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Fermeture de la patinoire : « le coeur de Duguayville » frappé par la pandémie

La patinoire de Duguayville

La patinoire de Duguayville a fermé ses portes jeudi dernier.

Photo : Radio-Canada / René Landry

C'est un peu à reculons que les responsables de l'Association des sports et loisirs de Duguayville ont ouvert la patinoire, en janvier, en raison de règles contraignantes pour empêcher la propagation de la COVID-19. Un mois plus tard, c'est à regret qu'ils doivent y interdire l'accès.

Trois adolescents jouent au hockey sur une patinoire extérieure. En temps normal, cette scène très « canadienne » serait banale, à Duguayville comme ailleurs. Mais pas ces temps-ci.

La patinoire de Duguayville est déserte.

La patinoire de Duguayville est déserte.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Deux des jeunes ne portent pas de masque ni de visière. Un inspecteur de la santé publique qui passe par là relève la chose et lance un avertissement au président de l'association.

Au Nouveau-Brunswick en phase orange, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics intérieurs. Dans les espaces publics extérieurs, il faut porter le masque lorsque la distanciation physique de 2 mètres ne peut être maintenue.

Au téléphone, le président de l'Association des sports et Loisirs de Duguayville, Jean-Paul Doiron, est visiblement mal à l'aise. Il ne veut pas faire d'entrevue à la radio, encore moins à la télévision. Mais, il explique qu'il n'avait pas vraiment le choix. Il ne peut pas jouer constamment à la police et surveiller les jeunes en tout temps. Il veut bien sûr éviter des problèmes de santé publique et une amende salée à son groupe de bénévoles.

Patinoire de Duguayville

La petite patinoire extérieure a été prise au piège par la pandémie.

Photo : Radio-Canada / René Landry

J'en ai eu des frissons

Duguayville est une toute petite communauté située entre Paquetville et Saint-Isidore. Il n'y a pas d'église, ni de cinéma, ni de caisse populaire. Mais il y a cette cabane de l'Association des sports et loisirs, près de la patinoire, où, en temps normal, on se réunit pour jouer aux cartes au son du feu qui crépite dans un poêle à bois. Et les jeunes jouent sur la patinoire.

En temps normal, les plus vieux jouent aux cartes dans la cabane, tandis que les jeunes s'amusent sur la patinoire.

En temps normal, les plus vieux jouent aux cartes dans la cabane, tandis que les jeunes s'amusent sur la patinoire.

Photo : Radio-Canada / René Landry

C'est juste à côté de notre maison. Des fois, on sort dehors et on entend les jeunes jouer et crier. On entend la vie.

Jennyfer Brideau, résidente de Duguayville

Une jeune mère de deux enfants, Jennyfer Brideau, a été consternée par la fermeture soudaine de la patinoire.

Jennyfer Brideau et ses enfants

Jennyfer Brideau, 25 ans, et ses deux enfants, Akémy Thibodeau Brideau , 8 ans, et Kayden Brideau Losier, 4ans.

Photo : Gracieuseté

Quand j'ai su que c'était fermé, j'en ai eu des frissons, admet-elle. Voir des enfants faire du sport, c'est magique. C'est incroyable de les voir s'épanouir. Dans le monde d'aujourd'hui, on veut tellement que les enfants grandissent vite. La seule façon pour eux de canaliser toutes ces émotions, c'est d'aller faire du sport. Là, ils ne le peuvent plus.

C'est vraiment le coeur de Duguayville qui vient de fermer.

Jennyfer Brideau, résidente de Duguayville

Des inquiétudes pour les projets à venir

Sous le coup de l'émotion, dans la communauté et sur les réseaux sociaux, certains ont exprimé leur déception, leur colère. Les uns ont pesté contre les règles de santé publique, les autres se sont demandé ce que les enfants avaient pu faire pour mériter tel sort.

Les résidents de Duguayville ont beaucoup d'amour pour leur patinoire.

Les résidents de Duguayville ont beaucoup d'amour pour leur patinoire.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Jean-Paul Doiron préférerait qu'on n'ébruite pas trop cette histoire de la patinoire de Duguayville, de crainte de causer d'autres dommages à la petite communauté et à son lieu de rassemblement. Un voisin inquiet mentionne que M. Doiron craint qu'une controverse vienne menacer les beaux projets qu'il a en tête.

Une pensée pour Jean-Paul

La patinoire de Duguayville n'est pas la seule à être frappée par la lourdeur et la complexité des règles de santé publique. Des ligues de hockey ont cessé leurs activités. D'autres patinoires n'ont même pas ouvert leurs portes. Les tournois de hockey sur étang à Tracadie et « au quai », à Caraquet, n'ont pas eu lieu. Même les activités de la Ligue nationale de hockey ont été chamboulées par la pandémie.

Les jeunes ont dû se résigner à prendre leurs distances de la patinoire de Duguayville.

Les jeunes ont dû se résigner à prendre leurs distances de la patinoire de Duguayville.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Des résidents, comme Jennyfer Brideau, tiennent à faire savoir qu'ils vont continuer à épauler plus que jamais celui qu'ils appellent simplement Jean-Paul.

Je n'ai entendu personne lancer la pierre au gérant de la patinoire parce qu'on comprend tous cette situation-là, assure-t-elle. Il tentait de faire respecter les restrictions, les affiches nécessaires étaient là. Tout était en règle. De son point de vue, il ne pouvait pas contrôler ce que les autres font un coup qu'ils sont sur la glace. Donc, il a préféré fermer la patinoire pour ne pas mettre tout le monde à risque.

Il ne peut pas toujours tout voir. C'est normal, c'est un humain et il n'a que deux yeux.

Jennyfer Brideau, résidente de Duguayville

Elle affirme que cette patinoire, c'est la deuxième maison du président de l'association. C'est sa vie, lance-t-elle. Il est là du matin au soir pour que notre communauté ait quelque chose à faire.

Patinoire de Duguayville

Jennyfer Brideau a préféré raconter à ses enfants qu'il ne pourraient pas jouer sur la patinoire parce que la glace était trop molle...

Photo : Gracieuseté

Puis elle songe aux dizaines de jeunes à qui elle montrait à jouer au soccer dehors, l'été, à Paquetville. Les voir courir derrière un ballon l'émerveillait à chaque fois. Avant de réaliser à nouveau que la pandémie venait réellement de frapper à Duguayville.

C'était comme un endroit pour que les jeunes s'épanouissent. Le coeur me fend en mille miettes.

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