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Un premier variant à Québec pourrait compromettre l'allégement des mesures

Une infirmière porte des lunettes de protection et un masque.

L'apparition des variants, qui se propagent de façon plus rapide que la souche originelle du coronavirus, préoccupe grandement les autorités sanitaires.

Photo : AFP via GETTY / PAU BARRENA

Si elle se confirme, l’apparition d'un premier variant dans la région de Québec pourrait compromettre l’allégement des restrictions sanitaires au retour de la relâche, selon la Santé publique de la Capitale-Nationale. Plusieurs épidémiologistes recommandent la prudence devant ces variants plus contagieux, dont les effets demeurent nébuleux.

La préoccupation première, c'est d'être extrêmement prudent avec la situation, d'être le plus agressif possible, a répété le directeur régional de santé publique, le Dr André Dontigny, lors d'un point de presse samedi matin.

On n'a pas de détails sur la nature du variant. Est-ce que c'est un variant britannique, est-ce que c'est un autre type de variant, on ne le sait pas encore.

Dr André Dontigny, directeur régional de santé publique

La Santé publique soupçonne qu'un variant a réussi à s'infiltrer dans l'école primaire Marguerite D'Youville, à Cap-Rouge. Par mesure de prévention, elle ordonne la fermeture de l’établissement jusqu’à nouvel ordre, de même que la mise en isolement de sa cinquantaine d'employés et de ses 283 élèves.

Dimanche matin, 325 personnes avaient subi un test de dépistage en lien avec l'éclosion à Marguerite d'Youville.

Bien sûr, [...] à titre de directeur de santé publique, c'est une situation qui m'inquiète, souligne le Dr Dontigny. On veut faire tout ce qu'on peut pour réduire au minimum les risques de propagation.

La fermeture d'une école, ce n'est pas une mesure habituelle, indique le directeur régional de santé publique.

Il assure que des discussions auront lieu avec ses homologues pour évaluer la marche à suivre face au danger posé par les variants.

Une épée de Damoclès

Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Caroline Quach, pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Photo : Radio-Canada

La microbiologiste-infectiologue Caroline Quach estime que la Santé publique de la Capitale-Nationale a raison d’instaurer des mesures musclées pour traquer et limiter la propagation d’un potentiel variant.

De faire un dépistage à grande échelle pour ensuite isoler les bonnes personnes, c'est tout à fait louable comme exercice, estime celle qui enseigne à l’Université de Montréal. 

En Europe, où le nombre de variants est beaucoup plus important qu’au Canada, elle note que les autorités n’ont pas allégé les restrictions.

Personne n’a relâché complètement les mesures. Ils sont tous restés à peu près comme on est maintenant.

Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue

C’est une épée de Damoclès qui nous pend au-dessus de la tête, illustre la pédiatre du CHU Sainte-Justine. On est à un point de bascule; l'idéal est de rester stable en attendant de vacciner les plus vulnérables.

Surtout que les nouveaux variants semblent avoir une période d’incubation beaucoup plus courte que la souche originelle. 

On a moins de temps pour réagir si jamais on a quelqu'un qui est positif, ajoute la Dre Quach.

Nima Machouf dans les studios de Radio-Canada.

L'épidémiologiste Nima Machouf

Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

La vitesse de propagation des variants, plus contagieux que le coronavirus d’abord apparu à Wuhan, en Chine, inquiète aussi l’épidémiologiste Nima Machouf. 

Si le variant est présent dans cette école, ça veut dire qu’il est présent dans bien plus que juste l'école. C’est juste qu’on ne teste pas tous les échantillons.

Nima Machouf, épidémiologiste

Surtout que la deuxième vague a infirmé une croyance tenace voulant que les enfants transmettent moins le virus.

Avant, dans la première vague, peut-être que les enfants n'étaient pas des transmetteurs, pense la Dre Machouf. Mais depuis la deuxième vague, on a vu que les enfants étaient des transmetteurs. L'infection qui était acquise à l'école [...] les enfants la ramenaient à la maison.

Le fait qu'un potentiel variant soit apparu dans une école la préoccupe. L'étendue communautaire d'une éclosion scolaire est importante, ajoute-t-elle.

Un creux de vague fragile

Une murale affiche une caricature du coronavirus sur un mur à Birmingham

L'Angleterre est sous le coup d'un troisième confinement. À Birmingham, une caricature du coronavirus orne un mur au moment où un variant se propage parmi la population.

Photo : Getty Images / Christopher Furlong

Le bilan de la Capitale-Nationale est présentement encourageant, le taux de positivité se maintenant autour de 1,5 %.

Pourtant, l’apparition d’un variant pourrait rapidement changer la donne, comme cela s’est vu ailleurs dans le monde.

Le 1er décembre, le Royaume-Uni et ses 66 millions d’habitants comptaient environ 13 000 personnes infectées quotidiennement, en moyenne.

Le variant britannique a fait son apparition au cours du mois. Le 1er janvier, les cas quotidiens avaient explosé, atteignant 56 000.

Avec les informations de Camille Carpentier

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