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Un projet de minimaisons pour les sans-abri de Winnipeg débutera en mars

Ryan Ednie au premier plan avec un groupe de personnes en arrière.

Sans-abri depuis plus d'un an, Ryan Ednie espère pouvoir vivre dans un logement qui sera construit à côté de la Thunderbird House, dans le centre-ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Marina von Stackelberg

Radio-Canada

La construction de 22 minimaisons pour les sans-abri débutera au mois de mars, dans le cadre du projet autochtone Le Village. Situées près du centre culturel Thunderbird House, à Winnipeg, elles pourraient commencer à être habitées en juillet.

Plusieurs personnes sans-abri de la ville se retrouvent chaque soir autour d’un feu qui brûle près du centre culturel autochtone, situé à l’angle des rues Main et Higgins. Pour Ryan Ednie, un Métis sans domicile fixe depuis plus d’un an, c’est l’endroit où il se sent le plus en sécurité.

Je fais ce dont j'ai besoin pour survivre. J'évite les refuges parce que je n'y suis pas à l'aise, dit-il.

C’est sur ce lieu rassurant et familier pour la communauté de sans-abri que seront construites les habitations faites à partir de conteneurs d'expédition réutilisés.

Les organisations engagées dans le projet ont mené une consultation auprès des personnes qui dorment dans les nombreux campements de fortune de Winnipeg pour déterminer leurs préoccupations principales.

Se sentir protégé, en sécurité, au chaud, ce serait bien, déclare Ryan Ednie. Il y en a d'autres comme moi qui ont besoin d'une chance de se sentir à nouveau humains.

Une ébauche du Village.

Le Village sera conçu avec un espace à la fois privé et commun pour renforcer le sentiment de sécurité et de communauté.

Photo : Gracieuseté de Cibinel Architecture

La responsable de l'offre de logements de Winnipeg à End Homelessness, Lissie Rappaport, explique que les organisations sont allées à la source pour voir ce qui manquait dans les refuges et les logements sociaux existants.

Malheureusement, c'est nouveau d'aller vers les personnes qui n'ont pas de logement, de les écouter, puis de concevoir le logement en fonction de leurs besoins, explique Mme Rappaport.

Ce sera un modèle que le reste du Canada va, espérons-le, suivra également.

Lissie Rappaport, responsable de l'offre de logements de Winnipeg à End Homelessness

Le projet de 6 millions de dollars sera financé par des subventions fédérales. Les groupes attendent l'approbation d'une partie du financement avant de pouvoir commencer la construction.

Le terrain vague où sera construit le projet.

Ce terrain vague situé à côté de la Thunderbird House sera l'emplacement des 22 minimaisons.

Photo : Gracieuseté de Cibinel Architecture

Ils espèrent commencer la construction le mois prochain, pour que les futurs résidents emménagent en juillet, et l'achever d'ici novembre.

Les organisations espèrent que la Ville de Winnipeg et la province les aideront à couvrir les coûts de fonctionnement.

Des logements offrant intimité et sécurité

Chaque unité aura son propre lit, sa cuisinette et sa salle de bain, avec un verrou sur la porte, pour apporter le sentiment d'intimité et de sécurité que les sans-abri ont dit vouloir par-dessus tout.

Diane Redsky se tient devant le camp de fortune situé près du centre culturel autochtone.

Selon la directrice générale de Ma Mawi Wi Chi Itata, Diane Redsky, l'initiative permettra à ses occupants de s'entraider dans le processus de guérison.

Photo : Radio-Canada / Marina von Stackelberg

La conception respecte également la façon dont les personnes qui vivent dans la rue s'occupent les unes des autres  dit la directrice générale du centre Ma Mawi Wi Chi Itata, Diane Redsky­.

Elles ont créé leur propre communauté. C'est ainsi qu'elles se sont protégées et qu'elles ont pu continuer à survivre dans un environnement très hostile. Nous l'avons donc construit pour reconnaître ces espaces communs également, affirme Mme Redsky.

L'ensemble de la conception est ancré dans la culture autochtone, ajoute-t-elle. Les petites maisons seront disposées en cercle autour d’un feu sacré toujours allumé.

Une ébauche du projet avec des minimaisons et des tables de pique-nique.

Les petites maisons, comme le montre ce croquis, sont faites à partir de conteneurs de transport réutilisés.

Photo : Gracieuseté de Cibinel Architecture

La communauté aura également accès à du soutien holistique, notamment à un environnement culturellement approprié pour que les résidents puissent se sentir en sécurité et commencer à guérir des traumatismes passés, soutient-elle.

Un lieu ouvert

Selon Mme Redsky, certaines personnes sans abri n'ont pas eu beaucoup de chance dans d'autres situations de logement, et cela pourrait être dû au fait que ces options ne répondaient pas à leurs besoins.

Elle espère que le Village sera un succès, surtout parce qu'il est inspiré des campements.

Il ne sera pas interdit de consommer de la drogue ou de l'alcool, mais cela ne signifie pas que les lieux ne seront pas sécuritaires pour les gens.

C'est parce que, quand on a une maison, on veut la garder et assurer la sécurité de vos voisins. Les occupants se protègent les uns les autres, explique Diane Redsky.

Le personnel engagé dans le cadre de cette initiative sera disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour aider ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale et de toxicomanie.

Avec les informations de Marina von Stackelberg

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