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Une surveillance externe est nécessaire pour les inconduites sexuelles dans l'armée

Des militaires débarquent d'un avion dans un environnement hivernal.

Selon les experts, il est urgent que la question des inconduites sexuelles dans l'armée soit examinée par des personnes tierces.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

La Presse canadienne

L'armée canadienne a besoin de surveillance externe pour pallier leur échec à mettre fin aux inconduites sexuelles dans ses rangs, selon plusieurs experts en la matière.

Il y a eu une longue couverture médiatique de cet enjeu, un certain nombre d'articles sont sortis, puis il y a eu une déclaration de tolérance zéro et ensuite ça s'est éteint, en quelque sorte, a déclaré Megan MacKenzie, qui étudie la question de l'inconduite sexuelle militaire à l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

Et on peut retracer cette tendance encore et encore sur trois décennies.

Une citation de :Megan MacKenzie, de l'Université Simon Fraser

Ces appels à l'examen externe surviennent à la suite d'allégations contre l'ancien chef d'état-major de la Défense, Jonathan Vance, qui a passé ses cinq années à titre de commandant en chef à mener des efforts pour mettre fin à l'inconduite sexuelle dans les Forces armées.

M. Vance est maintenant accusé d'avoir lui-même agi de façon inappropriée alors qu'il portait l'uniforme, des allégations qu'il nie.

La police militaire, qui a récemment révélé avoir enquêté sur la conduite de M. Vance avant qu'il ne soit nommé chef d'état-major de la défense en 2015, sans porter aucune accusation, a ouvert une enquête sur les nouvelles allégations.

Le gouvernement libéral a promis un examen indépendant qui n'a pas encore débuté, des semaines après que les allégations ont fait surface, tandis qu'un comité de la Chambre des communes étudie la conduite de M. Vance et la façon dont le gouvernement y a réagi.

Des commandants militaires soutiennent depuis longtemps que les Forces armées sont une institution unique et que seuls ceux qui ont porté un uniforme peuvent vraiment la comprendre – laissant entendre qu'une ingérence extérieure pourrait nuire à sa capacité de défendre le Canada.

Des experts comme Mme MacKenzie affirment que tout cela s'inscrit dans un schéma qui ne fait pas avancer les Forces armées et qui laisse des militaires toujours en danger.

Surveillance nécessaire

Ces mêmes experts estiment que ce qui est nécessaire, ce n'est pas davantage d'études ou de déclarations de tolérance zéro de la part des autorités, mais plutôt une véritable surveillance et d'une véritable responsabilisation de l'armée.

Cela pourrait commencer par la mise en œuvre définitive d'une recommandation formulée pour la première fois il y a six ans, lorsque les Forces armées étaient confrontées à des allégations de culture toxique et sexualisée : la création d'un centre indépendant pour gérer les cas d'agression sexuelle et de harcèlement sexuel.

La recommandation était la pièce maîtresse du plan de la juge à la retraite de la Cour suprême Marie Deschamps pour régler le problème. Elle a mené une enquête de plusieurs mois à la demande de l'armée et a produit un rapport cinglant, en 2015, sur l'étendue du problème.

Ce n'est pas la solution miracle pour faire face au changement de culture et tout ça, a déclaré Mme MacKenzie. « Mais je pense que c'est la voie la plus évidente et la plus claire vers une sorte de sentiment de responsabilité. »

Le porte-parole conservateur de la défense James Bezan et son homologue néo-démocrate Randall Garrison siègent tous deux au comité de la Chambre des communes, qui étudie les allégations contre M. Vance. Ils ont exprimé leur soutien à un centre indépendant comme celui recommandé par Mme Deschamps.

Les commandants militaires ont longtemps résisté à un tel organe de contrôle externe, sur lequel reposaient sept des 10 recommandations de Mme Deschamps, et les gouvernements successifs se sont tacitement rangés de leur côté en laissant les forces armées gérer seules la question.

Le gouvernement fédéral a mis en place ce qu'on appelle le Centre d'intervention en cas d'inconduite sexuelle en septembre 2015. Faisant partie de la branche civile du ministère de la Défense nationale, il fournit un soutien aux victimes et des informations aux chefs militaires.

Mais il ne sert pas à la responsabilisation, a déclaré Maya Eichler, experte en inconduite sexuelle militaire à l'Université Mount Saint Vincent à Halifax.

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