•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

HLM barricadés : le gouvernement du Québec appelé à agir

Un HLM barricadé.

Une campagne vient d'être lancée à Montréal pour sensibiliser le gouvernement du Québec à la vétusté de nombreuses habitations à loyer modique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Certains HLM de Montréal sont parfois en si mauvais état qu'ils doivent être désaffectés puis condamnés. Des intervenants du milieu et des locataires somment le gouvernement Legault d'agir afin d'éviter que de nouveaux immeubles ne subissent le même sort, et ce, en pleine crise du logement.

Un texte de Jean-François Thériault

Joint par téléphone, Robert Pilon, coordonnateur de la Fédération des locataires d'habitation à loyer modique du Québec (FLHLMQ), n'en démord pas : les immeubles qui forment le parc des HLM de Montréal sont en piètre état.

En ce moment, c'est 479 immeubles qui ont une cote de "E" [selon l'échelle gouvernementale qui caractérise les infrastructures au Québec]. C'est la pire cote, il n'y a rien en dessous de ça. Après, on barricade, dit-il. En pleine pénurie du logement à Montréal, on ne peut pas se permettre de perdre ces logements-là.

En 2020, 324 de ces logements ont été désaffectés pour cause d'insalubrité. Le nombre de logements barricadés va augmenter en flèche si le gouvernement Legault continue de laisser se détériorer nos logements sans agir, ajoute Carole Guilbault, vice-présidente du Comité consultatif des résidents de l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM), par voie de communiqué.

Après un rassemblement lundi matin devant un de ces immeubles barricadés dans le quartier Petite-Bourgogne, Robert Pilon en appelle à la mobilisation des quelque 10 000 locataires qui vivent présentement dans un immeuble jugé en très mauvais état par Québec.

Il leur demande d'écrire directement au premier ministre François Legault pour réclamer une augmentation des investissements dans la rénovation des HLM à Montréal.

En 2017, la Société d'habitation du Québec (SHQ), chargée de la gestion du Programme HLM pour la province, avait adopté un plan stratégique visant à ramener l'ensemble des immeubles cotés « E » à la note de passage, soit une cote de « C ». Or, dans un rapport déposé dernièrement, la SHQ avoue avoir raté cette cible, et n'avoir réussi à rénover que 43 % des bâtiments déjà jugés critiques il y a trois ans.

Les intentions de la SHQ sont bonnes, mais elle n'a tout simplement pas les moyens de réaliser ses ambitions dit Robert Pilon. Ce qu'on demande, c'est que le gouvernement fasse passer le budget alloué à la SHQ pour la rénovation de 300 à 400 millions.

Selon les chiffres fournis par l'OMHM, Montréal compte 838 immeubles qui abritent un total de 20 810 logements à loyer modique. La moyenne d'âge de ces immeubles est de 43 ans. À l'heure actuelle, 23 156 personnes figuraient sur la liste d'attente pour avoir accès à un loyer abordable.

Robert Pilon tient une affiche demandant la rénovation d'appartements.

Robert Pilon, devant un HLM barricadé, est le coordonnateur de la Fédération des locataires d'habitations à loyer modique du Québec.

Photo : Ivanoh Demers

Nouvelles sommes du fédéral

L'entente sur le logement récemment conclue entre Québec et Ottawa apparaît comme une lueur d'espoir dans ce dossier.

En tout, l'entente prévoit 85 millions de dollars pour le logement social. La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, doit entreprendre des consultations avec différents intervenants du milieu pour ensuite décider où iront ces sommes dans le prochain budget provincial.

Pour Robert Pilon, il est impératif que cet argent aille à la rénovation du parc public déjà existant.

Vous savez, dit-il, c'est très difficile en ce moment de construire de nouveaux logements sociaux à Montréal. Les terrains sont rares, et on est en compétition avec le privé. Alors on ne peut pas se permettre de perdre ceux qu'on a déjà.

Il ne faut pas manquer cette occasion-là, parce qu'elle ne reviendra pas, ajoute le coordonnateur de la FLHLMQ.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !