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Archives

Aux origines francophones de l'Université Laurentienne de Sudbury

Bâtiments de l'Université Laurentienne à Sudbury.

Le campus universitaire de l'Université Laurentienne en 1965.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Quel avenir pour l’Université Laurentienne qui connaît de graves difficultés financières? Nos archives nous rappellent le caractère unique de cette institution bilingue du Nord de l’Ontario et son importance pour les francophones.

L’Université Laurentienne a été constituée en 1960 en tant que fédération bilingue formée de collèges de différentes confessionnalités.

À l’époque, ce nouveau concept d’alliance représente un progrès et suscite l’enthousiasme dans la communauté franco-ontarienne.

Pierre sur pierre, 25 avril 1960

L’émission Pierre sur pierre du 25 avril 1960 s’intéresse à la nouvelle université ontarienne. Le journaliste Paul-Émile Tremblay s’entretient avec le père Émile Bouvier pour mieux comprendre comment elle a été créée.

Appuyé d’un organigramme, il lui explique que cinq établissements d’enseignement associés aux Églises catholique romaine, unie et anglicane forment désormais une fédération. Les collèges conservent leur autonomie, mais relèvent de l’Université Laurentienne, qui délivre les diplômes.

La grande caractéristique de cette nouvelle fédération, c'est tout d'abord de mettre les collèges de religions différentes sous une même université et de maintenir le caractère biculturel, affirme le père Bouvier.

Le grand avantage, c'est que pour la première fois le gouvernement de l'Ontario accepte dans les statuts de sa législation l'enseignement officiel français dans une institution universitaire.

Une citation de :Père Émile Bouvier

Pour l’Université de Sudbury, cette fédération ouvre des perspectives formidables.

Comme catholique et Canadien français, je trouve la formule très heureuse, exprime à son tour Alexandre Boudreau, qui représente le département de l’Université de Sudbury. Je la trouve heureuse parce qu'elle nous permet à nous, Canadiens français catholiques, de participer, de collaborer et peut-être d'influencer aussi une grande et belle université dans le Nord de l'Ontario.

Alexandre Boudreau se réjouit que cette fédération permette des échanges d’idées entre confessionnalités et cultures dont tous pourront profiter.

Nous pourrons participer aux développements d'un plus grand et plus beau canadianisme, conclut l’universitaire en 1960.

Aujourd'hui, 16 novembre 1965

Le bilinguisme dans l'enseignement est un objectif difficile à atteindre dès les débuts de l’Université Laurentienne de Sudbury.

C’est ce que nous montre ce reportage de la journaliste Andréanne Lafond à l’émission Aujourd’hui du 16 novembre 1965.

La construction du campus de l’Université Laurentienne est maintenant achevée et a été largement financée par le gouvernement ontarien en raison son caractère non confessionnel et bilingue.

Les quatre universités qui ont rejoint la fédération peuvent désormais se développer sur un même domaine universitaire et profiter de ses installations et services.

Le père Lucien Matte de l’Université de Sudbury croit que la formule est excellente. Elle permet d’obtenir des subventions gouvernementales et de donner à chacun – catholique, Canadien français ou anglais, protestant ou anglican – un maximum de possibilités et d'aisance dans l'enseignement universitaire ici à Sudbury.

Mais l’enseignement est-il réellement bilingue à l’Université Laurentienne de Sudbury?

À la Laurentienne, on conçoit une université bilingue comme une institution de haut savoir dans laquelle on offre les cours en anglais ou en français pour répondre aux besoins des étudiants, affirme le recteur de l’université Stanley G. Mullins. Ça veut dire que s'il y a assez d'étudiants, on va donner les mêmes cours et en anglais et en français.

Les étudiants en témoignent : tous les cours ne peuvent être offerts en français. Dans certains départements, les étudiants francophones ne sont pas assez nombreux pour ouvrir des classes.

La plupart des professeurs de l’Université Laurentienne et des étudiants francophones sont bilingues, mais les étudiants anglophones arrivent souvent avec un niveau de maîtrise de la langue française insuffisant pour suivre un cours de première année dans cette langue.

Ce n’est pas un bilinguisme idéal, ce n’est pas un bilinguisme parfait, mais le milieu étudiant souhaite que l’Université poursuive dans cette direction, laissent entendre les étudiants interrogés par la journaliste Andréanne Lafond.

Le professeur C. J. Warenda souligne à son tour que bien que le bilinguisme soit davantage théorique que pratique à l’Université Laurentienne, il demeure inscrit dans la mentalité et l’inspiration de cette université.

Je dirais que nous sommes bilingues parce que nous sommes motivés, nous sommes inspirés par un certain esprit qui touche, concerne, inclut le bilinguisme.

Une citation de :Le professeur C. J. Warenda

L'accent francophone, 13 juillet 2002

En 2002, le bilinguisme de l’Université Laurentienne était publiquement remis en question par un professeur de l’établissement, nous rappelle ce reportage à l’émission L’accent francophone.

Dans son rapport, le professeur Oiva Saarinen défend que la structure bilingue complique le financement, l’enseignement et l’administration de l’Université Laurentienne.

Interviewé par la journaliste Geneviève Morin, le vice-recteur à la recherche et à l’enseignement Gratien Allaire souligne pour sa part que le bilinguisme est inscrit dans la charte de l’université et lui procure un financement particulier du gouvernement.

Je pense que ça fait partie des débats qu'on a constamment à l'intérieur des universités. Les gens s'expriment, ça fait partie de la liberté universitaire, exprime quant à lui le professeur Jean-Charles Cachon.

La journaliste conclut en 2002 qu'on cherche toujours la formule idéale qui conviendrait aux deux groupes linguistiques.

Cet équilibre qui est au cœur de la fondation même de l’Université Laurentienne revient dans l’actualité en raison des déboires financiers de son administration.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO) s’inquiète notamment des répercussions de cette situation sur l’offre de programmes et de services en français à la Laurentienne.

Une préoccupation partagée par d’autres universités francophones et bilingues en milieu minoritaire, comme l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick.

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