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Coastal GasLink a déjà violé la réglementation environnementale

Des tuyaux posés en long sur un chantier déblayé.

L'entreprise affirme avoir pris des mesures pour s'assurer de la conformité de ses travaux (archives).

Photo : Image de l'association des entreprises et entrepreneurs indépendants (ICBA)

Radio-Canada

La construction du pipeline Coastal GasLink, dans le nord de la Colombie-Britannique, a déjà contrevenu à la réglementation environnementale en traversant des dizaines de zones humides et un lac.

Cet important pipeline, l'un des plus grands projets du secteur privé de l'histoire du Canada, traversera environ 625 ruisseaux, rivières et lacs selon l'entreprise qui le construit.

Le gazoduc de 6,6 milliards de dollars est conçu pour transporter du gaz naturel obtenu par fracturation hydraulique dans le nord-est de la Colombie-Britannique vers un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de 40 milliards de dollars sur la côte nord de la province en vue de l'exportation vers l'Asie.

Coastal GasLink affirme que ses experts en environnement ont consacré 43 000 heures à réduire l'impact de la construction sur les poissons et les habitats aquatiques le long du tracé.

Pourtant, les autorités britanno-colombiennes, tout comme Coastal GasLink, ont déjà signalé des violations à la réglementation environnementale.

Le tracé du pipeline de 670 kilomètres à travers le nord de la Colombie-Britannique traverse l'habitat vital du saumon et d'autres poissons, dont l'omble à tête plate, présent sur la liste bleue de la province. Les espèces de la liste bleue comprennent toutes les espèces ou sous-espèces indigènes considérées comme vulnérables dans leur localité.

Des travaux sont prévus dans les affluents des principaux bassins hydrographiques, y compris ceux du fleuve Fraser, de la rivière Skeena et de la rivière Peace.

Des Premières Nations ont soulevé des préoccupations dès 2013, dans un rapport de consultation auprès des Autochtones concernant les effets néfastes du projet sur les pêches et la diminution des populations de saumons.

Les rapports techniques de Coastal GasLink reconnaissent que les activités de construction comme le dynamitage et l'enrochement pourraient présenter un risque élevé pour l'habitat des poissons.

Les sédiments et l'eau trouble provenant de la construction des voies navigables peuvent réduire la productivité biologique des systèmes aquatiques et étouffer les œufs de poisson.

L'entreprise dit qu'elle s'est engagée à atteindre les normes les plus élevées de protection de l'environnement pendant la construction.

Des violations environnementales

Les autorités provinciales ont toutefois signalé deux violations environnementales, dont l'une a touché 68 zones humides le long du tracé du pipeline.

La deuxième infraction a entraîné un écoulement d'eau trouble dans le lac Fraser.

En outre, à la fin du mois dernier, le rapport annuel d'auto-évaluation de la conformité de Coastal GasLink indiquait que la société avait des non-conformités de surveillance de la qualité de l'eau en 2020 [...] avec des effets négatifs potentiels.

Nous pensions qu'ils essaieraient vraiment de leur mieux de contrôler les sédiments dans les cours d'eau locaux, dit Greg Knox, directeur général du SkeenaWild Conservation Trust de Terrace, à proximité du tracé du pipeline.

M. Knox dit que le pipeline a le plus grand potentiel d'endommager les voies navigables pendant la phase de construction, lorsque les sédiments peuvent pénétrer dans les rivières et les ruisseaux.

En peu de temps, cette société a causé des problèmes pour l'environnement local, déplore-t-il. Cela nous inquiète vraiment, parce qu'ils ne respectent pas leurs engagements de protéger l'environnement local et les poissons locaux.

Ordre d'arrêt des travaux

En 2020, des inspecteurs du bureau d'évaluation environnementale de la Colombie-Britannique (EAO) ont déterminé que Coastal GasLink n'avait pas correctement étudié 68 zones humides différentes avant le début de la construction.

L'EAO a ordonné l'arrêt des travaux jusqu'à ce que l'entreprise ait terminé les évaluations requises.

Dans un courriel, Coastal GasLink dit prendre les conclusions de l'EAO très au sérieux.

La société dit que les évaluations de ses évaluations des zones humides utilisaient une méthode différente de celle requise et ne respectaient pas le calendrier de l'EAO.

Lors d'une deuxième violation, des inspecteurs provinciaux ont signalé le rejet inapproprié d'eau trouble qui s'est ensuite déversée dans le lac Fraser.

L’EAO a émis une ordonnance d'exécution, déclarant que le rejet de la compagnie était une violation du certificat d'évaluation environnementale de Coastal GasLink et que la surveillance de la qualité de l'eau n'avait pas eu lieu.

Coastal GasLink soutient qu’elle a, depuis, pris des mesures décisives pour améliorer le contrôle des sédiments avant le dégel printanier.

Nous avons retenu les services de vérificateurs indépendants du contrôle de l'érosion et des sédiments [...] pour assurer la conformité, déclare l’entreprise.

Environ 4000 personnes ont travaillé sur le projet de pipeline en 2020, selon Coastal GasLink. La société dit qu'environ 25 % des travaux de construction du pipeline étaient faits en janvier.

Avec les informations de Betsy Trumpener

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