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Le traitement des dossiers d'immigration est paralysé, selon deux députés de l'Est

Plan rapproché d'un petit drapeau du Canada tenu dans une main.

Le parcours pour immigrer au Canada est ralenti par la pandémie (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Deux députés des partis d’opposition fédéraux de l’Est-du-Québec dénoncent les délais de traitement pour les dossiers d'immigration dans leur circonscription. Selon le conservateur Bernard Généreux et la bloquiste Kristina Michaud, le cheminement pour immigrer serait carrément paralysé.

Le député fédéral de Montmagny–L'Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, précise que les demandes de parrainage de conjoints, de même que les permis de travail, ne sont pratiquement plus traitées.

Déjà, avant la pandémie, le député avait dénoncé des délais de 12 mois.

Avant, au moins, on avait une date précise pour le traitement, c'est-à-dire 12 mois. Un moment donné, c'était rendu à 18 mois, puis 24. Là, on n’en donne même plus!

Bernard Généreux, député fédéral de Montmagny–L'Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup

Bernard Généreux rappelle que de nombreuses entreprises de sa circonscription ont besoin de citoyens venus d'outre-mer afin de pourvoir des postes disponibles.

Portrait de Bernard Généreux, député fédéral de la circonscription de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup lors de la période des questions le 30 novembre 2020.

Bernard Généreux, député fédéral de la circonscription de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup

Photo : Christian Diotte

S'il admet que la pandémie qu'il qualifie de fâcheuse n'aide en rien cette situation, le député considère quand même que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer pour réduire les délais.

Il faut savoir que les ambassades, dans plusieurs pays, ont été fermées pendant plusieurs mois, reconnaît-il. Il y a toute une bureaucratie qui a été malmenée par la COVID, mais au-delà de ça, je pense que le gouvernement doit s'affairer à réduire les délais en réduisant la paperasserie.

Longs délais même pour des questions simples

La députée bloquiste d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Kristina Michaud, dit recevoir des demandes d’aide de la part de personnes en attente et qui sont désemparées.

C’est aberrant le nombre de dossiers en attente pour des demandes de résidence permanente, s’étonne-t-elle.

La députée cite en exemple le cas d’un citoyen de la Baie-des-Chaleurs qui a contacté son bureau, même s’il se trouve dans la circonscription voisine.

La politicienne porte un veston. Son regard est tourné vers le chef du Bloc Québécois.

La députée d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Kristina Michaud

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Ça ne bougeait pas du côté de [la députée de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine,] Diane Lebouthillier, raconte Mme Michaud. Son dossier était en attente depuis plus de sept mois pour une question super simple de permis de travail. Il était venu travailler avec un permis de travail fermé, ce qui fait qu’il ne pouvait changer d’employeur.

Il fallait juste qu'on lui donne le go pour pouvoir changer d’employeur, une affaire qu’on a réussi à débloquer en deux jours quand on a contacté le cabinet du ministre.

Le Ministère avait tous les documents nécessaires pour agir, mais ça traînait sur les tablettes.

Kristina Michaud, députée d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia

On demande aux gens de mettre leur vie sur pause et souvent, ils ne reçoivent même pas d’accusé réception, ajoute la députée. Il y a des humains derrière ça!

Kristina Michaud invite les gens qui font face à ces difficultés à faire appel à son bureau.

Selon des chiffres obtenus par le bureau de Kristina Michaud auprès de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, le nombre de demandes qui étaient en traitement en octobre 2020 au Québec était de 27 000, ce qui représente environ 45 000 personnes.

Le cabinet de Mme Lebouthillier n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

Des lenteurs constatées à Rimouski

Une dame marche dans un parc en plein hiver.

À Rimouski, plusieurs personnes en instance d'immigration se languissent en attente de renouvellement de permis de travail ou d'études.

Photo : Radio-Canada

À Rimouski, Christina Brazeau, coordonnatrice à l'immigration​ pour l’organisme Accueil Intégration Bas-Saint-Laurent, dit recevoir plus de demandes d’aide de la part de personnes qui ne reçoivent aucune nouvelle à la suite de leurs démarches.

Elle constate aussi des lenteurs.

En septembre, il y a eu comme un regain, mentionne-t-elle. Ça allait relativement plus rapidement qu’au printemps pour les renouvellements de permis de travail ou d’études. Mais depuis décembre, on ne donne plus de délais prescrits, on n'a aucune idée.

Si par exemple, tu as un permis de travail qui se termine et que tu ne peux pas le renouveler parce que tu n’as pas de réponse, tu peux te retrouver avec le statut de visiteur et ne plus avoir accès à l’assurance maladie et aux autres avantages.

Christina Brazeau, coordonnatrice à l'immigration​ pour l’organisme Accueil Intégration Bas-Saint-Laurent

Elle dit constater des ralentissements considérables pour les demandes de résidence permanente. Ces situations génèrent beaucoup de stress et même de la précarité dans certains cas.

Pourtant en janvier, rappelle-t-elle, le gouvernement fédéral avait offert aux étudiants étrangers un nouveau permis de travail, dans le but de les convaincre de s'installer au Canada de façon permanente. Ça nous avait donné de l’espoir.

Des impacts pour les entreprises en manque de main-d’œuvre

À Matane, l’agente de développement en attractivité et intégration du Service d’accueil des nouveaux arrivants de la Matanie, Sandrine Edmond, constate les mêmes embûches.

Les personnes qui avaient fait des demandes de résidence permanente cet été n’avaient même pas eu d’accusé réception cet automne, dit-elle.

Originaire de La Martinique, Sandrine Émond est installée à Matane depuis trois ans. Portrait d'elle, souriante, en été.

Originaire de La Martinique, Sandrine Émond est installée à Matane depuis trois ans.

Photo : Sandrine Émond

Elle observe toutefois que les choses semblent vouloir redémarrer.

Dernièrement, on a pu constater que des accusés de réception sont envoyés, dit-elle. Mais ça ne veut pas forcément dire que le traitement des demandes a commencé.

Comme c'est le cas à Rimouski, cette incertitude est aussi un frein à l’embauche de certaines personnes. C’est particulièrement problématique ici, où les enjeux de rareté de main-d’œuvre sont importants, fait valoir Sandrine Emond.

Certaines entreprises ont dû faire des licenciements. Un travailleur qui veut changer d’employeur doit obtenir un permis et c’est toute une aventure, indique-t-elle.

L’agente de développement soulève que les choses n’allaient déjà pas très vite avant la pandémie. Selon elle, depuis que la CAQ est au pouvoir, les demandes de traitement ont ralenti de façon importante.

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