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« C’est l’avenir de la francophonie qui est en jeu », selon Mélanie Joly

Elle prend la parole, debout, en Chambre.

La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

La ministre Mélanie Joly estime que le gouvernement fédéral n’a pas révisé la loi sur les langues officielles depuis trop longtemps, et qu’il doit maintenant « prendre ses responsabilités ».

La ministre du Développement économique et des Langues officielles a présenté cette semaine un document de travail visant au dépôt d’un projet de loi, d’ici la fin de l’année 2021, pour la protection du français au pays, reconnaissant, du même coup, le recul de la langue de Molière au Canada et au Québec.

C’est l’avenir de notre francophonie qui est en jeu [...] il faut faire notre part comme gouvernement fédéral, a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Tout le monde en parle dimanche soir.

Si le gouvernement fédéral a décidé de commencer par la publication d’un document de travail plutôt que de déposer directement son projet de loi, c’est parce que la réforme est ambitieuse, a indiqué Mélanie Joly. Ça touche la loi sur les langues officielles, mais aussi le Code du travail canadien et la Loi sur l’immigration.

Des stratégies encore à préciser

La ministre est toutefois restée vague sur la façon dont Ottawa compte augmenter l’attraction et la rétention des immigrants francophones à l’extérieur du Québec, un objectif que se donne le gouvernement depuis des années, sans succès.

On veut mettre dans la loi une stratégie nationale pour soutenir l’immigration francophone à l’extérieur du Québec et en même temps aider nos communautés francophones à intégrer leurs nouveaux arrivants, a-t-elle expliqué.

Le gouvernement Trudeau veut aussi mieux protéger le français comme langue de travail dans les entreprises sous juridiction fédérale et entend garantir le droit de travailler en français dans ces entreprises au Québec et dans les régions fortement francophones.

Les exigences linguistiques seraient aussi revues dans la fonction publique, a précisé la ministre.

La stratégie du gouvernement pour obliger les entreprises privées à respecter la loi sur les langues officielles – comme Air Canada, qui est souvent montré du doigt sur ses manquements à cet égard – est un peu plus précise notamment avec le renforcement des pouvoirs du commissaire aux langues officielles.

C’est toujours frustrant de voir qu’Air Canada ne respecte pas la loi sur les langues officielles et c’est pour ça qu’on renforce les pouvoirs du commissaire aux langues officielles. On offre des pouvoirs d’adjudication : le commissaire va pouvoir émettre des ordonnances pour faire respecter la loi et après il va pouvoir aller voir la cour fédérale pour les faire respecter. Au final, on arrive au même objectif qu’un tribunal administratif.

Ça fait plusieurs commissaires aux langues officielles qui réclament plus de pouvoirs. Les pouvoirs ont été établis en 1969 et, depuis, plusieurs autres postes de commissaires ont été créés : commissaire à l’éthique, commissaire à la vie privée. Ils ont tous plus de pouvoirs que notre commissaire aux langues officielles.

Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

Le fédéral devra aussi trouver comment s’assurer que les provinces participent activement à la protection du français, celles-ci coupant parfois dans les services offerts aux francophones, comme lorsque Doug Ford avait éliminé le projet de l’Université de l’Ontario français et le Commissariat aux services en français.

On augmente les obligations du gouvernement fédéral pour soutenir les institutions qui sont très importantes aux communautés francophones, a répondu la ministre, lorsqu’on lui a demandé comment elle comptait convaincre les provinces de l’importance du français.

Notre objectif, présentement, c’est de prendre nos responsabilités, de faire notre part comme gouvernement fédéral parce que je pense que c’était le temps, ça faisait longtemps que la politique n’avait pas été révisée, a répété la ministre Joly.

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