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L’Armée canadienne envoie des troupes s'entraîner aux États-Unis malgré la pandémie

Un groupe de militaires des Forces canadiennes.

Des troupes d'infanterie canadiennes se rendront aux États-Unis pour s'entraîner en Louisiane.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

L’Armée canadienne défend sa décision d’envoyer des troupes s’entraîner aux États-Unis, alors qu'un soldat d’Edmonton estime que cet exercice expose inutilement les militaires à la COVID-19.

Environ 500 membres de l'Armée canadienne se rendront cette semaine à Fort Polk, en Louisiane, pour participer avec 4500 soldats américains à un entraînement de trois semaines.

Le commandant du 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada (1er GBMC), basé à Edmonton, le colonel Wade Rutland, a qualifié l'exercice d'occasion unique et d'étape nécessaire pour préparer le groupe à sa prochaine mission.

Il s'agit du plus grand exercice d'entraînement international auquel l'Armée canadienne participe depuis le début de la pandémie, explique-t-il : Il y a certainement des risques à faire quelque chose dans un contexte de pandémie, mais dans notre esprit, le risque de ne pas être formé si les Canadiens ont besoin de nous est pire.

Ces soldats seront notamment formés pour des opérations d'évacuation de Canadiens à l’étranger qui se retrouvent en zone hostile.

Manque de clarté

Un soldat du 1er GBMC, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, déplore cependant le manque de transparence en ce qui concerne cet entraînement. Selon lui, cela a généré confusion et inquiétude parmi les troupes.

Il n'y a pas de direction claire, déclare le soldat. Il pense que tout le monde est préoccupé par les conséquences que pourrait avoir ce déplacement sur leur santé. Il qualifie l’exercice de sans intérêt.

Je n'ai jamais vu une telle confusion dans les rangs.

Un anonyme soldat du 1er GBMC

Nous souffrons déjà d'un manque de leadership et de nombre de soldats, et faire ce genre d'entraînement n'aide pas à les retenir ou à les recruter, ajoute le militaire. Il estime également que ce camp d’entraînement a mis la pression sur les familles et les proches des soldats.

Au début de la pandémie, l'Armée canadienne a annulé l'un de ses plus grands exercices annuels, mais elle a depuis repris son entraînement au Canada et au-delà de ses frontières.

Le colonel Rutland souligne que la brigade n'a eu aucun cas d’infection par le SRAS-CoV-2 lors d'un entraînement majeur sur le terrain.

Un protocole sécuritaire précis

Les soldats sont arrivés mardi à une base de Suffield, en Alberta, pour une quarantaine de 10 jours avant le voyage, explique le colonel Rutland. Ils devaient rester en quarantaine à la maison pendant 4 jours avant de se rendre à la base dans des autocars privés.

À partir de là, les soldats rejoindront les troupes basées en Caroline du Nord, en autocar et en avions spécialement affrétés pour eux.

Ce que nous faisons, c'est créer un tunnel sans COVID-19 dans lequel [les soldats] voyageront et où ils interagiront avec d'autres soldats alliés qui sont passés par le même genre de protocoles, dit le colonel Rutland.

Si les soldats présentent des symptômes liés à la COVID-19, ils sont isolés et subissent un test de dépistage rapide, explique Kim Reischling, des affaires publiques du Centre d'entraînement interarmées à la disponibilité opérationnelle (JRTC). Les soldats qui reçoivent un résultat négatif retournent à l'entraînement, et les cas positifs sont mis en quarantaine dans une caserne médicale.

Le JRTC prépare tous les soldats qui peuvent être appelés au combat, mais leur santé et leur bien-être sont toujours de la plus haute importance.

Kim Reischling, affaires publiques du Centre d'entraînement interarmées à la disponibilité opérationnelle

Néanmoins, l'ampleur de l'exercice en Louisiane est préoccupante, estime la Dre Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de l'Alberta. Malgré les protocoles de quarantaine et de test, elle estime que la possibilité demeure pour une personne de transmettre le virus pendant une période d'incubation asymptomatique ou après un faux résultat négatif.

Même avec des précautions, le risque de transmission peut être élevé.

Lynora Saxinger, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université d'Alberta

L'Armée canadienne devrait s'assurer que les soldats subissent une quarantaine stricte puis un test de dépistage du  SRAS-CoV-2 avant de retourner dans leurs communautés, dit la Dre Saxinger.

L'Armée va dépenser environ 650 000 $ pour prévenir les risques de contamination lors de cet exercice militaire. Cela comprend, entre autres, le coût des autocars supplémentaires pour que les soldats puissent se maintenir à distance les uns des autres pendant le voyage, explique le colonel Rutland.

Avec les informations de Jordan Omstead.

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