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Au Nunavut, plus de 1000 incidents violents répertoriés en une année scolaire

Un autobus scolaire dans une rue d'Iqaluit, au Nunavut.

Sur 1000 incidents violents durant l'année 2019-2020 dans les écoles du Nunavut, 971 concernaient des interactions entre élèves.

Photo : CBC / Vincent Robinet

Radio-Canada

Selon une enquête de CBC, plus de 1000 incidents violents ont été signalés dans les écoles du Nunavut, pendant l’année scolaire 2019-2020.

Sur ces 1000 incidents, 971 concernaient des incidents entre élèves, 110 étaient à mettre en lien avec une agression alléguée d’un employé scolaire par un élève, et 12 concernaient une agression alléguée d’un employé sur un élève.

Les écoles du Nunavut ont également suspendu 491 élèves, ce qui représente plus de 1400 jours sans école.

Selon Jane Bates, la représentante du territoire pour l’enfance et la jeunesse, ces nombres extrêmement élevés sont choquants, d’autant plus que l'absentéisme scolaire dans le territoire s’élève à plus de 35 %. Cela signale un problème très très grave, soutient-elle.

Le président de l’Association des enseignants du Nunavut (NTA), John Fanjoy, est du même avis. Quelque chose doit changer, affirme-t-il.

Difficulté de représenter la réalité

Les chiffres, cependant, ne représentent pas de façon claire l’ampleur du problème de violence dans les écoles du Nunavut, car il n'y a pas de cohérence dans la façon dont les incidents sont signalés et enregistrés.

En outre, il n'est pas possible de dire si ces cas de violence sont des incidents présumés ou s'ils se sont réellement produits. À titre d’exemple, les données indiquent qu'il y a eu 12 cas de violence entre le personnel et les élèves. Cependant, selon John Fanjoy, 11 d'entre eux n'étaient pas assez graves pour justifier des licenciements, par exemple le fait pour un enseignant de mettre fin à une bagarre ou de poser une main sur l'épaule d'un élève.

John Fanjoy affirme que seulement 1 des 12 incidents était un cas concernant un membre du personnel ayant agressé physiquement un élève, qui a été licencié par la suite. Un autre cas s’apparentait à du harcèlement ou à une agression sexuelle de la part d’un employé sur un élève, mais ni le gouvernement ni la NTA n’ont donné plus de détails.

Le problème, selon John Fanjoy, commence avec un manque de données fiables. Le système est brisé, car il n’y a pas de système, dit-il.

L’engagement du gouvernement remis en question

Dans son rapport annuel 2019-2020, la représentante de l'enfance et la jeunesse critique le gouvernement pour son manque de suivi des données dans plusieurs domaines, notamment la violence à l'école. On ne peut pas réparer ce qu'on ne voit pas. On ne peut pas concevoir des services si on ne sait pas à quoi on a affaire, affirme Jane Bates.

En 2013, l'Association des enseignants du Nunavut et le ministère de l'Éducation ont formé un comité antiviolence. L'un de ses objectifs était de créer un mécanisme uniforme de signalement de la violence. M. Fanjoy affirme que, après une série de délais non respectés, le système devrait être disponible d'ici la fin de l'année scolaire.

Il pense aussi que les données seront utiles au ministère de l'Éducation pour justifier des demandes d'augmentation budgétaire afin de résoudre le problème. Sur ce point, cependant, il remarque qu'aucun nouveau financement n'a été spécifiquement consacré à la question de la violence à l’école.

La sous-ministre adjointe de l'Éducation, Sonia Osbourne, souligne quant à elle le travail en cours avec la NTA pour créer un mécanisme de déclaration uniforme et le fait que le gouvernement s'est engagé à améliorer le système.

Si nos élèves et notre personnel ne sont pas en sécurité, alors que ces écoles veulent atteindre le succès, nous reconnaissons que la santé et la sécurité sont vraiment une priorité absolue, dit Mme Osbourne, qui ajoute que les données renforcent l’engagement du gouvernement en ce sens.

Avec les informations de Nick Murray

Méthode de collecte des données

CBC a obtenu ces données après plusieurs demandes d'accès à l’information remontant au mois de mai 2019.

Après s’être fait dire, à la fin de 2019, par le Ministère qu’il ne compilait pas les statistiques sur la violence à l’école, CBC a créé une feuille de calcul pour enregistrer les données de l'année scolaire en cours et a demandé qu'elle soit envoyée à tous les directeurs d'école du Nunavut pour qu'ils la remplissent.

Le Ministère a traité la demande en moins de trois mois. Après une fermeture temporaire des écoles en raison de la pandémie, CBC a demandé que le document soit envoyé à nouveau pour couvrir le reste de l'année scolaire.

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