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Pas de répit durant la relâche pour les employés de l'État

Les employés sont invités à prendre congé s'ils ne sont pas capables d'assurer leur pleine prestation de travail.

Le bâtiment abritant le Secrétariat du Conseil du trésor photographié en hiver

Le Conseil du trésor et Revenu Québec ne diminueront pas la charge de travail de leurs employés durant la relâche, malgré des appels à la souplesse.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cloutier

Alors que le premier ministre François Legault appelle à « la flexibilité des employeurs » pour arranger les travailleurs privés de services de garde à la relâche, l'État québécois n'entend pas alléger la charge de travail de ses employés. Ces derniers sont plutôt invités à puiser dans leurs banques de congé, même sans solde, s'ils ne sont pas en mesure d'être pleinement disponibles.

Le gouvernement Legault a pris la décision de limiter l'accès aux services de garde scolaires aux travailleurs essentiels durant la semaine de relâche. Dans ce contexte, le premier ministre a demandé aux employeurs québécois d'arranger celles et ceux qui auront à s'occuper de leurs enfants à la maison.

On parle seulement de cinq jours, du 1er au 5 mars. Si des employés ont besoin d’un congé pour garder leurs jeunes enfants, je demande aux employeurs d’être compréhensifs, a dit François Legault, la semaine dernière.

Le gouvernement en appelait ainsi à la souplesse des entreprises alors que le télétravail est obligatoire dans les zones rouges. D'autant plus qu'il n'est pas recommandé de confier la garde des enfants aux grands-parents, jugés plus vulnérables en cas d'infection à la COVID-19.

François Legault, en conférence de presse.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a demandé de la flexibilité aux employeurs québécois à la relâche.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

« Vous devrez prendre congé »

L'État québécois, comme employeur, a bien l'intention d'autoriser des congés.

Mais les syndicats d'employés gouvernementaux n'y voient pas nécessairement de la flexibilité. À l'inverse, ils dénoncent une certaine intransigeance. À leur avis, leurs membres n'auront tout simplement pas d'autre choix que d'aller puiser dans leurs banques de congé pour répondre aux directives des gestionnaires.

Jeudi, le Secrétariat du Conseil du trésor et Revenu Québec leur ont indiqué qu'ils n'allaient pas diminuer la charge de travail des employés. Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) a donc fait savoir à ses membres qu'ils devraient prendre congé s'ils n'étaient pas capables de maintenir le rythme durant la relâche.

Si vous n'êtes pas en mesure de fournir votre prestation complètement de travail durant cette période, vous devrez prendre des congés prévus à votre convention collective, a écrit le syndicat dans une note interne. Pour ceux qui n'ont pas accès à des congés payés, il faudra se tourner vers un congé sans solde.

Affiche de Revenu Québec

Revenu Québec emploie plus de 12 000 Québécoises et Québécois.

Photo : Radio-Canada

« Incohérence »

La présidente du SPGQ, Line Lamarre, s'en désole et taxe le gouvernement d'incohérence entre le discours public et la réalité interne. Elle estime que l'appel à la souplesse du premier ministre était une excellente recommandation, mais que celle-ci ne semble pas suivie partout dans la fonction publique qu'il représente.

Le problème avec l'État, c'est que c'est une géométrie totalement variable dans l'application. Un [gestionnaire] va accorder [l'arrangement], l'autre ne l'accordera pas. Tout ça parce qu'on n'a pas une consigne claire, dit-elle à propos des possibilités, par exemple, de réduire la charge de travail ou de modifier les horaires.

Diminuons les attentes cette semaine-là. C'est impossible d'avoir des attentes de prestation de travail habituelles [durant la relâche].

Line Lamarre, présidente, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement

Dans les directives du Secrétariat du Conseil du trésor et de Revenu Québec, elle ne voit pas une preuve de flexibilité, mais plutôt l'application d'une convention collective, sans égard à la pandémie. Elle rappelle que de nombreux employés ont déjà écoulé leurs congés payés ou de maladie, surtout que ces banques ne sont renouvelées au 1er avril de chaque année.

Mme Lamarre ajoute qu'il est impossible pour tous les employés concernés de prendre congé en même temps afin de maintenir les services. Surtout que les directives du Conseil du trésor sont arrivées tardivement. À son avis, il y aura assurément des parents qui travailleront de la maison malgré la présence de leurs enfants.

Line Lamarre, présidente du SPGQ

Line Lamarre, présidente du SPGQ

Photo : SPGQ

Reconnaissance

Mme Lamarre aurait préféré que le gouvernement profite de la relâche pour démontrer de la reconnaissance envers ses employés. Nonobstant les 400 $ en remboursement accordés aux télétravailleurs, des remerciements publics du premier ministre seraient selon elle un gage d'appréciation. Il n'y a eu aucune interruption de services [gouvernementaux]. Je ne sais pas comment on peut ne pas mentionner ça, lance-t-elle.

Elle croit que l'État aurait pu offrir des congés payés aux employés plutôt que de les inviter à puiser dans leurs avantages sociaux. Des congés négociés et chèrement payés, insiste-t-elle.

Je m'attends à ce que le premier ministre énonce clairement que les employés de l'État qui ne pourront donner une prestation complète pendant la relâche ne seront pas pénalisés.

Line Lamarre, présidente, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement

Le son de cloche est similaire au Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec. Étant donné que le premier ministre Legault a demandé aux entreprises de faire preuve de flexibilité pour la semaine de relâche en accordant des congés aux parents, on s’attendait à la même ouverture du gouvernement en tant qu’employeur, a réagi le président Christian Daigle.

Ce dernier soutient que le Conseil du trésor a interprété différemment les directives gouvernementales pour les ministères et organismes depuis le début de la pandémie. Il espère maintenant que le message de compréhension et d’assouplissement des règles pour nos membres, majoritairement des femmes, ne sera pas encore à géométrie variable.

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