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L’hésitation par rapport au vaccin dans les Premières Nations, un problème profond

Les efforts de vaccination des communautés autochtones vont bon train

Un employé charge des colis dans un camion sur le tarmac d'un aéroport.

Les vaccins de Moderna sont transportés par avion vers les communautés isolées.

Photo : Rodolphe Beaulieu-Poulin

Au début du mois de février, le député néo-démocrate Sol Mamakwa a reçu la première dose du vaccin de Moderna en compagnie des leaders de la Première Nation de Muskrat Dam. L’événement, publié en direct sur les médias sociaux, visait à rassurer les membres de la communauté ayant des réticences envers le vaccin.

L’exercice a donné le ton à l’opération Remote Immunity, au cours de laquelle 31 communautés isolées de la Nation Nishnawbe Aski se feront administrer le vaccin de Moderna. 21 d’entre elles ont déjà été visitées par les équipes d’ORNGE, le service ambulancier aérien de l'Ontario.

Dans ces communautés, le taux de vaccination oscille généralement entre 70 % et 90 %. Plus de 8000 personnes ont reçu leur première dose du vaccin de Moderna à ce jour.

M. Mamakwa se dit satisfait des résultats, mais soutient du même souffle qu’il y a encore place à l’amélioration. Selon lui, la méfiance envers le système de santé porte encore de l’ombre sur le succès de l’opération.

C’est la première fois qu’on est la priorité, on a toujours été à l’arrière de la file. Alors, la première réaction des gens est : "Pourquoi le gouvernement fait-il cela?"

Une citation de :Sol Mamakwa, député néo-démocrate de la circonscription Kiiwetinoong
Sol Mamakwa à l'Assembée législative de l'Ontario.

Sol Mamakwa est aussi porte-parole de l'opposition en matière de Relations avec les Autochtones et Relations découlant des traités.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Le député, qui est aussi membre de la Première Nation de Kingfisher Lake, soutient que le poids des écoles résidentielles et des sanatoriums, parfois appelé hôpitaux indiens , pèse encore sur la mémoire de ses constituants.

Séparés des leurs, de jeunes Autochtones ont servi de cobayes pour des régimes alimentaires dans les années 1940. D’autres ont subi des traitements expérimentaux contre la tuberculose, et ont même été les premiers à tester des vaccins.

La directrice stratégique de la santé autochtone au Women’s College Hospital de Toronto, la Dre Lisa Richardson, abonde dans le même sens. L’hésitation envers le vaccin est en fait le produit d’un système de santé qui a souvent exclu les membres des Premières Nations.

Elle soutient que de mauvais traitements continuent d’être administrés dans le système de santé en raison du racisme . Elle donne l’exemple de Joyce Echaquan, une jeune femme atikamekw morte dans un hôpital de Joliette, au Québec, alors que des infirmières tenaient des propos injurieux à son égard.

Les leaders autochtones au cœur des efforts de vaccination

Depuis le début de l’opération Remote Immunity, des chefs, des aînés et des leaders, comme M. Mamakwa, ont pris d'assaut les médias sociaux afin de partager leur expérience avec la vaccination.

Je voulais montrer aux gens que le vaccin était sécuritaire. C’est comme ça qu’on procède ici : nous donnons l’exemple, explique le député. C’était également une manière de contrer le flot de désinformation qui circule sur les médias sociaux.

M. Mamakwa a également séjourné dans trois communautés différentes afin d’apporter son soutien aux efforts de vaccination ce mois-ci. L’idée, c’est vraiment d’être là en soutien. Je participe à des émissions de radio locales et je partage mon expérience, dit-il.

Pour RoseAnne Archibald, cheffe régionale de l'Ontario de l’Assemblée des Premières Nations, les leaders des communautés ont un devoir de sensibilisation à l’égard de leur communauté. Le rôle des aînés est particulièrement important.

Quand les gens ont vu que des aînés se faisaient vacciner, ça a beaucoup rassuré nos communautés, car on accorde beaucoup d’importance à leur opinion. Quand ils parlent, on écoute.

Une citation de :RoseAnne Archibald, cheffe régionale de l'Ontario de l’Assemblée des Premières Nations
RoseAnne Archibald dans sa cuisine.

RoseAnne Archibald, cheffe de la région de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Savoir pour choisir

À Toronto, la Dre Lisa Richardson remarque que certains membres autochtones craignent aussi le vaccin. Mais selon elle, ceux-ci veulent simplement plus d'informations.

On me dit : "On veut en savoir plus sur la façon dont le vaccin a été développé, sur sa sécurité, sur son taux d’efficacité [...] afin qu’on puisse faire un choix qui ne nous est pas imposé" , explique-t-elle.

Elle a d’ailleurs récemment participé à la création de Maad’ookiing Mshkiki, un centre virtuel fournissant des informations culturellement pertinentes et tenant compte des traumatismes subis sur les vaccinations COVID-19 pour les Premières nations, les Inuits et les Métis.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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