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Élections au Niger : sept membres de la commission électorale tués dans une explosion

Le véhicule est placé en travers de la rue, entouré de soldats.

Un véhicule de l'armée bloque une rue qui mène à l'hôtel de ville au moment ou le président sortant nigérien, qui ne se représente pas, arrive pour aller voter.

Photo : afp via getty images / Issouf Sanogo

Agence France-Presse

Au Niger, sept membres locaux de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ont été tués, dimanche, jour du second tour de l’élection présidentielle, dans l'explosion de leur véhicule. Ce dernier a roulé sur une mine, à Waraou, dans la région de Tillabéri.

Il y a eu sept morts lorsque le véhicule a sauté sur une mine. Il s'agit de présidents de bureaux de vote et de leurs secrétaires, a expliqué Tidjani Ibrahim Katiella, gouverneur de la région de Tillabéri, située proche du Mali.

L'accident a également fait trois blessés, selon lui.

La Ceni est chargée de l’organisation, du déroulement et de la supervision des opérations électorales. Malgré l'insécurité qui règne au Niger, elle a invité les quelque 7,4 millions d'électeurs à aller voter au second tour de l’élection présidentielle dimanche.

Le scrutin, qui concerne moins de la moitié des 22 millions de Nigériens, pour la plupart trop jeunes pour voter, permettra de choisir entre le favori, Mohamed Bazoum, fidèle du sortant Mahamadou Issoufou, et l'opposant Mahamane Ousmane, ancien président.

Tenir le vote sur l'ensemble du territoire est sans doute le principal des défis de ce scrutin, en raison d'attaques de groupes djihadistes affiliés à l'organisation État islamique à l'ouest et d'attaques des djihadistes nigérians de Boko Haram à l'est.

Des milliers de soldats ont été déployés pour sécuriser le scrutin, surtout dans les zones exposées à l'insécurité, a assuré un haut responsable du ministère de la Défense.

Une femme, poing levé, devant grande une affiche électorale.

Les 7,4 millions d'électeurs nigériens ont à choisir entre le favori Mohamed Bazoum et l'ancien président Mahamane Ousmane.

Photo : afp via getty images / ISSOUF SANOGO

Presque deux mois après le premier tour du 27 décembre, les Nigériens décideront donc du sort des deux candidats qui se sont qualifiés : Bazoum, qui a bénéficié lors de la campagne de l'imposante machine du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), et Ousmane, ancien président entre 1993 et 1996 qui veut le redevenir depuis.

M. Bazoum avait récolté 39,3 % des suffrages au premier tour, M. Ousmane presque 17 %.

Dans un pays rompu aux alliances politiques qui changent constamment, mais y sont essentielles pour devenir chef d'État, d'importantes formations politiques ont rejoint entre les deux tours le camp présidentiel, donnant mathématiquement la coalition formée autour de M. Bazoum gagnante.

Certains doutent du report effectif des voix de ces partis. C'est très loin d'être gagné, a dit à l'AFP Ibrahim Yahya Ibrahim, chercheur à International Crisis Group (ICG).

Si le vote dans la capitale est historiquement acquis à l'opposition, celui de la seconde ville du pays, Zinder, est sujet à débat : cette région, important bassin électoral, est le fief des deux candidats qui y ont passé les derniers jours de la campagne pour tenter de convaincre leurs électeurs.

Le résultat à Zinder sera déterminant pour l'issue du scrutin, a dit à l'AFP un observateur avisé de la politique locale, sous couvert d'anonymat.

Quelques dizaines d'observateurs de la Communauté économique d'Afrique de l'Ouest ont été dépêchés pour surveiller la bonne marche du scrutin.

Des membres de la Commission électorale nationale indépendante transportent des boîtes pour le scrutin.

L'opposition a joint la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) après avoir refusé de le faire au premier.

Photo : afp via getty images / ISSOUF SANOGO

Si l'opposition boycottait sa participation à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) au premier tour, elle l'a finalement rejointe pour le second. Tout est en place pour que le scrutin soit transparent, indique une source proche du parti au pouvoir, qui rappelle que la campagne s'est déroulée dans le calme et sans heurts.

Nonobstant, peu d'entrain des populations a été observé. Lors du premier tour, 69,7 % des électeurs se sont rendus aux urnes.

Le président actuel, Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels, contrairement à de nombreux chefs d'État africains qui s'accrochent au pouvoir.

Ce sera la première fois que deux présidents élus se succèdent dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'État depuis son indépendance en 1960.

Mais la vraie réussite de ce scrutin résidera sans doute dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés.

Entre les deux tours, l'opposition a déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraude. Elle a déjà dénoncé de présumées fraudes lors du premier tour, mais a été déboutée par la justice.

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