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Mort de Sam Fitzpatrick au travail : 12 ans plus tard, toujours pas de procès au pénal

Sam Fitzpatrick.

Sam Fitzpatrick est mort lors d'un accident de travail en 2009, il avait 24 ans.

Photo : Christine Tamburri

Radio-Canada

La famille et les amis de Sam Fitzpatrick attendent toujours que ceux qu'ils tiennent pour responsables soient jugés. Il y a 12 ans, l'homme de 24 ans est mort après avoir été écrasé par une énorme pierre sur un chantier de Peter Kiewit Sons, en Colombie-Britannique.

Peter Kiewit Sons et deux de ses anciens dirigeants sont accusés de négligence criminelle ayant causé la mort en lien avec cet accident de travail survenu sur la côte centrale de la Colombie-Britannique. Le procès devait débuter en novembre dernier, mais il a été repoussé au 7 septembre 2021. Un nombre total de 33 jours d'audiences ont été réservés pour entendre la cause.

Mike Pearson, un ami de la famille, a déclaré que la date du procès importe peu tant qu’une peine de prison en lien avec la mort de Sam Fitzpatrick est prononcée. La société Kiewit refuse d'assumer la responsabilité de ce qui est arrivé à Sam, estime-t-il.

Protéger son image et sa réputation est plus important que d'admettre ses erreurs et de continuer sa vie et ses affaires.

Mike Pearson

Un porte-parole de l’entreprise a affirmé que l'entreprise Kiewit n'avait pas volontairement contribué ou causé cette mort, et qu’elle compte se battre contre l'accusation devant le tribunal.

Un accident qui aurait pu être évité?

Sam Fitzpatrick a été tué le 22 février 2009 alors qu'il travaillait comme décapeur de rochers sur un projet hydroélectrique près de Toba Inlet, au nord de Powell River. Son jeune frère, Arlen, a regardé, impuissant, une pierre de 1,8 mètre de diamètre tomber sur son frère, selon une enquête de WorkSafeBC, le bureau provincial chargé de la santé et de la sécurité sur les lieux de travail.

Arlen et Sam Fitzpatrick.

Arlen Fitzpatrick, à gauche, travaillait aux côtés de son grand frère Sam quand il a été tué.

Photo : Mike Pearson

Les enquêteurs ont découvert que la société Kiewit dirigeait le site avec un mépris flagrant pour la sécurité. Le jour précédant l'incident mortel, une autre pierre avait dévalé la même paroi escarpée, endommageant gravement un équipement lourd. Par ailleurs, Sam Fitzpatrick avait évoqué des problèmes de sécurité sur le site au cours des semaines qui ont précédé sa mort.

L'enquête de WorkSafeBC a conduit à une amende de 250 000 $ pour Kiewit, mais la société a interjeté appel devant le Tribunal d'appel des accidents du travail. Cette instance a alors réduit la sanction à moins de 100 000 $.

Combat pour une enquête criminelle

Ce processus a exaspéré Brian Fitzpatrick, le père de Sam. Mike Pearson a décrit la décision de Kiewit comme l'élément déclencheur qui les a amenés, M. Fitzpatrick et lui, à se tourner vers la GRC et à lui demander d'ouvrir une enquête.

Tout ce que l'entreprise avait à faire était de payer l'amende et de passer à autre chose, dit l’ami de Sam. Cela aurait quand même été triste et tragique, cela nous aurait encore brisé le cœur, mais nous l'aurions accepté à contrecœur.

La police a ouvert une enquête en 2014. Cinq ans plus tard, les procureurs de la Couronne ont déposé des accusations criminelles contre la société, son ancien directeur, Gerald Karjala, et l'ingénieur Timothy Rule. Les accusations ont été qualifiées de sans précédent pour une entreprise de cette taille.

Brian Fitzpatrick est mort avant que les accusations ne soient portées contre l'employeur de son fils. La mère de Sam Fitzpatrick, Christine Tamburri, était toujours vivante au moment du dépôt des accusations, mais elle est décédée quelques mois après son mari, en 2017.

D'après les informations de Bethany Lindsay

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