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Nouvel immeuble pour transgenres à Vancouver : un projet attendu depuis longtemps

La façade de l'immeuble.

La maison Ross-Aoki accueillera 24 résidents transgenres, bispirituels ou issus de la diversité des genres.

Photo : Google Street View

Un nouvel immeuble à logements à prix modique réservé aux personnes transgenres, bispirituelles et non binaires ouvrira ses portes sous peu à Vancouver. Cette nouvelle était attendue depuis très longtemps par les militants.

Les 24 chambres individuelles seront dans la maison Ross-Aoki, un immeuble acheté par la Ville de Vancouver en 2019, au coût de 3,8 millions de dollars. C’est l’organisme sans but lucratif Atira qui gérera la maison, avec à sa tête, Aaron Munro, un homme transgenre qui travaille dans le quartier Downtown Eastside depuis 17 ans.

Il explique que le taux de violence et de mortalité dans la population transgenre, bispirituelle ou issue de la diversité des genres est plus élevé que dans la population cisgenre. Cette maison leur offrira un havre de sécurité.

Je vois ce projet comme une chance de réparer des torts qui ont eu lieu dans le passé et qui continuent d'avoir lieu, dit Aaron Munro.

J’étais en colère!

Sandra Laframboise s'exprimant passionnément avec ses mains.

« Ça fait 20 ans qu'on y travaille. On s'est fait cracher dessus », dit la militante transgenre Sandra Laframboise, qui demande que le contrat avec la société Atira soit annulé.

Photo : Radio-Canada

Quand Sandra Laframboise a su que c’était la société Atira qui allait gérer l'immeuble, elle était en furie. Cette transgenre militante depuis 40 ans, et qui s’identifie comme Métisse et bispirituelle, attend ce genre de projet depuis longtemps.

Elle croit toutefois que l’organisme Atira n’est pas celui qui devrait gérer cet immeuble. Elle s’inquiète des problèmes de violence dans certains immeubles gérés par Atira. Par exemple, il y a eu deux homicides dans l'Hôtel Gastown durant la dernière année. Les conditions de vie des résidents des immeubles gérés par Atira ont par ailleurs souvent été dénoncées par le passé.

Sandra Laframboise a écrit à la Ville et au procureur général de la Colombie-Britannique, David Eby, pour leur demander d’annuler le contrat. Elle cite également des problèmes de traitements des résidents de ces maisons et des employés.

La militante aurait voulu que ce soit la Ville qui gère le projet, notamment parce qu’elle a déjà un comité consultatif pour la communauté LGBTQ. La Ville a déjà une bonne infrastructure pour les employés, et les employés seraient protégés par le syndicat, explique-t-elle. Elle croit que le projet est voué à l’échec.

Ça avait commencé très bien, ça va finir très mal.

Sandra Laframboise, militante transgenre

Par courriel, BC Housing réitère l’importance de ce projet pour une population qui souffre de façon disproportionnée d’insécurité liée au logement. Sa porte-parole précise que le projet est la propriété de la Ville de Vancouver et que le choix d'Atira a été fait par la Ville, mais qu'elle donne son appui au groupe Atira Women’s Resource Society. Au moment de publier ce texte, la Ville de Vancouver n'avait pas encore répondu à une demande de commentaires.

Un scepticisme justifié

Le gérant de la maison Ross-Aoki, Aaron Monro, comprend le scepticisme, étant donné tout ce que cette population a pu subir au fil des ans. Son objectif est de mener le projet en traitant les résidents dans le respect et la dignité.

Si je me trompe, j’espère que ces gens me forceront à rendre des comptes.

Aaron Monro, gérant, Maison Ross-Aoki

Aaron Munro veut créer une communauté dite intentionnelle, c’est-à-dire une communauté qui tient compte des commentaires des résidents au sujet de la sécurité et des ressources et qui ajuste régulièrement le tir. Les modalités de sélection pour les 24 locataires seront déterminées sous peu.

Avec les informations de On the Coast

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