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Une Vancouvéroise poursuit 4 banques après une fraude qui lui a coûté 340 000 $

Les banques nient toute responsabilité et disent que leurs procédures ont été correctement suivies

Vivien Zheng tient des documents.

Vivien Zheng a eu des pensées suicidaires dans les moments qui ont suivi la fraude.

Photo : Radio-Canada / Richard Grundy

Radio-Canada

Une femme de Vancouver a perdu 340 000 $ dans une fraude complexe par virement bancaire, un crime qui aurait pu être évité si les banques avaient mis en place de meilleurs systèmes de protection, croit-elle.

Tout a commencé en mai 2018 lorsque Vivien Zheng a reçu un appel d’une femme se faisant passer pour une employée du consulat chinois, l’avisant qu’elle était suspecte dans une affaire internationale de blanchiment d'argent.

La femme au bout du fil détenait les informations de son permis de conduire. J'étais morte de peur, dit Vivien Zheng.

L’appel a été transféré à un homme prétextant être un enquêteur de la police de Hong Kong. Il a menacé d'arrêter Mme Zheng si elle refusait de collaborer. Il lui a ensuite envoyé un faux mandat d'arrêt, comprenant la photo de son permis de conduire.

L'escroc a menacé de geler ses comptes bancaires pendant trois ans si elle ne suivait pas les instructions, notamment en lui interdisant de dire à qui que ce soit, en particulier aux banques, ce qui se passait.

Habitée par une peur intense, Mme Zheng s'est rendue dans une succursale de la Banque Royale (RBC) le 16 mai 2018 et a viré 60 000 $ aux fraudeurs.

Au cours des deux semaines suivantes, elle a envoyé trois autres virements électroniques vers Hong Kong, par trois autres banques. Après son dernier paiement, alors qu'il ne restait plus d'argent à envoyer, les fraudeurs ont disparu.

Les fraudeurs utilisent souvent la peur

Ressentant une immense honte, Vivien Zheng n'a pas parlé de cette histoire pendant les trois ans qui ont suivi sa perte financière. Je ne voulais raconter cette histoire à personne parce que je savais qu'on allait penser que je suis stupide, dit-elle.

La spécialiste en fraude financière Vanessa Iafolla croit que les victimes de ce genre de fraude ne devraient pas être blâmées. Avoir peur pour sa propre sécurité et avoir peur pour la sécurité d'un être cher est un puissant facteur de motivation, explique la professeure de criminologie à l'Université Saint Mary's, à Halifax.

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité

De nombreux Canadiens sont victimes de fraude chaque année.

Photo : iStock

Des poursuites civiles

Au fil du temps, Mme Zheng est passée de la honte à la colère et a intenté des poursuites civiles contre les quatre banques en question.

Dans son document de défense soumis à la cour, RBC dit avoir demandé à Vivien Zheng qui était le bénéficiaire des fonds avant de transférer la somme. Elle a indiqué que c'était son oncle, comme l'exigeaient les fraudeurs.

La banque affirme également avoir demandé à Mme Zeng si elle faisait confiance à la source qui donnait les instructions du virement. De plus, l'entente bancaire entre RBC et elle protège la banque de toute responsabilité en cas de perte, plaide cette dernière.

Les trois autres banques disent également, dans leurs documents judiciaires, avoir suivi les mesures de leurs ententes avec Vivien Zheng.

Vanessa Iafolla note qu'un certain nombre de « signaux d'alarme » semblent être passés inaperçus.

En outre, la taille même des virements électroniques aurait dû inciter le personnel à poser davantage de questions. Les mesures antifraude actuelles des banques ne suffisent pas, dit-elle, et devraient impliquer une vraie discussion sérieuse.

Les immigrants, plus vulnérables

Mme Zheng s'est installée au Canada en 2006, mais dit avoir en mémoire ce qu'elle décrit comme un régime autoritaire en Chine, son pays natal.

Les immigrants peuvent être plus vulnérables à la fraude, dit la criminologue Vanessa Iafolla, s'ils ne savent pas comment le système juridique du Canada fonctionne avec des autorités internationales.

Je pense qu'il incomberait aux institutions financières de protéger les personnes qui sont plus vulnérables socialement et politiquement, ajoute-t-elle.

Vivien Zheng dit qu'elle s'exprime aujourd'hui au nom d'innombrables autres personnes qui ont également vu leur vie bouleversée par une fraude par virement bancaire.

Nous méritons une protection adéquate de la part des banques. Elles avaient la responsabilité d'avertir les gens d'un crime aussi grave.

Avec les informations d'Erica Johnson (Nouvelle fenêtre) de l'équipe Go Public (Nouvelle fenêtre), de CBC

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