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Des boîtes-repas pour sauver les cabanes à sucre

La propriétaire prépare des boîtes-repas.

Christine Tardif, copropriétaire de l'érablière du Cap à Lévis, espère servir 25 000 personnes avec ses boîtes.

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

Des cabanes à sucre du Québec durement touchées par la pandémie lancent une initiative afin d’assurer leur survie. Le site « Ma cabane à la maison » va permettre aux amateurs de repas traditionnels de commander leur boîte gourmande en ligne et de se faire leur propre repas de cabane à sucre à la maison.

Depuis le début de la pandémie, une quarantaine de cabanes à sucre de la province ont dû fermer leurs portes.

L’Association des salles de réception et érablières du Québec (ASEQC) estime que, si rien n’est fait, 75 % des 200 cabanes à sucre du Québec pourraient disparaître pour de bon d’ici la fin du printemps.

Pertes majeures

L'année passée, quand on a dû fermer nos salles à manger sans préavis, ce fut catastrophique pour notre industrie. Des propriétaires de cabanes à sucre ont vendu leur maison et vivent dans leur cabane à sucre, affirme la présidente de l’ASEQC, Stéphanie Laurin. 

Des gens qui mangent de la tire d'érable.

Des gens qui mangent de la tire d'érable, une scène qui n'a pas eu lieu en 2020.

Photo : Radio-Canada

Madame Laurin est l’une des instigatrices de la plateforme Ma cabane à la maison. Elle est aussi à la tête d’une des plus anciennes érablières du Québec. Elle affirme que son entreprise a perdu l’an dernier 90 % de ses revenus.

Les pertes financières ont aussi été lourdes pour l'érablière du Cap, à Lévis, qui participe au projet.

Nos frais d'exploitation représentent entre 15 000 $ et 20 000 $ par mois, sans compter les salaires. Il a fallu aller chercher des prêts. Je suis rendu à 320 000 $ de prêts pour les mois qui viennent de passer et les 18 prochains mois, affirme la copropriétaire Christine Tardif.

Boîtes-repas

Le site permet aux consommateurs de trouver dans leur région une des 70 cabanes qui participent au projet. Pour environ une centaine de dollars, il est possible de commander une boîte-repas pour quatre personnes.

Elle comprend des mets traditionnels faits de produits locaux, comme du jambon à l’érable, des fèves au lard, des oreilles de crisse ou des grands-pères dans le sirop.

Des options végétariennes, véganes, sans porc et sans gluten sont aussi offertes. 

Un repas d'érablière étendu sur une table.

Les érablières ont mis sur pied leur propre menu.

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

La mise en place de cette initiative a demandé plusieurs ajustements de dernière minute.

Si on ne fait que penser aux boîtes de carton à l'achat des contenants, tout est acheté par mon érablière et nous renvoyons le tout aux 70 cabanes participantes. La semaine passée, j'ai reçu 100 000 boîtes, un million de contenants, l'équivalent de 500 palettes stockées dans mes salles à manger, expose Stéphanie Laurin au micro de l’émission Première heure.

L'érablière du Cap s'est donné comme objectif de vendre 5000 boîtes en deux mois.

De sentir qu'on n'est pas seuls, on se dit qu'on va traverser ça ensemble. Quand c'est provincial, la poussée est encore plus là. On est compétiteurs, mais on s'entraide tous dans ça, affirme Christine Tardif.

Spectacle virtuel

Les propriétaires de cabanes à sucre ont voulu pousser l’expérience un peu plus loin. Les personnes qui vont se procurer une boîte-repas pourront aussi avoir accès à un spectacle virtuel qui regroupe des artistes comme Guylaine Tanguay, 2Frères, Daniel Boucher et Yves Lambert.

L'expérience cabane à sucre, au final, ce n'est pas simplement un repas traditionnel. C'est une journée en famille, c'est de la musique, c'est de la tire sur la neige. Vous pouvez donc visionner le spectacle en mangeant votre boîte-repas, mentionne Stéphanie Laurin.

Les boîtes-repas seront offertes à emporter, et certaines cabanes à sucre offrent la livraison à domicile. Près de 200 épiceries de l'enseigne Metro serviront de centres de collecte.

Des boîtes-repas vides empilées les unes sur les autres.

L'érablière du Cap à Lévis (Saint-Nicolas) compte beaucoup sur l'initiative « Ma cabane à la maison ».

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

Offert à l'année

Le site Ma cabane à la maison est là pour de bon et pourrait même se développer, selon ses instigateurs.

Nous avons développé de nouveaux modèles d'affaires. Nous allons même à l'année offrir des repas, peut-être moins traditionnels pendant les saisons estivales, ou peut-être des repas axés sur le temps des fêtes, mais c'est certain que, pour les années à venir, pour le temps des sucres, nous allons avoir des boîtes-repas pour emporter.

Une citation de :Stéphanie Laurin, présidente de l'Association des salles de réception et érablières du Québec

Retombées estimées

L’ASEQC estime que Ma cabane à la maison générera des retombées économiques de plus de 10 millions de dollars au Québec sur une période de huit semaines.

Les cabanes à sucre produisent habituellement plus de 300 millions de dollars en retombées économiques régionales au Québec.

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