•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La bibliothèque de Richmond oublie les frais pour faciliter l’accès

Une dame dépose un livre dans la chute extérieure d'une bibliothèque à Richmond, en Colombie-Britannique.

Jusqu'à maintenant, plus de 7500 des 111 000 abonnés de la bibliothèque de Richmond avaient perdu leur droit d'emprunt à cause de frais impayés.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

La bibliothèque publique de Richmond, en banlieue de Vancouver, se joint à un groupe quelque 300 bibliothèques canadiennes qui ont éliminé les frais de retard afin d’augmenter l’accessibilité à leur collection.

Ces frais, pourtant considérés pendant des années comme un moyen d’encourager les abonnés à rendre les livres et autres biens empruntés à temps, sont aujourd’hui perçus par les bibliothèques comme un élément nuisant à l’accessibilité, surtout pour les personnes à faible revenu.

Quand on voit des familles emprunter 40 livres à la fois, tout ce qu’il faut, c’est une seule journée de différence pour que les frais s’accumulent, explique la bibliothécaire en chef de Richmond, Susan Walters.

Les gens sont occupés et les frais de retard peuvent s’accumuler rapidement.

Pas de frais de retard, mais pas totalement gratuit

En vertu des règles en vigueur, toute personne qui accumule plus de 5 $ de frais à son compte voit celui-ci être suspendu et perd, du coup, le droit d’emprunter les précieux ouvrages de la collection publique.

Des quelque 111 000 membres que compte la bibliothèque publique de Richmond, plus de 7500 ont ainsi perdu leur droit d’emprunt à cause, notamment, d’amendes impayées.

L’abolition des frais de retard ne signifie toutefois pas l’abolition totale des frais, précise Susan Walters.

La bibliothèque continuera d’exiger des frais pour les livres et autres biens mis de côté s’ils ne sont pas réclamés.

De même, tout livre endommagé, perdu ou considéré comme perdu parce qu’il n’a pas été rendu dans les 30 jours suivant la date de retour prévue sera facturé au membre et des frais de traitement de 5 $ seront ajoutés au prix du livre.

La bibliothèque se réserve tout de même le droit d’annuler les frais portés au compte d’un membre qui n’aurait pas les moyens de les payer.

Malgré tout, précise Mme Walters, la plupart des gens finissent par rendre ce qu’ils ont emprunté.

Environ 1 % du budget, avant la pandémie

Selon Susan Walters, les frais de retard rapportent environ 140 000 $ à la bibliothèque de Richmond, ce qui représente environ 1 % de son budget total.

À titre comparatif, les retardataires ajoutent annuellement quelque 650 000 $ au budget de la bibliothèque publique de Vancouver.

Si les revenus tirés des retards peuvent sembler négligeables à certains établissements, d’autres y ont trouvé une planche de salut durant la pandémie de COVID-19, explique le président de la Fédération canadienne des associations de bibliothèques, Todd Kyle.

Les revenus qu’on tire de nos activités sont très limités, précise-t-il.

Les locations de salles, les événements en tout genre ou les photocopies ont vu leur contribution au budget s’effondrer à cause des restrictions sanitaires liées à la pandémie.

À l’assèchement de ces sources de financement, il faut ajouter le gel des dépenses imposé par certaines municipalités, note M. Kyle.

Faciliter l’accès... à des bibliothèques fermées

Bien que les frais de retard puissent être considérés comme une bouée de sauvetage par certaines bibliothèques, nombre d’entre elles les ont simplement éliminés parce que leurs portes étaient fermées, souligne Todd Kyle.

La crise de la COVID-19 a attiré notre attention sur le nombre incroyable de barrières qui empêchent certaines personnes de recourir à des services comme ceux des bibliothèques.

Avec les informations de Maryse Zeidler

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !