•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Forte présence de l'anglais dans les manifestations au Myanmar

Des manifestants tentent de rallier le reste du monde à leur cause en utilisant la langue de Shakespeare.

Les manifestants habillés de rouge portent des pancartes rédigées en anglais.

Des manifestants à Rangoon, le 21 février.

Photo : Reuters

Reuters

« We want democracy » (Nous voulons la démocratie) est écrit en énormes lettres blanches dans une rue de la plus grande ville du Myanmar, Rangoon. Plus loin, « Justice for Myanmar » a été gravé sur une rangée de pastèques par des protestataires opposés au coup d'État du 1er février. Le message « Reject Military » est, quant à lui, inscrit sur les t-shirts d'un groupe de manifestants.

Le point commun de tous ces messages outre leur ton revendicatif? Tous sont rédigés en anglais.

Alors que la langue de Shakespeare n'est utilisée quotidiennement que par une minorité de Birmans dans le pays qui compte 53 millions d'habitants, elle est souvent dominante parmi les slogans et les pancartes de protestation, alors que les manifestants tentent de faire passer leur message anti-coup d'État au reste du monde.

Écrire en anglais est plus efficace qu'écrire en birman, souligne l'étudiant Ko Ko Lwin, 21 ans, qui a atteint sa majorité lorsque le Myanmar s'est ouvert au monde et dont la génération est maintenant à l'avant-garde des manifestations.

Nous voulons que la communauté internationale nous aide, a-t-il ajouté.

Des centaines de personnes brandissant des pancartes sont assises au milieu d'une rue.

« Respectez nos votes », « Nous ne voulons pas un gouvernement militaire », peut-on lire sur les pancartes de Birmans rassemblés devant la Banque centrale du Myanmar pour protester contre la junte, mardi, à Rangoon.

Photo : Getty Images / AFP/YE AUNG THU

Depuis près de trois semaines, les manifestations attirent quotidiennement des centaines de milliers de personnes dans les rues du pays. Les manifestants s'opposent au coup d'État des généraux qui ont allégué une fraude lors des élections tenues en fin d'année dernière.

Free our leader, lit-on sur des milliers de pancartes en anglais faisant référence à Aung San Suu Kyi, qui est (re)devenue le symbole de la résistance face au régime militaire.

L'utilisation de l'anglais par les manifestants a attiré le mépris du ministre de l'Information nommé par la junte Chit Naing. Écrire en anglais, demander aux autres de les aider et d'intervenir dans notre pays? Je ne suis pas une personne stupide et impuissante pour en venir à faire ça, a-t-il déclaré aux médias d'État en Birmanie.

Reconnaissez la dignité de votre race et de vos parents. Vous n'êtes pas seuls. Ne manquez pas de respect et de dignité à l'égard de votre nation.

Chit Naing, ministre de l'Information

Depuis l'indépendance du pays vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1948, l’usage de l'anglais a décliné en faveur de la langue de la majorité ethnique bamar, qui est désormais la langue officielle dans un pays comptant plus de 130 groupes ethniques.

Deuxième langue

Mais même si une génération plus connectée émergeait dans la transition vers la démocratie qui a débuté en 2011, les compétences en anglais sont restées généralement faibles au Myanmar. Selon une enquête de 2020, le pays se classe au 93e rang parmi les 100 pays évalués pour la maîtrise de l’anglais.

Mais ces campagnes à l'étranger ne semblent guère influencer les généraux dans ce qui est devenu l'un des pays les plus reclus du monde.

Les réactions internationales, les déclarations et les sanctions n'ont aucun effet.

Thant Myint-U, historien

Les manifestants disent que le soutien étranger leur remonte le moral et mine également la crédibilité de la junte tout en mettant l'accent sur la répression sanglante des manifestations.

Les manifestants demandent des sanctions contre la junte plus sévères que les mesures limitées prises jusqu'à présent par les États-Unis et quelques pays occidentaux. Nous avons besoin de l'armée américaine pour sauver notre situation, mentionnaient en anglais certaines des pancartes brandies devant l'ambassade des États-Unis cette semaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !