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L’immigration francophone hors Québec connaît un coup d'arrêt en 2020

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

En 2019, près de 8500 immigrants francophones se sont installés à l'extérieur du Québec. Ils n'étaient que 5755 en 2020.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Après avoir connu une croissance constante ces dernières années, presque toutes les provinces hors Québec ont observé un recul du nombre de nouveaux résidents permanents francophones en 2020, selon des données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

À l'échelle du pays, cette baisse est estimée à 32 %.

Seule la Nouvelle-Écosse poursuit sa progression en matière d’immigration, et l'Île-du-Prince-Édouard reste stable.

Au-delà de la question francophone, c’est l’immigration au Canada dans son ensemble qui semble avoir été freinée. En 2020, selon IRCC, 184 370 nouveaux résidents permanents ont été admis, comparativement à 341 175 l'année précédente, soit une diminution de 45 %.

À titre d'exemple, l’Alberta a enregistré 465 nouveaux résidents permanents francophones en 2020, comparativement à 600 en 2019, soit une baisse de près de 23 %. Isabelle Laurin, directrice générale de l’Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) explique qu'après le choc en apprenant cette chute, l'organisme a pu se rassurer en comparant ce nombre avec ceux du reste du pays. L’Alberta a toujours eu cette attractivité au niveau de l’immigration et de l’immigration francophone, dit-elle.

Oui, il y a une chute, oui, elle est majeure, mais quand même, quand on se compare, on peut se consoler. Je pense que ce sont des tendances que l’on voyait venir notamment avec la fermeture des frontières et le télétravail qui a eu des implications assez majeures sur le ministère responsable de l’approbation des demandes.

Isabelle Laurin, directrice générale de l’ACFA

Isabelle Laurin ne s’inquiète pas trop des répercussions sur la francophonie albertaine, puisque les chiffres vont, selon elle, augmenter de nouveau dans les prochaines années. Elle pense plutôt aux personnes qui restent en Alberta dans l’attente et avec un statut souvent plus précaire. Selon elle, il faut s’assurer qu’elles peuvent bénéficier de l’accompagnement dont elles ont besoin pour se diriger vers la résidence permanente.

Derrière toutes les données d’immigration, on parle de gens, d'êtres humains, rappelle-t-elle.

La question des chiffres de 2021 se pose déjà

Avec les restrictions d'entrée aux pays, le visa Expérience internationale Canada - un visa vacances-travail (PVT) - n’a pas permis l'arrivée de nombreux jeunes Français et Belges au pays. Après une année d'expérience professionnelle au Canada, beaucoup d’entre eux peuvent présenter une demande de résidence permanente, mais cela ne sera donc pas le cas. Un nombre d’invitations limitées et l’obligation d’avoir trouvé un emploi avant de venir ont grandement compliqué les démarches.

Selon Julie Meunier, la cofondatrice du site Pvtiste.net, un site d’information et d’entraide gratuit sur le permis vacances-travail, les répercussions devraient se faire sentir dans les chiffres de 2021 malgré un récent tirage massif dans le bassin Entrée express.

Vingt-sept mille personnes ont été extraites du bassin d'Entrée Express et il y a sans doute des Français et des Belges dedans, donc ça devrait faire augmenter les chiffres, explique-t-elle. Pour les autres, ce sont autant de personnes perdues qui ne sont pas sur le territoire et qui auraient dû l'être et qui auraient sans doute lancé des démarches dans les prochains mois ou l'année qui arrive.

Elle rappelle que seulement 4000 visas PVT ont été données aux Français en 2020, contre 15 000 en 2019, et qu’il y a donc énormément de candidats qui attendent, entre 20 000 et 30 000 .

Parmi eux, certains souhaiteront peut-être tenter de rester au-delà des deux ans de leurs visas et donc lancer des démarches d’immigration, de quoi permettre au gouvernement d’inverser la tendance à l'issue de la pandémie.

« Si les règlements, les lois s’assouplissent, on a un grand bassin »

Dorra Gdoura dirige le programme Connexions Francophones, qui aide les nouveaux arrivants avant leur arrivée au Canada. Selon elle, l’organisme a vu une diminution draconienne de sa clientèle entre janvier 2020 et janvier 2021, soit de 60 %, francophones et anglophones confondus.

Elle espère que, pour atteindre ses objectifs en matière d’immigration, le gouvernement favorisera les personnes déjà présentes au Canada, comme les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers.

Je pense qu'il faut mettre l'emphase pour trouver des solutions alternatives pour atteindre nos cibles importantes pour la vitalité économique du Canada, dit Mme Gdoura, et surtout pour la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire.

Elle rappelle qu'Ottawa s’est fixé comme objectif une cible de 4,4 % d’immigrants francophones hors Québec d’ici à 2023.

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