi, il y avait 178 cas actifs recensés dans la Première Nation, également connue sous le nom de Cross Lake, dont 87 cas touchaient des enfants.

Dans un échange lundi avec CBC, David Monias a raconté que des militaires se sont rendus dans la communauté le week-end dernier pour évaluer la meilleure façon d'endiguer la pandémie dans cette région.

L’armée se chargera de la coordination avec les dirigeants et les partenaires de la Première Nation, effectuera des contrôles de bien-être, établira et gérera de nouveaux dispositifs d'isolement et aidera à sensibiliser la population aux règles de santé publique, a expliqué M. Monias.

Selon les conditions météorologiques et la finalisation des modalités de transport, les membres des Forces armées canadiennes pourraient être à Pimicikamak d'ici mardi. David Monias mentionne qu’elles devraient rester deux semaines, mais que des réévaluations seront faites aux 7e et au 12e jour de leur séjour.

Leur venue est un grand soulagement pour notre communauté, a affirmé le conseiller Donnie McKay, qui supervise les questions de santé pour la Première Nation.

Selon lui, Pimicikamak a eu 260 cas de COVID-19 depuis le 8 février, et environ 6,4 % des membres de la Première Nation ont été déclarés positifs.

Les infirmières travaillant au poste de soins de la communauté travaillent 24 heures sur 24 et elles sont fatiguées. L'arrivée de l'armée va donc alléger leur charge, a expliqué Donnie McKay.

Vue aérienne d'une communauté située sur un lac.

En date de lundi, il y a 178 cas actifs connus de COVID-19 à Pimicikamak, également connu sous le nom de Cross Lake. (archives)

Photo : HTFC Planning and Design

L'une des choses les plus importantes dont nous avons besoin, ce sont les ressources que nous n'avons pas dans la communauté, et que d'autres villes et villages ont au Manitoba ou ailleurs dans des communautés non autochtones, a poursuivi Donnie McKay.

Nous sommes constamment en manque de personnel dans cette communauté.

Donnie McKay, conseiller et superviseur des questions de santé pour Pimicikamak

Contacté par CBC, le ministère de la Défense nationale n’a pas fourni plus d’information sur l’intervention militaire.

L’aide humanitaire dans les communautés autochtones

C'est la cinquième fois que des membres des Forces armées canadiennes sont envoyés dans une communauté autochtone du Manitoba pour aider à lutter contre la COVID-19.

Au début de ce mois, les militaires ont été envoyés dans la Première Nation Pauingassi pour apporter une aide humanitaire. Cette communauté de 500 personnes, située à un peu plus de 280 kilomètres au nord-est de Winnipeg, comptait 145 cas actifs connus lorsque l'armée est arrivée.

Un avion militaire se trouve au sol et des militaires déchargent l'avion.

Seize militaires sont intervenus dans la Première Nation de Pauingassi au début du mois de février. (archives)

Photo : Force armées canadiennes

Un ambassadeur de l'Assemblée des chefs du Manitoba (AMC), James Favel, a confirmé qu'une équipe de 30 ambassadeurs de l'AMC se rendra bientôt dans la Première Nation de Cross Lake.

Nous essayons d’aider la communauté à faire une petite pause et à guérir, a-t-il déclaré.

David Monias a expliqué que l'équipe restera à l'école D.R. Hamilton et apportera un soutien complémentaire à l’intervention militaire.

Il s'agit notamment de la mise en place de postes de contrôle, de la fabrication de trousses d’équipement de protection individuelle (EPI) et de paniers de nourriture, de la réalisation de contrôles de bien-être et de la distribution du courrier, a expliqué M. Favel.

Il a ajouté que Pimicikamak attendait également des nouvelles de Manitoba Keewatinowi Okimakanak inc. en ce qui concerne concernant le déploiement de son équipe de santé mentale et de crise pour aider les personnes isolées qui peuvent souffrir d'anxiété, de dépression ou de pensées suicidaires.

La communauté commence à être fatiguée par la pandémie. Les gens sont stressés, frustrés et n'ont pas l'habitude d'être enfermés dans leur maison pendant de si longues périodes, a précisé Donnie McKay.

De nombreux aînés ont appelé pour demander pourquoi ils ne peuvent pas voir leur famille et dire qu'ils se sentent seuls, a-t-il confié. C'est le genre de frustrations et de contrariétés que les gens ressentent, et nous ne les blâmons pas parce qu'ils n'ont pas l'habitude d'une telle situation.

Avec les informations de Nicholas Frew et Julien Sahuquillo

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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