•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Théâtres et lieux de culte estiment qu'ils sont les grands oubliés de la COVID-19

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
La salle avec quelques tables et chaises bien distancées.

Le Théâtre Granada de Sherbrooke a déjà aménagé sa salle pour qu'elle réponde aux normes de distanciation physique.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Radio-Canada

Ils sont compréhensifs, mais souhaitent tout de même une plus grande ouverture de Québec. Les salles de spectacle et les lieux de culte, qui sont exclus des mesures d'assouplissement prévues dès le 26 février, soutiennent ne pas être des lieux propices aux éclosions. Ils aimeraient retrouver un semblant de normalité, dans le respect des normes sanitaires.

Des propriétaires de salles de spectacle de l'Estrie n'ont d'ailleurs pas été surpris d'apprendre que le gouvernement a pris une décision contraire à l'avis de la santé publique quant au maintien de l'ouverture des salles de spectacle.

Des avis écrits de la Direction nationale de santé publique, rendus publics vendredi, montrent que la santé publique recommandait depuis septembre la réouverture ou le maintien des activités des salles de spectacle et des théâtres, et ce, même en zone rouge.

Bernard Caza, président-directeur général du Vieux Clocher de Magog, admet que cette décision allait de soi, puisque tous les commerces devaient se mettre sur pause.

Qu'on soit les seuls ouverts... Moi, je pense qu'il fallait faire un mouvement pour contrer la pandémie, souligne-t-il.

Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique du Théâtre Granada à Sherbrooke, abonde dans le même sens, car elle estime qu'elle ne croit pas que le gouvernement, en adoptant une position différente, a cherché à leur nuire.

Je peux comprendre les gouvernements [...] qu'ils aient décidés d'opter pour la fermeture. Entre-temps, ils nous ont quand même aidés, autant au fédéral qu'au provincial. Je pense que c'était sincèrement une décision qui a été réfléchie et qui n'a pas été prise à la légère.

Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique du Théâtre Granada
Suzanne-Marie Landry, directrice générale du Théâtre Granada.

Suzanne-Marie Landry, directrice générale du Théâtre Granada

Photo : Facebook Suzanne-Marie Landry

Un retour vers la normalité

Autant Bernard Caza que Suzanne-Marie Landry soutiennent que les mesures sanitaires actuelles, et celles prévues en zone orange, s'harmonisent mal avec ce secteur du divertissement et complexifient la tenue de spectacles. Suzanne-Marie Landry mentionne même que cela crée un déficit pour les salles.

À 250 personnes, c'est difficile financièrement d'arriver, soutient-elle. On a plus de personnel de sécurité, d'entretien, de services. Ça demande pas mal de mesures d'hygiène.

Elle explique qu'il serait possible de s'adapter, mais espère surtout que, lorsque l'ouverture sera permise, ce sera pour de bon.

Si on nous dit que ça va être 250 personnes, il ne faudra pas que le couvre-feu soit à 21 h 30, parce qu'à cette heure-là, les gens vont devoir quitter [les lieux] une heure plus tôt. Ce qui est l'heure habituellement de notre ouverture. Cela serait très difficile.

Suzanne-Marie Landry, directrice générale et artistique du Théâtre Granada

Bernard Caza tient le même discours, et espère simplement, quant à lui, un retour à la normale, car il rappelle que les salles de spectacle ne sont pas des nids d'éclosion. Ce ne sont pas les salles qui sont dangereuses, soutient le directeur.

Moi, j'espère qu'on va retrouver un peu ce qu'on avait à la fin de l'été, à l'automne, où on pouvait fonctionner normalement avec un service aux tables.

Bernard Caza, président-directeur général du Vieux Clocher de Magog
La devanture du Vieux Clocher de Magog.

Le Vieux Clocher de Magog

Photo : www.vieuxclocher.com

L'Église, une autre grande oubliée

Monseigneur Luc Cyr, archevêque de Sherbrooke, soutient également qu'il comprend la situation, inédite pour le gouvernement, mais il estime que les lieux de culte sont les grands oubliés pendant cette pandémie. Alors que la santé publique permet l'ouverture des salles de cinéma pour 250 personnes, il comprend mal pourquoi les lieux de culte restent limités à 10 personnes.

Ce n'est pas beaucoup dans un tel espace, dans un tel lieu [...] Nous, on aurait de l'espace ici, en respectant les règles de la santé publique, d'accueillir 200 personnes. Et nous sommes limités à 10.

Monseigneur Luc Cyr, archevêque de Sherbrooke
Intérieur de la basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.

La basilique-cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke pourrait accueillir 200 personnes tout en respectant les règles sanitaires, selon l'archevêque.

Photo : Radio-Canada

Certains lieux de culte ont même préféré garder leurs portes fermées, mentionne-t-il, en raison des coûts d'entretien, trop élevés pour recevoir une dizaine de personnes.

L'archevêque soutient qu'il y a un besoin de spiritualité dans la population, d'autant que Pâques arrive à grands pas et que plusieurs paroissiens ont exprimé une grande détresse psychologique. Bien que l'Église ait tenté d'innover en multipliant les messes et en offrant des célébrations virtuelles, cela reste fatigant, admet-il.

Même en zone orange, c'était 25 personnes. Ce n'est pas beaucoup non plus, souligne l'archevêque.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !